Arthrose de genou
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L’arthrose est une maladie qui peut toucher toutes les articulations du corps. Elle est toutefois plus fréquente au niveau de l’articulation du genou. Parmi les plus sollicitées, cette dernière a un rôle indispensable dans les mouvements quotidiens à savoir la marche, la position assise ou debout. L’atteinte du genou peut alors être responsable de gênes et de handicaps. Découvrez tout ce qu’il faut connaître sur l’arthrose du genou dans cet article
L’arthrose se définit comme l’altération progressive et irréversible des cartilages articulaires. Pour l’arthrose du genou, on parle de gonarthrose.
Les véritables causes de l’arthrose du genou sont encore mal comprises. Elle se traduit par une diminution progressive du cartilage accompagnée d’une remodélisation de l’os sous-jacent (hypertrophie) et d’un phénomène inflammatoire.
L’arthrose du genou peut toucher :
l’articulation fémoro-tibiale (au niveau de la jonction entre le fémur et le tibia) ;
l’articulation fémoro-patellaire (entre le fémur et la patella ou rotule).
Les facteurs de risque à l’origine de son apparition comprennent :
l’âge ;
les contraintes mécaniques associées aux activités physiques intenses et au surpoids ;
la génétique ;
les anomalies anatomiques comme les déformations congénitales ou les séquelles acquises.
L’arthrose du genou est fréquente chez les sujets âgés. 15 % des personnes de plus de 65 ans en souffrent.
Les symptômes de l’arthrose et les troubles au niveau du genou apparaissent progressivement au fur et à mesure que la poussée inflammatoire évolue.
La gonarthrose se manifeste généralement par des symptômes très caractéristiques.
Des douleurs mécaniques d’intensité variable : elles peuvent se localiser au niveau de la partie latérale (cas d’une arthrose fémoro-tibiale) ou antérieure (arthrose fémoro-patellaire).
Ces douleurs apparaissent par poussées matinales ou diurnes. Elles s’amplifient à la mobilisation, lorsque le sujet s’accroupit, marche ou monte des escaliers. Toutefois, le repos fait diminuer son intensité.
Une certaine raideur de l’articulation du genou: un dérouillage matinal court pendant au moins 15 minutes est alors nécessaire. Ce mouvement de mobilisation aide à décoincer l’articulation du genou.
Une irrégularité dans la marche : boiterie.
Une sensation d’instabilité et de dérobement.
Le médecin cherche à localiser la douleur dans la région du genou.
La gonarthrose se complique dans plusieurs situations. Par exemple lorsque l’articulation se retrouve complètement bloquée par la présence d’un fragment de cartilage (ostéochondrite disséquante du genou). Ou lorsque l'arthrose est importante et rapidement progressive (gonarthrose destructrice rapide). Ou bien encore si elle fait apparaître un kyste à l'arrière du genou (kyste poplité).
D'autres maladies peuvent donner des douleurs de genoux.
Quelques examens sont utiles.
a) Radiographies des deux genoux en charge
Il existe deux types de radiographies.
Si suspicion d’une gonarthrose fémoro-tibiale : une radiographie de face, le patient est debout avec le genou fléchi de 30° (cliché en Schuss)
Si suspicion d’une gonarthrose fémoro-patellaire: une radiothérapie de profil du genou, avec une flexion de 15 °et aussi de 30-60-90 °
Ces radiographies permettent de confirmer la gonarthrose par détection des signes suivants :
pincement articulaire ;
présence d'excroissance osseuse (ostéophytes) ;
os condensé ;
présence de perte osseuse (géodes).
Sachez qu’il n’y a pas de rapport entre l’atteinte radiologique et l’intensité des symptômes.
b) Examens biologiques
La réalisation des examens biologiques n’est pas indispensable, mais permet seulement d’écarter les doutes.
Des examens sanguins
La prise de sang montre l'absence d'atteinte inflammatoire biologique (CRP normale et leucocytes normaux)
Analyse du liquide articulaire
Le liquide articulaire est exeptionnellement extrait par ponction en vue de :
son examen biochimique pour le dosage de protéine: taux inférieur à 50 g/l ;
un examen cytologique: nombre des leucocytes supérieur à 2000/mm2, PNN supérieur à 50 % ;
un examen bactériologique: résultat négatif.
