Cancer du sein
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Très répandu, le cancer du sein concerne aujourd’hui des millions de femmes dans le monde entier. Comment reconnaître le cancer du sein ? Comment le diagnostiquer ? Comment le traiter ? Est-il possible de s’en sortir vivant ? Découvrez les réponses dans cet article.
Le cancer du sein est le type de cancer le plus fréquent chez la femme. Il se traduit par la présence de cellules anormales qui se multiplient de façon anarchique dans le sein.
Il existe différents types de cancer. Les plus fréquents sont :
le cancer canalaire: qui borde les canaux de lactation ;
le cancer lobulaire: qui affecte les lobules (sac qui produit le lait).
Lorsque la tumeur reste dans le tissu d’origine sans déborder, on le dit « in situ », sinon il est dit « invasif » ou « infiltrant ». Elle peut aussi atteindre les ganglions ou le reste du corps et donner des métastases.
Certains cancers sont également sensibles aux hormones, on les qualifie de cancers « hormonodépendants » ou « hormonosensibles ».
Le cancer du sein touche le sexe féminin dans 99 % des cas. Il survient généralement avec l’âge ce qui veut dire que plus la personne gagne de l’âge, plus le risque augmente.
Par ailleurs, il s’avère que des facteurs génétiques jouent aussi un rôle majeur dans son apparition.
En premier lieu, il y a la génétique familiale. Elle indique que les probabilités pour qu’une personne soit atteinte du cancer du sein s’accroissent lorsque :
un cancer du sein a été diagnostiqué chez deux parentes du premier degré ;
des parentes du premier degré ont développé un cancer de l’ovaire, du côlon (gros intestin) ou du rectum ;
une parente du premier degré a développé deux cancers du sein ;
si un parent masculin a développé ce type de cancer.
Cette transmission génétique concerne notamment les gènes BRCA1 et BRCA 2 mutés. Ce sont les gènes de prédisposition au cancer du sein ainsi qu’au cancer de l’ovaire.
En second lieu, il y a la génétique personnelle. Elle fonctionne selon le principe que si un côté du sein est affecté par un cancer, le risque d’en avoir de l’autre côté augmente également.
Enfin, il existe aussi d’autres facteurs de risque potentiels comme :
la radiothérapie ;
l’exposition aux œstrogènes :
l’arrivée des premières règles avant l’âge de 12 ans ;
la survenue de la ménopause après 50 ans ;
les femmes qui n’ont pas eu d’enfant (les œstrogènes diminuent fortement pendant la grossesse et l’allaitement maternel) ou celles qui ont eu leur premier enfant après l’âge de 35 ans ;
l’obésité (la graisse produit des œstrogènes), en particulier après la ménopause ;
le traitement hormonal substitutif durant plus de 5 ans ; contraception orale durant plus de 4 ans (augmente légèrement le risque, mais diminue celui d’avoir un cancer de l’ovaire) ;
la consommation abusive d’alcool ;
le tabagisme actif ou passif ;
l’absence d’exercice physique régulier.
D’après les statistiques, le cancer du sein est plus fréquent chez les femmes de plus de 50 ans, presque 80% des cas. L’âge moyen pour son développement tourne généralement autour des 61 ans.
En France, on constate près de 52 000 nouveaux cas par an.
Les principaux signes suspects d’un cancer de sein sont :
la perception d’une tuméfaction non douloureuse au niveau du sein ou de l’aisselle ;
l’existence d’écoulement d’un ou des deux seins.
Pour poser le diagnostic du cancer de sein, le médecin réalise différents examens cliniques.
À l’inspection, il peut déceler la présence d'anomalie: une déformation à jour frisant, une rétraction de peau, une lésion rouge d'aspect eczéma (cela signifie une atteinte des canaux proches du sein, que l'on appelle maladie de Paget du mamelon) ou d’un écoulement sérosanglant.
Par palpation comparative des deux seins en position assise, couchée, il peut constater une tuméfaction irrégulière indolore, mobile ou adhérente au grand pectoral, ferme.
