Impatience des jambes
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Pendant les moments de repos ou votre sommeil nocturne, il arrive parfois que vos jambes émettent des picotements qui se transforment progressivement en secousses incontrôlables. C’est ce qu’on appelle le syndrome des jambes sans repos ou le syndrome d’impatience des jambes. Définition, causes et traitements… Vous allez tout savoir sur ce sujet.
Le syndrome des jambes sans repos est un trouble neurologique persistant qui affecte les membres inférieurs notamment les jambes. Elle crée un inconfort des jambes lorsque celles-ci sont en position allongée et au repos. En conséquence, le sujet ressent le besoin irrépressible de les bouger.
Le syndrome des jambes sans repos est également appelé impatiences nocturnes, syndrome d’impatience musculaire d’éveil ou maladie de Willis et Ekbom.
Jusqu’à aujourd’hui, on ne connaît pas clairement l’origine du syndrome des jambes sans repos. Les scientifiques parlent de prédisposition génétique puisque de nombreux cas familiaux sont constatés.
Par ailleurs, les études évoquent aussi d’autres facteurs comme la consommation de médicaments particuliers, la grossesse (25% de femmes atteintes au dernier trimestre), l’insuffisance rénale, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Parkinson, le surpoids et la sclérose en plaques, la carence en fer. La consommation de certains aliments semblent augmenter le risque de souffrir de la maladie des jambes sans repos.
En matière de prévalence, l’impatience des jambes touche deux fois plus de femmes que d’hommes. Néanmoins, il faut savoir que la maladie devient plus fréquente avec l’âge : 5 à 10 % des personnes âgées de plus de 50 ans en souffrent occasionnellement.
Lorsque la maladie se manifeste, le sujet sent diverses sensations inconfortables : fourmillement (paresthésie), brûlure, décharge électrique, engourdissement, démangeaison. Le syndrome des jambes sans repos se ressent généralement au niveau des deux jambes et parfois sur une seule. Les bras ne sont atteints que très rarement.
Les crises apparaissent de façon persistantes et surviennent notamment au repos ou quand le sujet est assis ou allongé. Les secousses musculaires sont plus intenses le soir et la nuit. Les symptômes sont calmés par des mouvements actifs impérieux (besoin de contracter les jambes, marcher, d'étirer les membres…) chez 80 % des malades. Cela est gênant pour le conjoint dans certaines situations et altère également la qualité du sommeil.
Il faut faire attention à ne pas confondre l’impatience des jambes avec les autres troubles musculaires qui peuvent toucher les membres inférieurs à savoir :
les crampes: elles sont marquées par une douleur pouvant survenir la nuit et aussi la journée ;
la compression d’un nerf: elle se caractérise par un fourmillement cessant à la décompression ou changement de position ;
la neuropathie périphérique: affaiblissement, engourdissement, douleurs des mains et des pieds ;
les myoclonies d’endormissement: contraction brusque et rapide d’un muscle ;
l’artériopathie des membres inférieurs: elle se traduit par des jambes froides et une douleur à la marche. C’est une maladie qui se développe en particulier chez un patient tabagique, diabétique et hypertendu.
Le médecin généraliste fera le diagnostic et donnera les conseils utiles pour le traitement de la maladie. Si besoin, il adressera au médecin interniste.
Le pharmacien orientera et conseillera.
Actuellement, il n’existe pas encore de médicaments indiqués pour calmer les spasmes au cours d’une crise du syndrome de jambes sans repos. Néanmoins pour détendre les muscles, quelques méthodes sont proposés avec des bénéfices incertains :
un massage énergétique des jambes ;
un bain ou une douche chaude ;
un bain froid ou une application de poche de glace sur la zone en question ;
des activités occupationnelles servant à détourner l’attention ;
des exercices physiques modérés ;
des mouvements : bouger les jambes, se déplacer, s’étirer, plier les genoux, faire de petits mouvements de piétinement lorsque vous êtes assis ;
Penser aussi à dormir dans une chambre fraîche, à heure régulière et éviter les écrans.
Il n’existe pas non plus de traitement curatif pour le syndrome de jambes sans repos. Mêmes si certains traitement sont tentant, n'utilisez pas ces médicaments qui font pire que mieux:
Prégabaline : efficacité modeste au prix de nombreux troubles neuropsychiques.
Pramipexole, ropirinole, rotigotine : favorisent une augmentation des effets de la maladie sur le long terme et occasionnent de nombreux troubles neurologiques.
Le syndrome des jambes sans repos a une évolution fluctuante et imprévisible. Si dans certains cas, on peut constater une amélioration durant quelques années, dans d’autres cas, la maladie peut empirer.
Environ 4 % des malades du syndrome de jambes sans repos souffrent de répercussions sur le sommeil et sur le mental. Ils sont souvent tourmentés par l’insomnie, l’anxiété et la dépression. Si c'était le cas, il faut accompagner.
Certaines substances comme le café, le thé, le chocolat, le cola, le guaraba ont tendance à favoriser le syndrome de jambes sans repos. Pensez à identifier ces facteurs favorisants afin de les éviter.
En outre, l’impatience des jambes est parfois induite par la prise de certains médicaments. Les plus connus sont :
les psychotropes, l’agomélatine, la miansérine, la mirtazapine, la venlafaxine, la paroxétines ainsi que d’autres inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ;
les neuroleptiques tels que l’olanzapine, la quiétapine (provoquent surtout un besoin irrépressible de bouger appelé akathisies) ;
la trimétazidine, le lévodopa ;
les agonistes dopaminergiques ;
le tramadol ;
le baclofène.
Le médecin et le pharmacien sauront faire la part des choses.
Par ailleurs, si le syndrome est lié à un déficit en fer, ou à un surpoids, on pourra le traiter.