En cas de suspicion d’une gonarthrose, il est judicieux de consulter :
un médecin généraliste pour diagnostiquer ;
un rhumatologue qui est un spécialiste de second recours ;
le pharmacien ou un professionnel de santé de ville peut aussi aider en orientant et conseillant le patient.
Pour soulager et guérir les symptômes de la gonarthrose, il existe des moyens physiques et des traitements médicamenteux.
a) Soulager les symptômes sans aucun médicament
En première intention, pratiquer une activité sportive est efficace. Elle permet un renforcement musculaire afin d’optimiser le soutien articulation.
L’électrostimulation du genou est parfois proposé mais a seulement un effet placebo.
Il existe aussi quelques alternatives de traitements, dont les bénéfices sont incertains et qui requièrent de la précaution. On peut citer :
la kinésithérapie par ultrasons. On peut opter pour ce type de traitement puisqu’il ne comporte pas de risques démesurés, bien que son efficacité n’ait pas encore été démontrée ;
l’application du chaud ou du froid ;
l'attelle de genou ;
la canne ;
la balnéothérapie (thérapie par utilisation de l’eau ou d’autres substances, en douche ou bain thermal).
b) Soulager les symptômes par des médicaments
Pour calmer les douleurs, il est possible de prendre du paracétamol en première intention.
Si les douleurs ne sont pas calmées, vous pouvez recourir aux :
Anti-inflammatoires d'action locale: avec un effet modeste et fugace (ex: diclofenac en gel) ;
Anti inflammatoire par voie orale à l’exemple de l’ibuprofène ou naproxène.
Vous pouvez aussi recourrir à la morphine, la codéine ou le tramadol en cas de forte douleur.
Si l’inflammation est trop sévère, les corticoïdes (par voie orale) entrent en dernière ligne de traitement, mais seulement en cure courte.
Bénéfices incertains
En outre, il faut faire attention, car certains médicaments ont des bénéfices incertains. C’est le cas des injections de corticoïdes qui n’ont qu’un effet antalgique transitoire de 3 semaines, sans amélioration fonctionnelle démontrée.
D’autres médicaments sont par contre absolument à proscrire :
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam: ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables. De plus, ils ne sont pas plus efficaces que les autres anti inflammatoires ;
kétoprofène: son administration par voie orale est délétère pour le système digestif. S’il s’agit du gel, les effets seront davantage indésirables par rapport aux autres anti inflammatoires ;
insaponifiables d’avocat et de soja: ils ne présentent aucun effet bénéfique et de plus, ils ne sont pas exempts d’effets secondaires ;
harpagophyton alias griffe du diable: c’est une plante africaine dont la racine est utilisée pour soulager les douleurs articulaires mineures. Ses effets bénéfiques n’existent pas et son utilisation n’est pas non plus exempte d’effets indésirables.
Pour traiter définitivement la maladie, la meilleure solution reste la chirurgie, notamment si la forme de gonarthrose est très douloureuse et invalidante.
La pose d’une prothèse de genou offre un résultat antalgique durable (supérieur à 20 ans).
Les traitements suivants censés guérir la maladie sont à écarter :
acide hyaluronique en injections intra-articulaires: c’est un composé physiologique sécrété par certaines cellules synoviales qui présente des effets indésirables parfois graves, ne justifiant pas une efficacité modeste ;
glucosamine: une substance glucidique, qui ne présente pas vraiment d’effets bénéfiques, mais au contraire, beaucoup d’effets indésirables ;
chondroïtine: une substance présente dans les cartilages dont les effets bénéfiques n’existent pas et l’utilisation n’est pas non plus exempte d’effets indésirables ;
diacéréine: effets indésirables disproportionnés alors que les effets bénéfiques n’ont pas encore été démontrés.
L'arthrose est une maladie chronique qui évolue en poussée.
Les méthodes préventives de la gonarthrose consistent à lutter contre l’étiologie elle-même et les facteurs de risques.
Pour ce faire, en cas de surpoids, envisagez une réduction du poids, même si cette action reste mal évaluée.
Il faudrait aussi arrêter les médicaments qui sont responsables de douleurs articulaires.