Ejaculation précoce
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L’éjaculation précoce est un calvaire sexuel qui touche un grand nombre d’hommes. C’est un trouble sexuel qui remet en cause l’estime de soi et la virilité. Elle peut générer des impacts importants sur la vie d’un couple. Définition, diagnostic, examens et traitements, découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur l’éjaculation précoce dans cet article.
L’éjaculation précoce est une dysfonction érectile masculine, ayant une définition personnelle (c’est-à-dire qu’elle varie selon le sujet et son partenaire). Il s’agit d’une éjaculation prématurée survenant d’une façon incontrôlable et trop précocement avant le délai optimal désiré.
Il n’existe pas de délais « normal » avant une éjaculation. Cela diffère d’un homme à l’autre. Mais généralement, il varie entre 30 secondes à 45 minutes. Selon sondages, une éjaculation semble précoce si elle est inférieure à 6 minutes dans plus de la moitié des cas.
Selon les études, le temps moyen d’éjaculation des hommes se plaignant de ce trouble sexuel varie de 38 secondes à 2 minutes.
Plusieurs étiologies peuvent expliquer l’éjaculation précoce, à savoir : les causes psychologiques, les causes comportementales, les causes neurobiologiques et les causes génétiques.
À part ces étiologies, il existe aussi des facteurs de risque qui contribuent à la survenue de ce type de trouble, tels que :
la phobie sociale ;
l’inaptitude à la communication émotionnelle ;
la dépression ;
la dysthyroïdie ;
la lésion du cône terminal de la moelle épinière ;
la prostatite chronique…
L’éjaculation précoce affecte environ 20 à 30 % des hommes.
Du point de vue urologique, l’éjaculation précoce se manifeste par la survenue trop top d’une émission de sperme à travers le méat de l’urètre. Cela se produit généralement peu de temps après la pénétration, voire même avant.
Par ailleurs, elle occasionne aussi de graves retentissements psychologiques, comme : la frustration, la colère, la déception, le sentiment d’échec, d’infériorité, d’insécurité, de culpabilité, d’humiliation, de peur, de déni, d’inhibition relationnelle, de dépression et de résignation.
Le diagnostic de l’éjaculation précoce se pose à l’interrogatoire et à l’autodiagnostic du patient. Aucun examen paraclinique n’est nécessaire.
La prise en charge de l’éjaculation précoce est assurée par :
un médecin généraliste ;
Le pharmacien
un urologue ;
un sexologue.
Il existe diverses méthodes pour soulager les symptômes.
En premier choix, il est possible d’utiliser des préservatifs épais et des traitements pharmacologiques tels que la lidocaïne prilocaïne (appliquée sur le gland). Cette dernière a d’ailleurs fait preuve d’une efficacité de 75 %. Elle allonge le délai avant l’éjaculation de 2,5 minutes. Mais dans 4 % des cas, elle cause des brulures vulvo-vaginales chez la partenaire.
Si le patient ne souhaite pas de grossesse, il faudra privilégier le port de préservatif.
Des traitements sexologiques mis au point par des pionniers de la sexologie moderne ont aussi une grande part d’efficacité dans le traitement des symptômes de l’éjaculation précoce. On peut citer :
Le squeeze de Masters et Johnson : il consiste à faire des exercices de compression du gland au moment de l’imminence éjaculatoire. Il permet de remplacer le réflexe conditionné gênant par un autre. La partenaire doit exécuter ces exercices selon un plan progressif.
Le Stop-Start de Semans (à l’origine de la précédente): on l’appelle également de nos jours, méthode de la Pause de Kaplan qui l’a réactualisée.
Il consiste à arrêter simplement la stimulation à chaque imminence éjaculatoire. C’est une méthode dont le principe est de faire mieux ressentir la progression des sensations pré-orgasmiques. Il permet ainsi d’habituer le sujet à supporter un degré élevé d’excitation en différant sa satisfaction.
Le sensate focus (SF) de Masters & Johnson : il a pour but de permettre au couple de se donner du plaisir sensuel réciproque à tour de rôle, pendant une durée de 15 à 30minutes. Successivement il se fait des caresses, sans puis avec contact génital.
En généralisant et dégénitalisant les sensations érotiques, ce procédé contribue à atténuer l’impétuosité éjaculatoire. Il introduit une sorte de thermostat dans le circuit réflexe.
On peut utiliser conseiller des traitements placebo comme les gels et comprimés placebo. Leur taux d’efficacité est de 30 %.
Il existe aussi d’autres traitements dont les bénéfices sont incertains :
l’anesthésie locale: pas d’évaluation solide ;
le sildénafil: inhibiteur de la phosphodiestérase à l'efficacité incertaine dans cette situation ;
la clomipramine: un antidépresseur, inhibiteur non sélectif de la recapture de la monoamine. On peut l’administrer en continu ou à la demande. Cependant, elle expose à de nombreux effets indésirables.
les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS): paroxétine, sertraline, citalopram, fluoxétine.
Il faut éviter le traitement par la dapoxétine. Il s’agit d’un inhibiteur de la recapture de la sérotonine. Elle a une efficacité modérée. Mais surtout, elle engendre des effets indésirables nombreux et parfois même graves.
Pour ce qui est du traitement ciblé, on a souvent recours aux procédés suivants :
la thérapie psycho comportementale: par la respiration abdominale, la respiration profonde, et la rééducation… cette thérapie a un taux d’efficacité allant de 50 à 75 % ;
le programme de facilitation de l’orgasme féminin.
D'autres accompagnements existent sur internet et il faudra les conseiller.
L’assistance psychologique est efficace dans la prévention et la résolution des facteurs de risque de l’éjaculation précoce.
Cet accompagnement peut se faire en couple ou individuellement.