Céphalées de tension
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La céphalée de tension est un type de mal de tête que connaissent un grand nombre de personnes. Elle peut être gênante même si elle est sans gravité. Découvrez dans cet article tout ce qu’il y a à savoir sur la céphalée de tension : diagnostic, traitement.
Une céphalée est le terme médical pour dire "mal de tête" .
Ici, lorsqu’on dit « tension », on parle de « tension physique ». Il n’y a rien à avoir avec la tension artérielle.
Les céphalées de tension sont des maux de tête communs secondaires à des tensions physiques. Certains les décrivent comme une sensation de serrement autour de la tête.
L’origine de la céphalée de tension est mal comprise. Mais, elle est probablement liée à des tensions musculaires, notamment au niveau des muscles autour du crâne.
Les tensions peuvent être favorisées par les facteurs suivants.
Le stress lié aux défis familiaux, professionnels ou personnels.
Certains médicaments (les anti douleurs par exemple).
Les maux de tête sont très fréquents. La céphalée de tension touche jusqu’à 80 % de la population.
La céphalée de tension se manifeste par une douleur à type de pression (non pulsatile) d’intensité légère ou modérée
Elle peut se situer des deux côtés de la tête, ou au front en barre ou derrière la tête.
Elle peut durer de 30 minutes à 7 jours, permanente, avec des fonds douloureux entre les crises.
La douleur est accentuée par le stress et diminuée par les vacances.
Même avec une céphalée de tension, les activités sont possibles.
En général, la tension est normale. Aussi, tous les examens neurologiques sont normaux.
Parfois, on confond la céphalée de tension par d’autres types de maux de tête.
Aucun n'est nécessaire.
Si les symptômes sont connus et peu intenses, consulter un pharmacien ou un paramédical est suffisant pour avoir les conseils nécessaires.
Sinon, consulter un médecin généraliste pour le diagnostic et la prescription de médicaments. Il aura recours si besoin à un neurologue.
La première chose à faire en cas de céphalée de tension est de se reposer dans un endroit sombre et calme.
On peut aussi appliquer quelque chose de froid sur la nuque (de la glace dans un linge ou une compresse froide).
La relaxation est importante. Pour cela, il faut faire un petit somme de quelques heures.
Les médicaments sont à prendre au début de la crise. Il faut les essayer un par un, car on n’est pas sûr de savoir lequel va fonctionner mieux que l’autre.
On recommande de prendre au plus vite un antidouleur comme le paracétamol. C’est le médicament le plus éprouvé.
Si les symptômes ne sont pas encore soulagés, il existe des alternatives.
Ibuprofène et naproxène : ce sont des anti-inflammatoires (à ne pas utiliser chez la femme enceinte)
Kétoprofène par suppositoire, un anti-inflammatoire si la voie orale n’est pas possible.
En cas d'échec, voici les médicaments de dernier recours.
Sumatriptan ("anti migraineux") : ce médicament a une action rapide (max en 2 heures), mais peut causer quelques rechutes. Prendre un second comprimé 24 à 48 h après si tel est le cas. Il ne faut pas en prendre s’il est inefficace sur la première crise. Le Sumatriptan peut s’utiliser aussi par voie nasale ou en sous-cutané. Il n’est recommandé qu’en cas d’échec des anti douleurs ci-dessus.
Naratriptan 2,5 mg (anti migraineux) : il agit plus lentement, mais il y a moins de rechutes.
Attention au métoclopramide, la balance bénéfice-risque de cet anti nauséeux est incertaine donc son usage est à limiter.
Éviter également les médicaments suivants.
Opioïdes : codéine et tramadol. Ils exposent aux effets de dépendances et de nausées.
Caféine : elle n’ajoute pas d’effet antalgique et expose à des effets secondaires.
Coxibs (célécoxib, étoricoxib, parécoxib) : ce sont des AINS (antiinflammatoires non stéroïdiens) à effets indésirables graves.
Acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ils sont aussi des anti-inflammatoire qui provoquent des effets indésirables graves.
Ergotamine, dihydroergotamine : ils exposent trop d’effets indésirables.
Dompéridone, métopimazine : ils ont des effets indésirables graves.
