Orchi-épididymite
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L’orchi-épididymite est une affection douloureuse de la bourse. Symptômes et traitements Découvrez tout dans cet article.
Le mot « épididymite » signifie une inflammation de l’épididyme, qui est un canal enroulé situé sur la paroi du testicule.
Le mot « orchite » signifie inflammation du testicule.
L’orchiépididymite est donc une inflammation de l’épididyme associée à une inflammation du testicule.
Elle peut se traduire par une hydrocèle. Celle-ci est un épanchement de liquide dans la bourse (réactionnel).
L’orchiépididymite est le plus souvent liée à une infection.
Chez les enfants: elle est due à un virus.
Chez les jeunes adultes, elle est due à des germes sexuellement transmissible que sont Mycoplasme, Chlamydiae et Gonocoque (Nesseria gonorrhoeae).
Chez les personnes âgées plus de 35 ans, les bactéries responsables de l’orchiépididymite sont diversifiées. Ce sont en particulier des germes urinaires.
Dans des cas exceptionnels, l’orchiépididymite est secondaire à une infection par des germes responsables d’autres maladies comme les oreillons, la tuberculose, la sarcoïdose (trouble du système immunitaire), ou au purpura rhumatoïde (maladie inflammatoire des vaisseaux), à la BCGite ou bécégite (complication rare spécifique du vaccin par le BCG ou bacille de Calmette et Guérin).
Elle est aussi rarement provoquée par une surdose d’amiodarone (médicament contre l’insuffisance cardiaque).
L’orchiépididymite concerne seulement les adolescents et les adultes, jamais les enfants.
Les symptômes de l’orchiépididymite comprennent souvent une fièvre et une douleur scrotale irradiant le long du cordon spermatique. La douleur est soulagée par le soulèvement de la bourse (signe de Prehn).
Lorsque la maladie est associée à une urétrite (inflammation de l’urètre), à ces symptômes s’ajoute un écoulement au niveau du pénis.
Visuellement, on constate un scrotum rouge et œdémateux.
À la palpation, on remarque que le scrotum est douloureux, rempli de liquide et chaud.
Parfois, l’orchiépididymite est confondue à la torsion de testicule. Il s’agit de l’enroulement du cordon spermatique contenant les vaisseaux (artère et veine) qui irriguent le testicule et le canal déférent. Ce diagnostic doit absolument être écarté car il s'agit d'une urgence. Les autres causes de douleurs sont ici.
La confirmation du diagnostic de l’orchiépididymite repose sur quelques examens biologiques.
Analyse sanguine
Une prise de sang permet de réaliser:
une NFS-P (numération de la formule sanguine et des plaquettes): on s'attend à ce qu'il y ait une augmentation des leucocytes et/ou des polynucléaires neutrophiles ;
la mesure de la VS (vitesse de sédimentation)on s'attend à ce qu'elle soit augmentée puisqu'il y a une inflammation;
le dosage de CRP (protéines C réactives): on s'attend à ce qu'elle soit augmentée puisqu'il y a une inflammation;
une créatininémie (dosage du taux de créatinine): pour savoir s'il y a une souffrance rénale ou non.
Examen urinaire
L’examen urinaire vise à détecter la présence d'une bactérie dans les urines :
la bandelette urinaire (BU): elle révèle la présence d'une bactérie lorsqu'on voit apparaître l'un ou plusieurs des éléments suivants: sang, leucocytes, nitrites ;
l’examen cytobactériologique urinaire (ECBU): c'est la mise en culture des urines, révélant la bactérie ;
un prélèvement pénien et un ECBU du «premier jet» est utile pour la recherche de germes sexuels tels que Gonocoque et Chlamydiae.
En option
On peut proposer d'effectuer un bilan des infections sexuellement transmissibles.
Une échographie est parfois utile pour observer des signes d'aggravation tels que la présence d’un abcès.
Un médecin généraliste est en mesure de diagnostiquer et traiter l’orchiépididymite. Il aura recours à l'urologue s'il a besoin d'un avis spécialisé ou chirurgical.
S'il n'est pas disponible, il faudra avoir recours aux urgences médicales.
Pour atténuer le symptôme douloureux de l’orchiépididymite, il convient de prendre un antalgique tel que le paracétamol. Sinon on peut avoir recours aux antidouleurs de palier supérieur, tel que le tramadol, la codéine ou la morphine. Les anti inflammatoires sont tous déconseillés en raison de l'origine bactérienne de l'infection.
Chez l'enfant
Lorsque l’orchiépididymite est liée à un virus, aucun antibiotique n'est nécessaire.
En cas de suspicion d'infection sexuellement transmissible
Lorsque l’orchiépididymite est liée à une IST, le traitement sera une bi-antibiothérapie. Il s’agit de :
Ceftriaxone IV ou IM 500 mg en injection unique, anti gonococcique ;
Doxycycline 100 mg 2 fois par jour pendant 10 jours, anti Chlamydiae.
En cas d’infection non-IST et en l’absence de BLSE (Bêtalactamase à spectre élargi)
Lorsque l’infection n’est pas une IST, le LEVOFLOXACINE par voie orale 500 mg 1 fois par jour pendant 14 jours est indiqué en première intention. Il peut s'agir soit de CIPROFLOXACINE par voie orale 500 mg 2 fois par jour pendant 14 jours, soit de OFLOXACINE par voie orale 200 mg 2 fois par jour pendant 14 jours.
En deuxième intention, COTRIMOXAZOLE 800 mg ou 160 mg 2 fois par jour pendant 14 jours.
En dernier recours, CEFTRIAXONE IV/IM/SC 1 g 1 fois par jour pendant 14 jours.
En présence de bactérie résistante, demander un avis spécialisé.
Si le traitement de l’orchiépididymite est initié rapidement, l’évolution de l’infection est également favorable et sans séquelles.
En cas d’échec du traitement, penser au traitement des causes exceptionnelles.
Pour prévenir l’orchiépididymite, il faut traiter le partenaire sexuel et utiliser des préservatifs durant la durée du traitement. Ces mesures doivent être prises pour éviter une IST.