Fibrome utérin
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Survenant le plus souvent à bas bruit, les fibromes utérins peuvent parfois altérer la qualité de vie des femmes en occasionnant chez elles des douleurs insupportables, des saignements pendant et en dehors des règles et bien d’autres gènes nécessitant une prise en charge rapide et efficace.
Découvrez, ici, ce qu’est le fibrome utérin, comment reconnaître ses signes, quels risques engendre-t-il, et quelles sont les différentes solutions thérapeutiques qui permettent d’en venir à bout.
Le fibrome utérin, aussi appelé léiomyome ou fibromyome utérin, est la tumeur bénigne la plus fréquente du tractus génital féminin. Elle se développe à partir de la paroi musculaire de l'utérus : le myomètre.
Cependant, bien que dépourvue de risque d’évolution vers la malignité (cancer utérin), cette tumeur peut, dans certains cas, être handicapante pour la patiente (abondance des saignements, anémie par pertes excessives de sang, troubles de la fertilité…).
Le fibrome utérin touche plus fréquemment :
Les femmes en âge de procréer.
Les femmes après l'âge de 35 ans.
Prédominance chez les femmes noires (plus fréquent chez les femmes afro-américaines).
Il est à noter qu'avoir ses règles avant 10 ans, ne pas avoir de grossesse menée à terme, avoir un traitement hormonal lié à la ménopause augmente le risque d'avoir des fibromes utérins.
Les Femmes dont la mère a pris pendant la grossesse du diéthylstilbestrol, un oestrogène de synthèse utilisé en France jusqu'en 1981 en prévention des avortements spontanés ont plus de risques d'avoir des fibromes utérins.
Le fibrome utérin est le plus souvent découvert par hasard. La majorité des patientes sont diagnostiquées lors d’un examen gynécologique de routine ou en bénéficiant d’une échographie prescrite pour un autre problème gynécologique.
Néanmoins, en fonction de sa localisation, de sa taille et de l’importance de son volume, le fibrome peut se manifester, entre autres par :
Sur le plan gynécologique :
Saignements en dehors des règles,
Règles abondantes,
Règles prolongées,
Règles douloureuses,
Pesanteur dans le bas du ventre ;
Douleurs lors de rapports sexuels,
Sur le plan urologique :
Impression d'uriner souvent, de ne pas savoir se retenir, ou d'avoir des urgences urinaires;
Pesanteur et/ou douleurs pelviennes ;
Pression sur l'intestin, entraînant une constipation et des ballonnements ;
Douleurs dans le dos et les jambes ;
Augmentation du volume de l'abdomen.
À noter que ces symptômes sont peu évocateurs et varient d’une femme à l’autre la plupart du temps. Et plus le fibrome est gros et situé dans la cavité utérine, plus il est susceptible d’engendrer de tels symptômes.
En cas de fibrome utérin, le médecin pourra objectiver lors de l’examen clinique de la patiente :
À la palpation : une masse ronde au niveau du bas ventre. Si la tumeur est très volumineuse, elle sera également palpable au niveau de l’abdomen.
Au toucher vaginal : une masse lisse ou bosselée, ferme et solidaire de l'utérus.
Depuis l’avènement de l’échographie et grâce à l’amélioration de la prise en charge du fibrome utérin, les complications sont, aujourd’hui, de plus en plus rares et entraînent de moins en moins de séquelles sur le court comme sur le long terme.
Toutefois, lorsqu’il n’est pas diagnostiqué et pris en charge précocement, le fibrome peut être à l’origine de certaines complications, qui sont notamment plus graves chez la femme enceinte.
Parmi ces complications, figurent :
L'anémie : provoquée par une carence en fer. Elle apparaît lorsque le fibrome entraîne une hémorragie très importante. Dans ce cas, la patiente doit bénéficier, selon l’importance et la tolérance de l’anémie, d’une transfusion sanguine ou seulement d’une supplémentation en fer.
La nécrose aseptique : provoquée par un arrêt brutal et prolongé du flux sanguin du tissu fibromateux de la tumeur. Cliniquement, cette complication peut se manifester par une fièvre (supérieure à 38°C), des douleurs importantes au niveau du bas ventre ainsi que des pertes de sang noirâtres (sang nécrosé)
La torsion d'un fibrome : c’est le cas des fibromes pédiculés, qui sont responsables de douleurs brutales plus ou moins permanentes, et d’une réaction péritonéale marquée avec parfois un état de choc.
La compression d'organes avoisinants : plus le fibrome est gros, plus il est susceptible d’empiéter sur les différents organes avoisinants (vessie, veines, nerfs, rectum et sigmoïde). C’est pourquoi, il est important de faire un examen complet et systématique notamment devant un tableau clinique polymorphe (différents types de symptômes concomitants).
Un retard de règles avec des nausées, des douleurs de seins peut signer un début de grossesse.
D'autres causes peuvent provoquer des saignements en dehors des règles. Il faut consulter un article sur les «saignement vaginaux».
Lors de la consultation gynécologique, le médecin procédera, dans un premier temps, à un examen physique complet et minutieux à la recherche de signes en faveur d’une masse tumorale. Par la suite, la patiente bénéficiera d’une série d’examens complémentaires afin de confirmer l’existence ou non d’un fibrome utérin.
Parmi ces examens complémentaires, nous citerons :
L’échographie pelvienne est l’examen complémentaire indispensable devant un tableau clinique de fibrome utérin. Elle doit être réalisée par voie vaginale grâce à une sonde protégée par un préservatif, et sur le ventre. Elle permet de confirmer le diagnostic, tout en précisant la localisation des fibromes par rapport au pelvis et au myomètre, leur taille et leur nombre.
