Ostéonécrose de la tête fémorale
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À la suite d’un défaut d’irrigation sanguine, un segment d’os peut mourir. On parle d’ostéonécrose. Elle peut affecter différentes parties du corps comme l’épaule, la hanche, le genou et la tête du fémur. C’est sur cette dernière que l’article va se concentrer. On l’appelle ostéonécrose de la tête fémorale. Causes, symptômes, diagnostic et traitements, nous allons tout découvrir sur cette maladie.
L’ostéonécrose de la tête fémorale est une maladie qui se caractérise par la mort cellulaire de la tête du fémur.
On pense que l'ostéonécrose est lié à une interruption de la microcirculation sanguine dans la région de la tête fémorale.
Les causes sont multiples et variées :
les fractures
les compressions mécaniques comme par exemple lors d'une gonarthrose
les microtraumatismes répétés : luxation et contusion.
Dans certains cas, elle est secondaire à d’autres pathologies comme la maladie Gaucher, la maladie de caissons, l’infection à VIH, le lupus, la drépanocytose…
Les traitements médicaux comme les corticoïdes à forte dose, la radiothérapie et la chimiothérapie favorisent aussi le développement de l’ostéonécrose de la tête fémorale.
L’alcool est également un facteur de risque très important de la maladie. Cela se constate très souvent chez les patients jeunes.
Compte tenu de son origine multifactorielle, l’ostéonécrose de la tête fémorale peut affecter n’importe qui. Toutefois, selon les statistiques, son pic de survenue se situe entre 30 à 60 ans.
L’ostéonécrose de la tête fémorale se manifeste généralement par une douleur de hanche qui peut s’étendre vers la cuisse et le genou. Elle peut être d’apparition brutale ou non, et se déclenche souvent lors d’un mouvement du fémur : marche, montée d’escaliers, exercices sportifs, etc. On parle de douleur d’horaire mécanique. Son intensité s’accentue en cas de rotation interne du fémur.
Pour éviter la douleur, le patient évite alors, autant que possible de bouger le membre affecté. C’est pourquoi une impotence fonctionnelle et une boiterie s’associent souvent aux symptômes.
a) Radiographies du bassin de face et de la hanche de profil
Ces examens permettent de déterminer le stade de la maladie qui évolue comme suit :
Stade 1: normal ;
Stade 2: tête fémorale claire condensée sur les pourtours ;
Stade 3: fracture sous le cartilage de la tête fémorale, linéaire, en « coquille d’œuf », avec une tête fémorale non sphérique ;
Stade 4: tête fémorale affaissée ;
Stade 5: on y retrouve des signes typiques d'arthrose: pincement articulaire, os en trop, os en moins, ostéocondensation ;
Stade 6: destruction complète.
b) IRM systématique
L’IRM est praticable dans les cas où les radiographies ne montrent aucun signe clinique. Elle est notamment utile pour dépister :
le stade précoce (on voit un hypersignal)
et le stade tardif (on voir une perte de signal)
c) Scintigraphie osseuse
La scintigraphie est une alternative à l’IRM au cas où cette dernière est indisponible. Elle montre une tête fémorale en cocarde avec une hypofixation centrale et une hyperfixation en halo.
d) Chercher la cause
Dans la mesure où l’on suspecte l’existence de maladie sous-jacente à l’origine de l’ostéonécrose de la tête fémorale, le médecin proposera un examen biologique de débrouillage. Celui-ci comprend :
une NFS ;
une électrophorèse de l’hémoglobine s’il existe un point d’appel ;
un bilan hépatique,
un test AAN (anticorps antinucléaires) pour dépister les maladies inflammatoires générales ;
un test de glycémie ;
une mesure de l’acide urique ;
une sérologie VIH si point d’appel.
Différents professionnels de santé peuvent intervenir dans le cadre de la prise en charge de l’ostéonécrose de la tête fémorale.
Le pharmacien et les paramédicaux orientent et conseillent sur la conduites à tenir et les précautions à prendre.
Le médecin généraliste intervient pour le dépistage.
Le chirurgien orthopédique donne un avis spécialisé chirurgical.
Pour calmer la douleur engendrée par la maladie, il convient en première intention de décharger le membre atteint pendant au moins 6 semaines. Pour ce faire, le patient doit s’adonner au repos et utiliser une canne pour se déplacer.
Il est aussi possible de prendre du paracétamol. Et lorsque la douleur est plus intense l’ibuprofène, le naproxène, la morphine, la codéine et tramadol paraissent être d’excellentes alternatives. Il faut éviter les coxibs et le kétoprofène : ils ont plus d'effets indésirables sans pour autant être plus efficaces.
Le traitement ciblé de l’ostéonécrose de la tête fémorale se base uniquement sur la chirurgie. Il existe deux principaux types d’opérations.
La chirurgie conservatrice
Elle est faisable lorsque la maladie se trouve encore en stade 1 et 2. L’opération consiste à réaliser un forage du col fémoral afin de rétablir la nouvelle vascularisation et diminuer la pression intra-articulaire de la hanche. Elle s’effectue sous anesthésie générale.
Il est possible d’effectuer un forage simple ou associé à une greffe de moelle osseuse ou d’os spongieux au sein de la zone de nécrose. L’intervention se fait en ambulatoire, mais il faut marcher avec canne durant 1 mois après l’opération.
Arthroplastie totale de hanche
Elle convient à partir du stade 3 et consiste à poser une prothèse de hanche. Cette dernière est constituée :
d’une tige fémorale implantée à l’intérieur du fémur ;
d’une cupule acétabulaire placée dans le cotyle pouvant être en céramique ou en poly-éthylène (plastique dur) ;
et d’une tête fémorale pouvant être en céramique ou métallique (alliage de chrome et de cobalt).
L’intervention se fait sous anesthésie générale ou rachianesthésie. L’hospitalisation quant à elle dure de 3 à 5 jours.
Il existe deux voies possibles pour l’opération.
Voie postérieure, préférée dans la majorité des cas : plus facile, mais présente un risque de luxation augmenté.
Voie antérieure : plus difficile, avec risque de luxation plus faible.
La reprise de la marche peut se faire dès le lendemain de l’intervention. La reprise du sport quant à elle doit être progressive.
Le recours à la kinésithérapie est également d’une grande aide pour faciliter la remobilisation du membre opéré.
Il faudra diagnostiquer l'affection en cause et la traiter.
Après l’opération, une surveillance doit se faire pour éviter de se confronter à de nouvelles complications.
De ce fait, il faut prévenir la survenue des phlébites (formation de caillot dans les veines) en prenant un anticoagulant pendant 6 semaines.
Il faut aussi être vigilant sur les effets indésirables liés au traitement.
Pour mieux suivre l’évolution du membre après l’opération, un scanner doit se faire à 6 semaines de l’intervention.