Vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB)
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Vertige matinal au lever du lit, sensation d’étourdissement pendant le sommeil, tête qui tourne après s’être penché la tête… C'est peut être ce qu’on appelle un vertige positionnel paroxystique bénin ou VPPB. C’est une cause fréquente des vertiges au quotidien. Découvrez dans cet article ses causes, son diagnostic et ses traitements.
Le vertige correspond aux symptômes subjectifs erronés de mouvement :
de l’environnement par rapport au patient : la pièce ou les choses qui l’entoure tourne autour de lui ;
ou, du patient par rapport l’environnement : la tête qui tourne.
Il se traduit ainsi par des troubles de l’équilibre ainsi que des crises d’étourdissements.
Parmi les nombreux types de vertige, le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) est le plus courant.
Brutal et de courte durée, il se manifeste à la suite d’un changement de position de la tête, habituellement lors du passage de la position couchée à la position assise.
On le qualifie de trouble bénin, car le VPPB provient d’un trouble mécanique et non neurologique. Elle ne représente donc pas un grand danger pour le patient.
Notez bien que le vertige est différent du malaise, cette sensation d'évanouissement.
La cause exacte du vertige positionnel paroxystique bénin est encore mal définie. On conçoit juste qu’il est lié à un dysfonctionnement passager de l’oreille interne.
Du point de vue anatomique, l’oreille se divise en trois parties bien distinctes : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. C’est cette dernière qui intervient dans le contrôle de l’équilibre du corps, et ce par l’intermédiaire de trois canaux semi-circulaires.
Le vertige positionnel paroxystique bénin se déclenche notamment lorsque des particules de carbonate de calcium (otoconies) viennent à migrer vers les canaux semi-circulaires et la cupule. On parle de lithiase des canaux semi-circulaires et de la cupule. Dans 90 % des cas, c’est le canal semi-circulaire postérieur qui est touché.
Pour rappel, les cristaux de calcium sont naturellement présents dans l’oreille interne, mais uniquement au niveau de l’utricule et du saccule.
Après leur déplacement, les otoconies peuvent soit flotter à l’intérieur des canaux semi-circulaires postérieurs, soit se fixer sur la cupule.
Le VPPB touche près de 2 % des personnes âgées de 50 à 70 ans. Elle affecte 2 fois plus de femmes que d’hommes.
Le VPPB se manifeste par l’apparition de crises de vertige intenses, brutales, répétées et brèves à la suite d’un changement de position de la tête :
se retourner dans le lit ;
lever la tête ;
faire ses lacets.
Certaines personnes peuvent avoir plusieurs crises par jour.
En cas de suspicion de VPPB, un examen clinique s'impose.
Le médecin procède à divers examens « ORL ». Ces derniers aident à déterminer l’existence du syndrome vestibulaire périphérique (c'est à dire de l'oreille interne) ainsi que ses caractéristiques : il doit être complet harmonieux, intense et brutal.
Pour ce faire, il recueille plusieurs informations.
a) Vertige rotatoire
Le patient ressent une impression de rotation à la suite d’un changement de position qui implique un mouvement de la tête (coucher, lever, se pencher…).
b) Romberg positif
On constate une déviation du patient debout, les yeux fermés et les bras le long du corps, vers le côté atteint.
c) Marche en étoile
Durant une épreuve de marche à l’aveugle du patient (3 pas en avant, 3 pas en arrière), on constate la déviation latérale de l’axe de son corps. Il ne parvient pas à suivre une même ligne et réalise un déplacement en étoile.
d) Déviation des index
À la fermeture des yeux, les bras et index sont tendus vers le côté atteint.
e) Fukuda
Le patient est en position debout avec les yeux clos. On l’invite à marcher sur place. Le syndrome vestibulaire se confirme par une déviation latéralisée du corps ou une chute.
f) Nystagmus
Le nystagmus décrit un mouvement involontaire des yeux. Chez une personne qui souffre de VPPB, il est de type ressort, horizontorotatoire et inhibé par la fixation oculaire.
On observe une secousse rapide du côté sain et dérivation lente du côté atteint (fuit le côté malade).
Le sens du nystagmus est donné par le sens de la secousse rapide
g) Manœuvre de Dix Hallpike
Pour le test de Dix Hallpike, le patient est assis, tête en rotation de 45 °. Puis il est abaissé brutalement.