Pour les femmes enceintes, limiter le plus possible les médicaments. Les anti-inflammatoires sont à utiliser très ponctuellement jusqu’à 24 semaines d’aménorrhées au maximum (5 mois). Après ce délai, ils sont formellement contre indiqués.
En cas de nausées chez la femme enceinte, utiliser doxylamine en première intention, puis métoclopramide.
Durant une grossesse, la prise de triptan doit se faire en accord avec le médecin.
Le traitement curatif n'existe pas à proprement parlé. Mais on peut envisager un traitement préventif, afin de limiter les récidives. Le traitement préventif sera envisagé à partir de 4 à 8 crises par mois.
Le propranolol est indiqué en première intention. C’est un bêtabloquant. Il faut en prendre 40 mg 2 à 3 fois par jour et jusqu’à 240 mg par jour. Il ne faut pas arrêter ce traitement brutalement. Il est préférable de l’arrêter avant la fin de la grossesse.
Si ce traitement ne fonctionne pas, on peut le remplacer par l’amitriptyline, un antidépresseur non officiellement utilisé pour la migraine. La dose est de 30 à 150 mg par jour. Ce médicament est déconseillé chez la femme qui allaite.
L’acide valproïque est également une option. Il s’agit d’un antiépileptique non officiellement utilisé pour la céphalée. Il ne faut pas l’utiliser chez la femme enceinte ou en projet de grossesse, car c’est toxique. La dose est de 500 à 1500 mg par jour. Il faut doser les enzymes hépatiques en début de traitement.
On peut essayer aussi l’acupuncture. Elle donne un effet placebo parfois apprécié.
Il faudra par contre écarter les médicaments suivants.
Flunarizine et Oxétorone: ce sont des neuroleptiques aux effets modestes et aux effets indésirables grands.
Topiramate: il crée des effets indésirables graves.
Afin de lutter contre les complications, voici la conduite à tenir.
Soigner correctement les récidives et prendre un accompagnement santé si nécessaire surtout en cas de fréquence élevée ou une difficulté scolaire, dans le métier, dans les relations sociales et professionnelles.
Prendre la dose la plus faible d'anti douleur et sur la durée la plus courte possible. Un recours au traitement antalgique répété (plus de 15 jours par mois) notamment à visée préventive peut créer un risque de dépendance et provoquer l’entretien des céphalées.
Diminuer lentement les antalgiques. Ne pas toujours utiliser les mêmes, notamment les opioïdes (tramadol, codéine, morphine). Parfois, l’arrêt brutal des antalgiques occasionne des maux de tête, nausées, vomissements, hypersudation, insomnie (syndrome de sevrage).
Traiter le syndrome sérotoninergique.
La céphalée de tension s’améliore spontanément au fil du temps.
Il faudra évaluer la pertinence d’un traitement préventif entre 1 à 3 mois après le début du traitement. Il est jugé satisfaisant si les crises diminuent de 50 %.
Il est cohérent de proposer de temps en temps des pauses thérapeutiques compte tenu des améliorations spontanées au fil du temps.
Le sujet doit tenir un agenda des céphalées pour juger l’efficacité du traitement.
Enfin, il faut doser régulièrement les enzymes hépatiques par prise de sang en cas de prise d’acide valproïque.
Pour éviter les nouvelles crises, il faut repérer les facteurs de risque. Voici les actions à faire.
Il faut envisager être accompagné pour gérer le stress du quotidien, s'il retenti sur la santé.
En cas de céphalées 2-3 jours avant les règles, il faut prendre de l’estradiol en prévention (il n’y a cependant pas de preuves solides de son efficacité).
Il faut éviter le jeûne et les stimulations visuelles.
En cas de trouble du sommeil, il vaut mieux lire des articles spécifiques sur le sujet afin de trouver des astuces.
En cas d’addiction au tabac et/ou à l’alcool, il faut être accompagné pour s'en sortir.
Pour ce qui en est de l’addiction à la drogue, il faut lire des articles spécifiques, afin de s’informer.
Il faut limiter la consommation de café.
Il faut regarder et limiter les effets indésirables des médicaments, comme par exemple le sildénafil, les contraceptifs hormonaux, les dérivés nitrés ou la prise répétée d'anti douleurs…il faut revoir leur indication.
La céphalée de tension peut être héréditaire, alors il faut considérer les antécédents familiaux.