En outre, il perçoit également le développement d’une adénopathie (ganglion) axillaire (à l'aisselle) non douloureuse et dure.
Comme le cancer est une maladie extrêmement délicate, il est très important de rester vigilant les éventuels formes compliquées.
Pour le cancer du sein, l’anorexie, l’amaigrissement, l’asthénie, les nausées, les douleurs des os et les troubles de la vision sont des signaux d’alerte qu’il faut prendre en compte. Ils témoignent généralement du stade avancé du cancer.
Il en est de même en cas de sein inflammatoire. Ce dernier indique un carcinome inflammatoire.
En cas de suspicion du cancer du sein, le médecin prescrit toujours, dans un premier temps, des examens d’imagerie comme :
une mammographie des deux seins: elle est effectuée en première partie de cycle, entre le 8e et le 12e jour après le début des règles. Au cours de l’examen, les seins sont pressés entre deux plaques. À l’image, on observe une masse opaque de densité hétérogène avec halo clair œdémateux-spiculé, rétractile, à bords irréguliers. Dans d’autres cas, on détecte des masses microcalcifiées punctiformes en nombre élevé. Elles se trouvent en foyer et sont irrégulières. Ces derniers indiquent un cancer canalaire in situ.
Une échographie mammaire: elle s’applique en cas de doute sur les résultats de la mammographie. Elle permet de mieux caractériser le nodule se développant à l’intérieur du sein. En cas de cancer de sein, on aperçoit à travers cette échographie, un nodule hypoéchogène sans renforcement, désorganisé, de taille plus haute que large, à bords irréguliers.
Par rapport aux images obtenues par mammographie et par échographie, on peut définir le stade de la maladie ainsi que la présence ou non d’anomalies. Cela se fait par le biais du système BIRADS de l’American College of Radiology (ACR) qui va classer les images en 6 catégories :
ACR 0 : attente imagerie
ACR 1 : mammographie normale
ACR 2 : anomalie bénigne
ACR 3 : anomalie probablement bénigne, mais qui nécessite une surveillance dans les 3 à 6 mois
ACR 4 : anomalie suspecte
ACR 5 : anomalie très suspecte
ACR 6 : anomalie histologiquement cancéreuse
Si le ACR est de 4, 5 ou 6, le médecin peut passer aux tests de confirmation.
Une ponction cytologique
Elle est réalisable si le nodule est palpable. Le résultat montrera une valeur positive.
Une biopsie au pistolet ou mammotome (multiples) avec ou sans guidage scanographique stéréotaxique, sous anesthésie locale
Elle consiste à prélever des cellules au niveau des tissus de la poitrine pour ensuite les analyser en laboratoire.
Pour ce type de biopsie, on utilise un clip de repérage relié à un fil métallique qui sort de la peau et qui est protégé par un pansement.
Cet examen peut non seulement affirmer avec certitude le diagnostic du cancer du sein, mais aide aussi à déterminer le type de cancer existant.
Les plus fréquents sont l’adénocarcinome canalaire et adénocarcinome lobulaire.
Les plus rares sont :
le carcinome mucineux ou colloïde : ce cancer du sein se développe plutôt chez les femmes de 60 à 70 ans ;
le carcinome papillaire : ce cancer du sein n’est pas toujours invasif. Lorsqu’il l’est, il touche plutôt les femmes âgées ;
le carcinome médullaire: ce cancer du sein invasif est plutôt diagnostiqué chez les femmes de moins de 50 ans. Chez les femmes jeunes, sa présence fait suspecter une prédisposition génétique au cancer du sein ;
le carcinome tubuleux : ce cancer du sein invasif à tendance à être de petite taille et diagnostiqué chez les femmes de 55 ans et plus. Malgré sa nature invasive, il ne se propage que rarement hors du sein atteint.
La biopsie mammaire permet aussi d’évaluer le degré d’agressivité du cancer. C’est-à-dire, s’il est agressif ou in situ.
