Phobie simple
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La phobie simple fait partie des troubles psychologiques les plus courants. Ils constituent un véritable fardeau qui impacte considérablement la vie : blocages, inconforts, pertes d’opportunités, monopolisation des pensées et des choix. Découvrez ce qu’il faut savoir sur les phobies simples dans cet article.
La phobie simple est une angoisse irrationnelle qui se focalise soit sur un objet, une situation ou une activité précise.
À la différence de la peur, qui est une réaction normale, la phobie est souvent excessive, disproportionnée. Sa raison est souvent injustifiée, voire insensée. Elle est intense et persistante.
C’est une forme de trouble psychologique qui appartient plus précisément à la famille des troubles anxieux.
Tout peut être sujet de phobies : des choses les plus banales aux sujets très spécifiques et même insolites. Il y aurait plus de 6000 sortes de phobies simples, dont l’agoraphobie (phobie de certaines espaces) et la phobie sociale que nous avons détaillées dans d’autres articles.
Pour les phobies insolites, on pourrait citer la carpophobie (peur des fruits), la podophobie (phobie des pieds), la stasophobie (peur de rester debout) et beaucoup d’autres cas encore plus exceptionnels.
Il existe plusieurs causes possibles des phobies simples. Ce sont principalement :
l’éducation ;
l’environnement familial : les phobies des parents se transmettent aux enfants, sans pour autant avoir un lien avec la génétique (cela n’a pas encore été démontré) ;
les traumatismes.
Environ 10 à 20 % de la population souffre de phobies, ce qui est relativement important. Deux fois plus de femmes en sont atteintes que d'hommes.
Il n’y a pas d’âge définitif à partir duquel elle débute, mais généralement ces troubles arrivent dès l’enfance ou à l’adolescence.
Des symptômes spécifiques peuvent orienter le diagnostic de la phobie simple.
Ses manifestations sont surtout d’ordres psychologiques :
Anxiété déclenchée par un stimulus précis, par exemple un animal (comme les araignées, les reptiles, les oiseaux), le sang, l’obscurité, l’ascenseur (claustrophobie), etc.
Stratégies d’évitement : la personne phobique essaye au maximum d’éviter les situations ou les objets qui déclenchent sa phobie.
Parfois, il est difficile de distinguer la simple peur de la phobie. Ce qui caractérise la peur, contrairement à la phobie, est sa proportion modérée. La peur n’a pas de retentissement considérable sur le plan social, ni sur le plan professionnel, ni sur le plan scolaire.
Le traitements de la phobie simple sont très importants dans la mesure où cette dernière altère la qualité de vie du patient.
Pour toutes les sortes de phobies, les traitements sont presque similaires. Toutefois, pour plus de détails sur les traitements de l’agoraphobie et de la phobie sociale, vous pourriez voir nos articles qui sont spécialement dédiés à ces sujets.
Il est toujours plus judicieux de consulter :
un médecin généraliste, un pédiatre ou un psychologue pour le diagnostic et les traitements à adopter ;
un psychiatre pour un avis plus spécialisé.
Les pharmaciens et professionnels de santés paramédicaux pourront orienter et conseiller
La prise en charge est généralement ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation.
En cas de crise phobique, la réassurance dans un endroit calme est recommandée.
Sinon, en alternative, l’administration d'un médicament anti anxiété pourra être nécessaire. Il s’agit de la benzodiazépine, à prendre pendant une durée aussi courte que possible, pour éviter l’accoutumance. Puisque ce médicament peut engendrer des dépendances, il faudrait également penser à l’arrêter progressivement.
La benzodiazépine en traitement prolongé est à écarter pour éviter l’addiction et la perte de son efficacité.
En première intention, on opte de préférence pour la thérapie cognitivo comportementale (TCC) avec des techniques d’exposition en imagination et in vivo. En effet, le fait d’exposer progressivement le patient à son objet de phobie peut l’aider au fur et à mesure à s’accoutumer et finalement à dépasser ses peurs.
La durée de cette thérapie est généralement brève, car efficace.
Les techniques de respiration et de relaxation sont aussi d’une grande aide pour faire face à la phobie.
C’est seulement en cas d’échec de ces deux options que l’on a recours au traitement de fond. Le médicament recommandé est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine : la paroxétine DEROXAT. Attention, son action est retardée. Il n'est efficace qu'après 1 mois à 3 mois de traitement.
Il existe d’autres médicaments qui ont aussi un effet inhibiteur de la sérotoninesur la phobie, mais il faut prendre en compte les effets indésirables des principes actifs qu’ils contiennent. Parmi ces médicaments, on peut citer :
venlafaxine (principe actif de l’EFFEXOR) ;
citalopram : SEROPRAM ;
escitalopram : SEROPLEX.
Il faudrait suivre de près l’évolution des phobies simples puisqu’elles peuvent s’aggraver. Par exemple, une seule peur de conduire une voiture peut se transformer en une phobie pathologique de voir des voitures. Cela peut même aboutir à une incapacité de sortir dans les rues.
Souvent, les phobies simples disparaissent après l’adolescence. Dans le cas contraire, il faudrait consulter un médecin pour une réévaluation.