Cryptorchidie
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Certains sujets masculins sont dépourvus de testicules dans leur bourses. C’est ce qu’on appelle la cryptorchidie, un trouble de la descente des testicules. Découvrez tout sur cette anomalie de l’appareil génital masculin dans cet article.
Du grec « kryptos » qui veut dire caché et de « orkhis » ou testicule, le terme cryptorchidie signifie que les testicules sont cachés.
Elle se définit par l’arrêt de la migration embryonnaire des testicules sur son trajet, c’est-à-dire entre l’aire lombaire et le scrotum.
Pendant le développement embryonnaire, les ébauches de l’appareil génital se forment dans la partie abdominale. Vers le 2e mois de grossesse, la génétique ainsi que les sécrétions hormonales influencent leur évolution en testicules.
À partir du 3e mois de grossesse, ces derniers commencent à migrer de l’abdomen vers l’aine, en passant par le canal inguinal pour descendre dans les bourses qui sont leur emplacement normal.
Après l’âge de 12 mois, la migration testiculaire s’arrête spontanément.
Dans certains cas, cet arrêt se produit même si la migration n’est pas encore complète. On parle alors de cryptorchidie.
Dans 80 % des cas, seul un des testicules n’est pas descendu (cryptorchidie unilatérale). Si cela concerne les deux testicules à la fois, on parle de cryptorchidie bilatérale. (dans 20 % des cas).
Dans 60 % des cas, on le retrouve bloqué dans la partie de l’aine.
Cette anomalie pose des problèmes de fertilité. En effet, la température corporelle de 37 °C n’est pas viable pour les spermatozoïdes. C’est pourquoi ils ne peuvent survivre qu’au niveau des bourses où la température ne fait que 34 ° C.
La cause exacte de la cryptorchidie n’a pas encore été définie. Certaines hypothèses stipulent qu’il s’agit d’un problème d’origine hormonale. Toutefois, plusieurs facteurs peuvent empêcher le testicule de descendre normalement.
On peut citer par exemple la prématurité (dans le cas où le développement ne s’est pas effectué normalement) et les facteurs d’ordre génétiques (les anomalies héréditaires).
Le risque de cryptorchidie est aussi plus élevé s’il y a une exposition aux agents qui dérèglent les hormones rencontrées surtout :
dans l’alimentation (à l’exemple des phytoœstrogènes naturellement présents dans les germes de blé ou le soja, bisphénols, phtalates, résidus de pesticides ou de détergents) ;
dans l’environnement (polluants organiques, pesticides, métaux lourds, etc.) ;
ou dans les cosmétiques (parabens, phtalates, etc.).
Enfin, on peut citer l'hyperplasie congénitale des surrénales comme pouvant être à l'origine d'une cryptorchidie.
La cryptorchidie est rencontrée chez :
20 à 30 % des garçons prématurés ;
4 % des garçons à la naissance ;
1 % des garçons à l’âge de 6 mois.
La cryptorchidie est souvent suspectée par les parents ou à l'occasion d'une visite chez le médecin, qui constatent une bourse vide.
L’examen clinique est nécessaire. Il consiste en :
une palpation du scrotum qui confirme l’absence de testicules ;
une palpation péri scrotale et au dessus des cuisses qui permet de localiser le testicule en position anormale. La palpation permet également de déterminer si il y a possibilité d’abaisser le testicule jusqu’à son emplacement normal.
L’apparition de certains symptômes peut traduire des complications liées à ce trouble de migration testiculaire.
Des douleurs importantes peuvent être le signe d’une torsion testiculaire alors même qu'il est dans le ventre.
Le testicule mal placé est plus vulnérable aux chocs inguinaux ou abdominaux.
Le diagnostic différentiel est indispensable pour écarter les autres pathologies comme un testicule oscillant par exemple. Cela se détecte par un test diagnostic : la contraction du muscle crémaster fait déplacer le testicule.
La cryptorchidie est aussi à différencier de l’ectopie testiculaire qui est aussi un problème de migration. Mais dans ce cas, le testicule se retrouve coincé hors de son trajet de migration normal.
Parfois le diagnostic peut être confondu avec celui de hernie inguinale ou de ganglions.
En cas de doute, on réalise quelques examens, notamment une cœlioscopie diagnostique pour explorer la cavité abdominale.
L’échographie est trop peu sensible et peu spécifique car elle ne fait le diagnostic que dans 50 % des cas. Le scanner et l’IRM ne sont pas indiqués.
Un bilan biologique comprenant les dosages suivant: testostérone (reflet du fonctionnement des cellules de Leydig qui produisent cette hormone dans le testicule), AMH et inhibine B (reflet du fonctionnement des cellules de Sertoli qui assurent de support pour la production des spermatozoïdes), FSH et LH (des hormones cérébrales à destination du testicule)
En cas de cryptorchidie bilatérale: dosage de la 17-hydroxyprogestérone pour dépister l’hyperplasie congénitale des surrénales chez une fille et la recherche du locus SRY par FISH pour détecter la présence de matériel Y (ne pas méconnaitre une anomalie du développement sexuel à caryotype (46, XX). Ces deux entités étant généralement de découverte néonatale voir anténatale.
Il est important de noter que les dosages de la testostérone, de la FSH et de la LH ne sont pas interprétables entre l’âge de 6 mois et jusqu'à la puberté.
En cas de cryptorchidie, il convient de s’adresser à des professionnels médicaux comme :
un médecin généraliste ou un pédiatre: pour le diagnostic ;
un urologue pédiatrique pour un avis spécialisé, surtout pour déterminer si une chirurgie s’avère utile ;
un pharmacien ou un professionnel de santé: qui oriente tout en apportant des conseils.
La cryptorchidie se soigne dès le plus jeune âge. Entre l’âge de 6 mois à 2 ans, l’orchidopexie est généralement recommandée. Il s’agit d’une opération chirurgicale qui consiste à abaisser le testicule et à le fixer dans la bourse. Dans 90 % des cas, la longueur du cordon est suffisante pour mener à bien l’opération.
Dans le cas contraire, la chirurgie doit se faire en 2 temps puisque si l’on force en une opération avec une longueur de cordon insuffisante, le risque de nécrose ischémique sera élevé.
En alternative, notamment si le testicule n’est plus viable, on opte pour l’orchidectomie (son ablation) avec la pose de prothèse testiculaire.
Jusqu’à l’âge de 6 mois, le testicule peut toujours descendre spontanément pour gagner son emplacement normal. C’est pourquoi il faut suivre de près l’évolution de la cryptorchidie chez les bébés et attendre qu’il dépasse ses 6 mois avant d’opter pour un traitement.
La cryptorchidie conduit à l’infertilité (50 % pour la cryptorchidie bilatérale et 5 % si elle est unilatérale) ; on envisage alors une PMA (procréation médicalement assistée).
Par ailleurs, la cryptorchidie augmente le risque de cancer testiculaire après l’adolescence. Une chirurgie avant l’âge de 13 ans diminue le risque.
Il est donc recommandé de faire une visite régulière chez le pédiatre pour dépister l’anomalie à temps.