Enfin, avec les échantillons, on passe à la recherche des marqueurs. Ils s’agissent surtout :
des récepteurs progestérone et œstrogènes : si le résultat est positif, le patient obtient un meilleur pronostic ;
du gène HER2 appelé « Récepteur 2 du Facteur de croissance épidermique humain ». Une activation de ce gène dans les cellules du cancer du sein est le signe d’une capacité de croissance importante.
Détermination du profil génétique
Elle repose sur la recherche de mutation, en particulier les gènes BRCA1 et 2.
Le bilan d’extension est utile pour voir si le cancer est encore localisé ou s’il a migré vers d’autres organes du corps.
Pour ce faire, le médecin préconise divers examens comprenant :
un bilan biologique complet : NFS, ionogramme : Ca, ASAT-ALAT-PAL-GGT, BL, BC, Créatininémie, ACE, CA15-3 ;
des examens d’imagerie : radio pulmonaire, échographie hépatique, scintigraphie osseuse Tc99m ;
IRM sein et thorax et Scanner cérébral : pour la recherche de métastases.
En présence de masse bénigne, le diagnostic peut être orienté vers un fibroadénome du sein ou un kyste.
Les professionnels ayant les compétences nécessaires pour la prise en charge du cancer du sein sont : le gynécologue et l’oncologue. Il se réunissent dans des RCP (réunion de concentration pluridisciplinaire). Le médecin généraliste aura un rôle de dépistage. Le pharmacien un rôle de conseil et d'orientation.
Il est important de souligner que le traitement d’un cancer du sein diffère d’une personne à l’autre. Cela dépend surtout des caractéristiques de la tumeur et des souhaits de la patiente. Les choix en sont d’ailleurs nombreux.
La chirurgie
Il s’agit d’une mastectomie partielle ou totale accompagnée ou non d’un curage axillaire. Pour savoir si les ganglions axillaires sont malades, le médecin envoie un produit dans la tumeur et regarde si les ganglion autour sont atteints).
La radiothérapie
Elle consiste à supprimer les cellules cancéreuses résiduelles à l’aide de rayons. Elle est indiquée dans les douze semaines d’une chirurgie partielle et parfois aussi en cas de chirurgie totale. Elle est souvent administrée pendant cinq jours consécutifs (à raison d’une séance par jour) durant cinq semaines, parfois seulement trois semaines.
La curiethérapie est une forme de radiothérapie qui consiste à introduire une source de rayon x au plus près de la tumeur par le biais de tubes en plastiques fins.
Les effets indésirables de la radiothérapie peuvent être une sécheresse ou une irritation de la peau.
La chimiothérapie
Son action vise à bloquer la prolifération des cellules cancéreuses. Elle est souvent prescrite en cas de cancer invasif et est mise en place 3 à 6 semaines après la chirurgie.
Parfois, la chimiothérapie a lieu avant la chirurgie pour diminuer la taille de la tumeur.
Le traitement consiste en 4 à 6 séances de perfusion intraveineuse espacées de 3 semaines.
La chimiothérapie comporte de nombreux effets indésirables, dont la chute des cheveux, des sécheresses, asthénie...
Pour faciliter les cures, il peut être nécessaire de poser un port-à cath. C'est un boîtier placé sous la peau et relié à une veine du cou. Il sert de porte d'entrée aux cures de chimiothérapie.
Les traitements hormonaux :
Ils bloquent la croissance des cancers hormono-dépendants. Parmi eux, on peut citer :
les anti-œstrogènes (tamoxifène, torémifène et fulvestrant) : bloquent l’action des œstrogènes ; Noter que l’usage de tamoxifène en prévention chez les personnes porteuses de mutation BRCA1 ou 2 est inefficace. Ce traitement est à écarter.
les inhibiteurs de l’aromatase (anastrazole, exémestane, létrozole) : bloquent la production des œstrogènes ;
les progestatifs (acétate de médroxyprogestérone, acétate de mégestrol) ;
les agonistes de la GnRH (goséréline et leuproréline) : bloquent la production des hormones par les ovaires.