Le test est positif s’il y a reproduction des vertiges et du nystagmus (en général dans les 20 secondes) de façon crescendo puis decrescendo.
Il est à noter que le test de Dix Hallpike dispose d’un taux de sensibilité de 80 % ainsi que d’un taux de spécificité de 70 %.
Il faut savoir que dans certaines situations, la VPPB n'en est pas une. Les signes d’alerte sont:
un antécédent de traumatisme crânien ;
des maux de têtes brutaux ;
des douleurs cervicales d’apparition brutales ;
des signes neurologiques ;
un nystagmus atypique : battant vers le menton, spontané, persistant lors du regard fixe, ou changeant de sens selon la direction du regard.
Dans ce cas consultez le guide santé privé Doctolike (vertiges, maux de têtes...)
En général, le diagnostic du VPPB est exclusivement clinique. Cependant en cas de doute sur les résultats des divers tests ou sur l’existence d’éventuelles complications, le médecin demandera l'avis d'un spécialise en ORL.
La prise en charge du vertige positionnel paroxystique bénin doit se faire auprès d’un médecin généraliste ou d’un spécialiste de l’ORL. En cas de doute le pharmacien apportera conseil et orientera.
Le repos est la première recommandation pour soulager les symptômes de la VPPB.
Le patient peut prendre également de l’acétylleucine TANGANYL. C’est un anti-vertigineux quasi-placebo, sans effets indésirables graves recensés.
Par contre, les traitements suivants sont à éviter :
bêta histine : 48 mg par jour en 2 prises (pas de consensus sur le dosage max) pour la surdité de grade C pas plus efficaces que le placebo et aux effets indésirables ;
chlorhydrate de méclozine AGYRAX : non prouvé et aux effets indésirables ;
piracétam : psychostimulant non prouvé et aux effets indésirables ;
Anxiolytiques type alparazolam si anxiété : non prouvé et aux effets indésirables par exemple vertigineux ;
diménhydrinate NAUSICALM : un antihistaminique H1 atropinique et sédatif aux effets indésirables graves ;
diphénhydramine NAUTAMINE : un antihistaminique H1 atropinique et sédatif aux effets indésirables graves ;
scopolamine en patch : effets indésirables ;
alizapride, dompéridone, métoclopramide PRIMPERAN : effets indésirables cardiaques.
Le traitement de référence du VPPB est la manœuvre libératrice. Elle vise à évacuer les débris situés dans le canal semi-circulaire postérieur atteint. Son taux d’efficacité se situe autour de 60% et le traitement se fait toujours en 2 ou 3 séances.
Il existe plusieurs types de manœuvres libératoires, mais les plus utilisées sont la manœuvre de Semont et la manœuvre d’Epley.
a) La manœuvre de Semont
Pour la manœuvre de Semont, le patient est assis avec la tête tournée à 45 °, oreille non atteinte vers l’arrière.
Ensuite, il se couche rapidement du côté de l’oreille atteinte, visage vers le haut.
On attendra la fin du nystagmus et des vertiges avant de le coucher rapidement du côté de l’oreille non atteinte en passant par la verticale, visage vers le bas.
On attendra encore la fin du nystagmus et des vertiges puis on l’aide à revenir lentement à la position assise.
b) La manœuvre d’Epley
La manœuvre d’Epley s’effectue suivant les étapes suivantes :
reproduire la manœuvre de Dix hallpike du côté qui déclenche le nystagmus ;
tourner la tête de 90 ° vers l’autre oreille ;
ramener les épaules perpendiculairement au plan de la table ;
s’asseoir.
Pour les deux manœuvres, le patient doit rester assis pendant 24 heures.
Aussi, il faut prévoir des nausées, et vertiges après manœuvre (30 % des cas).
Au cours de ce traitement, 1 patient sur 15 aura un passage des débris mobiles vers le canal semi-circulaire latéral.
Chez 30 % des personnes qui souffrent de VPPB, on a pu constater une résolution sous 7 jours. Chez près de la moitié des cas, ce temps de guérison s’élève à un mois. Et chez d’autres patients, la maladie persiste parfois durant quelques mois.
Il existe également des possibilités de rémissions des crises durant quelques années ou même des récidives.