Morsure de chien et de chat
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Une morsure de chien ou de chat est un accident très fréquent et souvent qualifié de banal. Ce type de blessure peut toutefois être dangereux, car il est parfois responsable de graves complications : surinfections bactériennes, maladie de la rage, tétanos, maladie des griffes du chat… Quels sont les diagnostics utiles au traitement d’une morsure de chien et de chat ? Quelles sont les complications possibles ? Comment prévenir de ces attaques animales ? Nous allons faire les points sur le sujet.
Une morsure de chien et de chat est une plaie à la suite d’une morsure de cet animal sur une personne.
Généralement lorsqu’un chien ou un chat est agacé, il s’en va. Mais un geste brusque, un coup, un pincement ou une étreinte un peu trop forte peuvent provoquer une réaction de défense de l’animal. Cela est plus important si ce dernier se sent empêché de fuir. Qu’il s’agisse alors d'un animal de compagnie ou d’un animal errant, prêter toujours attention à son comportement. S’il est agité, il faudra s'écarter de lui de façon calme afin de ne pas le provoquer.
Sur les nombres de cas de morsures recensés partout dans le monde, 90% sont causés par des chiens et seulement 10% par des chats. Chez les jeunes enfants, la tête et le cou sont le plus souvent attaqués et chez les adultes, ce sont les mains.
Pour établir le diagnostic de la morsure de chien et de chat, plusieurs points sont pris en compte :
Renseignements sur l’animal : propriétaires, calendriers de vaccination, comportements…
Renseignements sur le patient : vaccinations, vêtements portés…
Renseignements sur la morsure : localisation, degré de gravité de la plaie, mesures prises pour la nettoyer...
Une morsure de chien et de chat se manifeste le plus souvent par une douleur au niveau de la plaie.
Devant une morsure de chien et de chat, le médecin commence généralement la consultation clinique avec la prise de la température corporelle de la victime.
Ensuite, il inspectera la plaie :
forme : punctiforme, étendue… ;
profondeur : faible (abrasion), déchirure (lacération), profonde, punctiforme ;
présente ou non de souillure ;
localisation.
Le médecin palpe également les aires ganglionnaires avoisinantes pour rechercher d’éventuelles adénopathies (ganglions).
Bien que tous les types de morsures ne doivent pas être pris à la légère, il faut noter que certaines d’entre elles sont nettement plus compliquées. Entre autres, celles qui touchent le visage, la tête et le cou peuvent laisser des séquelles esthétiques incommodantes. Aussi, une plaie profonde peut être responsable de troubles fonctionnels.
Une blessure chez un enfant est également plus délicate que chez un adulte. Et chez une personne âgée ou immunodéprimée, les risques d’infections sont très grands.
Une morsure peut en effet s’infecter. Dans ce cas, il y aura des signes d’inflammations et une collection de pus.
En cas de saignement important, il faut tout de suite stopper l’hémorragie en comprimant la plaie.
Dans tous les cas, il faudra consulter un médecin généraliste pour évaluer les conséquences et instaurer un traitement si c’est nécessaire. En cas de complication, il faudra prendre en charge la plaie aux urgences hospitalières.
Le pharmacien aura un rôle de conseil et d'orientation
Si la douleur par morsure de chien et de chat s’avère intense, il est possible de prendre du paracétamol pour la soulager. Attention ! Évitez les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces médicaments rendent le risque d’infection plus accru.
Dans le cadre d’une morsure d’animal, il convient de laver immédiatement la plaie à l’eau et au savon pour éviter une contamination bactérienne. N’oubliez pas de bien rincer et sécher. Il est aussi possible de mettre un antiseptique comme la Chlorhexidine.
En cas de blessure importante, il faudra faire un parage de la plaie, c’est-à-dire enlever les tissus morts.
Dans certains cas, la suture est nécessaire pour refermer la plaie notamment en cas de morsure de chat ou de morsure de chien au visage.
Attention, la suture n’est pas appropriée dans les conditions suivantes :
plaie infectée ;
plaie à la main ou au pied ;
morsure de chat en dehors du visage ;
plaie punctiforme ;
morsure de corps depuis plus de 12 h ou morsure du visage depuis plus de 24 h ;
patient à risque d’infection : diabétique, immunodéprimée...
Il faut noter que l’application de l’antiseptique a un intérêt incertain dans le cadre d’une morsure de chien ou de chat. Un lavage au savon et à l’eau devrait suffire. En tout cas, préférez la chlorhexidine ou en 2e le dakin que la povidone iodée.
Évitez ces traitements :
alcool en désinfection : douloureux ;
mélange d’antiseptiques : comporte davantage de risques pour une efficacité similaire ;
désinfectant contenant des colorants comme l’éosine : gêne l’exploration de la plaie et expose à des dermites de contact.
S’il n’y a pas de complication, une morsure de chien ou chat reste un accident bénin. Toutefois, il est toujours recommandé de consulter un médecin généraliste pour en être sûr.
Éviter de se faire mordre
Pour éviter de se faire mordre par un chien ou un chat, il est important de connaître les gestes appropriés devant un animal :
Ne pas s'approcher d’un animal inconnu.
Ne jamais s’asseoir ou se coucher devant un chien inconnu. Ne jamais présenter un visage en premier, en se penchant par exemple.
Ne pas déranger un animal lorsqu’il dort, mange ou fait ses besoins.
Ne pas s'approcher le visage du museau d’un chien et ne jamais essayer de lui retirer un os ou un jouet de la gueule.
Ne pas tenter de séparer des chiens qui se battent.
Ne pas empêcher un animal de s’enfuir et ne pas le forcer à jouer.
