Tendinite de De Quervain
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Douleur intense au niveau du pouce ? Il s’agit peut-être d’une ténosynovite de De Quervain. Elle est le plus souvent liée aux mouvements répétitifs du pouce et du poignet. Dans cet article, nous allons voir ce que c’est que cette inflammation du tendon du pouce, comment la diagnostiquer et que faire pour la traiter et la prévenir.
La ténosynovite de De Quervain est une inflammation de la gaine entourant les deux tendons du pouce. Il s’agit du long abducteur et du court extenseur du pouce.
Les deux tendons du pouce cheminent dans la même poulie fibreuse. Ils sont responsables de certains mouvements du pouce.
L’inflammation est liée à des mouvements répétés du pouce, donnant des douleurs tout le long du trajet
La ténosynovite de De Quervain est plus fréquente chez les femmes âgées de 50 ans mais elle peut survenir en réalité chez n'importe qui.
Elle touche également les personnes exerçant des métiers qui sollicitent de fortes utilisations des mains. On peut citer les couturières, les mécaniciens et les secrétaires entre autres.
La maladie peut se manifester de manière brutale ou progressive. Le patient ressent une douleur du poignet, du côté du pouce, irradiant vers l’avant-bras. Il aura du mal à se servir de son pouce.
Le médecin effectue habituellement quelques examens cliniques à commencer par une inspection de la main. Celle-ci peut montrer une tuméfaction des tendons long abducteur et le court extenseur du pouce.
Il réalise ensuite une palpation pour localiser la douleur. Et il la provoque en utilisant la manœuvre de « Finkelstein ». Au cours de ce test, l’extension du pouce contre une résistance provoquent une douleur.
Pour confirmer l’existence d’une ténosynovite de De Quervain, certains examens sont parfois demandés, mais ils ne sont utiles qu'en cas de doute.
Une échographie qui permet de voir l’inflammation sur les deux tendons.
Une radiographie aide à découvrir s’il y a une anomalie au niveau des os. Le plus souvent, elle donne des résultats normaux.
Une IRM : en cas de doute persistant sur le diagnostic de l’affection. C'est un examen précis mais qui est coûteux.
La prise en charge de cette maladie peut se faire par :
un pharmacien ou un autre professionnel de santé de ville : il peut orienter et donne des conseils ;
un médecin généraliste : celui-ci est en mesure de réaliser le diagnostic ;
un rhumatologue : c’est une spécialiste de second recours si les traitements de première intention ne font pas effet ;
un chirurgien orthopédique : il donne un avis chirurgical et surtout réalise une intervention en cas de nécessité.
Pour soulager les symptômes, un repos de l'articulation du pouce est parfois nécessaire afin de stopper les mouvements qui provoquent la maladie. L'utilisation d'une attelle de pouce à porter la nuit durant 3 mois est conseillée.
On peut prendre également des anti douleurs tels que le paracétamol, ou un anti-inflammatoires comme l’ibuprofène, le naproxène.
Si le traitement oral ne suffit pas, une infiltration de corticoïde comme le diprostene est une alternative intéressante.
Mais attention, il faut éviter de prendre des anti-inflammatoires comme le coxibs, l’alcéclofénac, le diclofénac, le piroxicam. Ils ne sont pas plus efficaces que les autres anti-inflammatoires cités précédemment. De plus, ils ont trop d’effets indésirables.
Le taux d’échec des traitements médicaux est de l'ordre de 20 % des cas. Dans ce cas, il faut procéder à une intervention chirurgicale. Il s’agit d’une chirurgie de décompression en ambulatoire. Elle s’effectue sous anesthésie locale.
L’opération consiste en une incision et un agrandissement de la poulie.
Après l’intervention, le patient porte une attelle entre 8 à 10 jours pour maintenir le pouce au repos. Cette attelle est conservée la nuit pendant 1 mois.
La guérison définitive se fait au bout de 3 mois après la chirurgie.
En général, la maladie de De Quervain guérie spontanément. Toutefois, les récidives sont possibles si les causes de survenue persistent.
Pour prévenir la ténosynovite de De Quervain, il faut surtout lutter contre la sursollicitation du pouce. C’est le principal facteur de risque de cette affection. Si nécessaire, mieux vaut envisager une adaptation de poste, un arrêt de travail, ou une reconversion professionnelle.