L’échographie pelvienne permet également d’éliminer les diagnostics différentiels du fibrome tels que : la grossesse intra utérine, un kyste de l’ovaire, etc.
Le signe échographique en faveur du fibrome est : une tumeur de l’endomètre noire d’aspect bénin. On distingue :
Le fibrome sous muqueux : il fait saillie dans la paroi de l'utérus.
Le fibrome sous séreux : il fait saillie dans la cavité abdominale.
D'autres examens peuvent être prescrits en cas de doute
Le scanner abdomino-pelvien ;
L’IRM.
D’autres examens complémentaires sont rarement utilisés, car peu nécessaires :
L’hystéroscopie diagnostique, c'est à dire la caméra dans l'utérus ;
L’Hystérographie, c'est à dire le produit de contraste injecté directement dans l'utérus;
Les professionnels de la santé susceptibles de prendre en charge le fibrome sont :
Le médecin généraliste: celui-ci procédera à un interrogatoire précis et fera bénéficier d’un examen physique complet afin de poser le diagnostic et par la suite prescrire le traitement adéquat.
Le gynécologue: pose le diagnostic, pose des stérilets et donne aussi un avis sur la nécessité ou non d’une éventuelle intervention chirurgicale.
Traitement médicamenteux
1er choix : Le paracétamol est l'antidouleur de référence pour calmer les douleurs.
2e choix : L'Ibuprofène et le Naproxène sont tout aussi efficaces, mais à ne pas utiliser chez la femme enceinte (contre-indiqués).
Quelques conseils pour soulager les symptômes
Appliquer du chaud ou du froid en utilisant des compresses chaudes ou de la glace sur les zones sensibles peut contribuer à atténuer l’intensité de la douleur.
Recourir aux bains chauds, aux massages relaxants ou à certains antalgiques tels que le paracétamol ou l’ibuprofène pour réduire les douleurs et les crampes.
Privilégier une alimentation riche en fibres pour éviter les constipations: fruits et légumes à volonté, céréales complètes… Il faut préciser que la constipation qui s’observe chez une patiente atteinte de fibrome utérin est due à un phénomène compressif (compression des organes digestifs par la masse utérine, surtout si celle-ci est volumineuse), et non à un trouble du transit.
Le pholoroglucinol SPASFON n'est pas utile car inefficace
Il faut savoir que ces conseils peuvent se révéler insuffisants devant un fibrome utérin volumineux.
NB : lorsque l’envie d’uriner devient impérieuse, il faut continuer à boire normalement pendant la journée mais à partir de 18 heures, il faut diminuer l’apport hydrique afin de ne pas devoir se lever trop souvent la nuit.
En cas de gêne occasionnelle :
1er choix : le stérilet aux hormones (lévonorgestrel ) permet de diminuer les règles. Ne pas utiliser en cas de fibromes sous muqueux faisant saillie dans l'utérus.
Il faut s'attendre à des règles irrégulières ou absentes sous ce stérilet. Ne pas utiliser chez la femme enceinte
2e choix :
-la pilules au lévonorgestrel : elle diminue les règles (son efficacité est cependant mal évaluée. Idem, les règles sont parfois règles irrégulières sous ce traitement.
-le Progestatif oral sur une courte durée. La balance bénéfice risque discutable à long terme
À écarter : l'acide tranexamique est un anti fibrinolytique mal évalué dans les fibromes et qui expose à des thromboses
En cas de gêne persistante :
1er choix : l’hystérectomie totale, c’est-à-dire l’ablation totale de l'utérus par voie vaginale (il n'y a pas d'intérêt à préserver le col). Elle est indiquée en cas d’hémorragies incontrôlables, de douleurs abdomino-pelviennes importantes, de troubles de la fertilité ou de tout autre symptôme altérant significativement la qualité de vie et non gérable par les traitements médicaux.
2e choix :
-la myomectomie : c'est une option envisagée lorsque la femme a encore un désir de grossesse. Elle consiste à retirer le ou les fibromes tout en conservant l’utérus en place. La myomectomie n’est pas toujours réalisable, tout dépend de la configuration de fibromes.
-L'embolisation utérine est une alternative envisagée si la patiente n’a pas/plus de désir de grossesse. Elle consiste à bloquer l’irrigation sanguine des fibromes afin de stopper leur développement. Sans apport en oxygène et nutriments, le fibrome arrête de croître et diminue de volume.
-L’ablation de l’endomètre (la couche interne de l’utérus) peut, dans certains cas, être proposée aux femmes non-désireuses de grossesse, et ce, pour diminuer l’importance des saignements. Cette technique est surtout indiquée en cas de fibrome sous-muqueux (la forme la plus fréquemment responsable de saignements).
A noter que la ménopause artificielle donc (médocamenteuse) est à réserver en dernière intention voire à éviter du fait des effets indésirables qu'elle cause.
L'uripristal est un médicament à écarter des soin car trop mal évalué.
Il faut surtout s'assurer de ne pas avoir d'anémie à la suite des saignements répétées. Si c'est le cas, une supplémentation en fer peut être utile.
Il faut s'attendre à ce que la conception et les grossesses soient plus compliqués du fait d'un utérus fibromateux sujets aux avortement spontanés, de retard de croissance intra utérins, d'accouchement prématuré et de saignements.
L'accouchement peut également être plus compliqué compliqué du fait de compression du fibrome, d'hémorragie notamment lors de l'accouchement ou de l'expulsion du placenta. Ces risques devront être maîtrises par l'équipe de la maternité.
Les fibromes utérins involuent à la ménopause