Ne pas le taquiner ou ne pas lui tirer la queue ou les oreilles.
Se méfier des vieux animaux perclus de rhumatismes chez qui un geste anodin peut provoquer une vive douleur.
Prendre garde aux petits chiens ayant pour maîtres des personnes âgées, ils sont souvent très jaloux et agressifs.
Éviter d’approcher des animaux sauvages paraissant anormalement familiers.
En ce qui concerne les enfants, ils ne prennent pas souvent conscience du danger que représente un animal. Faites-leur prendre les mêmes précautions et apprenez-leur à reconnaître les signaux que l’animal émet pour exprimer son impatience ou sa colère. Pour les chiens, il s’agit des grognements, des babines retroussées et des oreilles en arrière. Et pour les chats : la queue qui bat en coups de fouet, les oreilles en arrière et les feulements.
Voici quelques consignes destinés aux parents sur la protection des enfants :
Ne laissez jamais un nourrisson sur le sol en présence d’un gros chien, même si celui-ci est d’un tempérament calme.
Tant qu’il est trop petit pour mesurer le danger, surveillez votre enfant dès qu’il s’approche d’un animal. Expliquez-lui que ce n’est pas un jouet, mais un être vivant. Apprenez à votre enfant la délicatesse envers les animaux.
Si vous partez dans un pays où la rage est endémique et où les chiens errants sont fréquents, pensez à demander à votre médecin s’il serait judicieux de vous faire vacciner contre la rage.
Que faire pour éviter que la plaie s’infecte ?
10 % des morsures de chien et 50 % des morsures de chat s’infectent. Vous reconnaîtrez l’infection par des signes inflammatoires (rougeur, chaleur, gonflement, douleur), une émission de pus nauséabond, un cordon inflammatoire (lymphangite) et une fièvre. Les symptômes apparaissent environ 12 h après une morsure de chien et 24 h après une morsure de chat surtout en présence d’un de ces facteurs de risques :
morsure de chat ou morsure de chien localisé au visage, dans les parties génitales, à la main ou au pied ;
morsure localisée au côté d’un curage ganglionnaire ;
plaie punctiforme ;
plaie suturée ;
plaie qui nécessite un débridement ;
personne à risque d’infection : diabétique, cirrhose hépatique, immunodépression, lymphœdème, âge avancé.
Pour éviter ces complications, il est conseillé d’entamer une antibiothérapie préventive par une association d’amoxicilline et d’acide clavulanique. D’autres classes d’antibiotiques peuvent également être utilisées, mais avant, demander l’avis d’un médecin.
Prévenir la rage
Il faut savoir que la rage est l’une des maladies les plus risquées de se transmettre à la suite d’une morsure d’animal. Elle est encore très répandue dans de nombreux pays d’Afrique, d’Inde et d’Asie du Sud-est. Par conséquent, si l’accident a lieu dans ces régions et que l’animal est inconnu ou qu’il se comporte de façon anormale (malade), cela peut être inquiétant.
En cas de forte suspicion, l’idéal est de suivre un traitement dans un centre antirabique. Le chien mordeur, quant à lui, doit être soumis à une surveillance vétérinaire à 24 h, 7 jours et 15 jours afin d’observer s’il présente des signes de rage.
En principe, le virus de la rage est présent jusqu’à 14 jours dans l’organisme avant l’apparition des premiers symptômes : maux de tête, trouble de la conscience… Si aucun symptôme n’est constaté à l’issue de cette période, le risque de contamination est écarté. Sinon un traitement dans un centre antirabique est nécessaire. Si le propriétaire du chien refuse, il faut faire une déclaration en gendarmerie.
Selon le protocole en cas de rage, pour une plaie peu souillée, il faut vacciner immédiatement lorsque le dernier rappel remonte à plus de 10 ans. Pour une plaie souillée, non nettoyée dans un délai de 24 h, une vaccination immédiate est également indispensable quand le rappel vaccinal date entre 5 à 10 ans. Au-delà des 10 ans, le vaccin devra être accompagné d’un sérum antirage.
Prévenir le tétanos
Le tétanos est une maladie liée à la contamination d’une plaie par la bactérie Clostridium tétani. En cas de morsure de chien et de chat, il est vital de vérifier la vaccination antitétanique du sujet.
Pour une plaie peu souillée, la vaccination doit se faire le plus tôt possible si le rappel date de plus de 10 ans. Pour une plaie très souillée, non nettoyée dans un délai de 24 h, le vaccin est obligatoire si le rappel date de 5 à 10 ans. Au cas où les 10 ans sont dépassés, il faudra ajouter un sérum antitétanique au vaccin.
Prévenir la maladie de la griffe de chat
C’est une maladie liée à une morsure de chat, plus rarement à une morsure de chien. L’agent responsable est la bactérie Bartonella henselae. La maladie de la griffe du chat se traduit par une papule rouge au site de la morsure dans les deux semaines, une fièvre, des crises de malaise, des maux de tête ainsi qu’une conjonctivite. Aussi, on constate régulièrement une adénopathie dans l’aire ganglionnaire qui draine la région atteinte. Elle persiste plusieurs mois voire des années.
La maladie de la griffe du chat régresse spontanément dans la majorité des cas.
D’autres bactéries peuvent également contaminer une morsure de chat et de chien à savoir : Staphylocoque doré, Streptocoque, Clostridium perfringens, Clostridium botulinum, Pasteurellose, Moraxella, Fusobacterium, Bacteroides. Pour éloigner les risques de surinfection, il est recommandé de suivre un traitement à base d’antibiotiques.