Les thérapies ciblées
Elles consistent à injecter des anticorps ou autres substances bloquant la croissance des tumeurs du sein.
À la suite du traitement du cancer du sein, vous devriez suivre des contrôles médicaux réguliers rapprochés puis espacés une fois par an. La prise en charge assure un taux de près de 85 % de survie à 5 ans.
Toutefois, le pronostic dépend des paramètres suivants :
l’âge: les cancers du sein chez les patientes jeunes se soignent moins bien que chez les patientes plus âgées ;
l’aspect de la tumeur: une grosse tumeur sera plus difficile à traiter ;
les particularités microscopiques de la tumeur ;
la présence de signes d’inflammation, ou l’atteinte des ganglions de l’aisselle, ou la présence de métastases dans d’autres organes sont des signes de plus grande gravité ;
l’activation du gène HER2 est un signe de gravité ;
les cancers du sein dits « hormonodépendants » sont d’un meilleur pronostic.
Il faut aussi surveiller régulièrement les marqueurs tumoraux : CA15-3 et ACE.
Le pronostic du cancer du sein dépend de plusieurs facteurs, notamment le stade du cancer au moment du diagnostic, la taille de la tumeur, la présence ou l'absence de métastases, les caractéristiques moléculaires du cancer, l'âge de la patiente et d'autres facteurs individuels.
En général, plus le cancer du sein est détecté précocement, meilleures sont les chances de guérison et de survie à long terme. Les stades précoces (stades 0, I et II) ont généralement de meilleurs pronostics, avec des taux de survie élevés. Les stades plus avancés (III et IV) peuvent présenter des pronostics moins favorables, bien que les progrès récents dans les traitements aient amélioré les perspectives pour de nombreuses patientes.
Les traitements du cancer sont généralement des traitements lourds et invasifs. Par conséquent, des précautions sont à prendre afin de lutter contre les complications.
Le risque d'apparition de lymphœdème à cause d’un curage axilliaire et d’une radiothérapie peut être limité par la pratique du technique du ganglion sentinelle et aussi par la pratique du drainage lymphatique par un kiné, l'utilisation d'un manchon élastique compressif, et la lutte contre l’obésité. Évitez la pratiquer d’activité à risque d’infections ;
En ce qui concerne la déformation esthétique du sein, il existe quelques astuces pratiques et efficaces.
Porter une prothèse externe (dans le soutien-gorge) : cela est possible dès 1 mois après chirurgie. La prothèse peut être en textile ou en silicone. Les prothèses en silicone quant à eux ont l’avantage de pouvoir se placer dans le soutien-gorge ou être adhérentes à la peau. Et pour un meilleur soutien, des maillots adaptés aux prothèses sont aussi désormais disponibles.
Effectuer une reconstruction : elle se fait dans un second temps ou au même moment que la chirurgie du cancer du sein. Quelle que soit la méthode elle nécessite 2 ou 3 interventions.
On peut choisir la reconstruction par lambeau, qui se fait avec des muscles du dos de la patiente. C’est une chirurgie plus lourde dont le processus dure un an et demi.
On peut choisir aussi la reconstruction par prothèse interne (l'implant mammaire). Pour ce faire, le chirurgien pose d’abord à l’intérieur de la peau un implant plat appelé «prothèse d’extension» qu’il gonfle progressivement. Après 2-3 mois l’implant final est implanté. L’inconvénient est d’avoir une forme harmonieuse entre les deux seins. Au bout de quelques années, il peut être nécessaire de remplacer l’implant.
Pour diminuer les effets indésirables de la radiothérapie, voici quelques conseils pratiques :
utiliser un savon surgras, éviter les bains chauds et les douches prolongées, ne savonnez pas la zone traitée ou faites-le doucement avec la main, séchez-vous en tapotant avec une serviette douce puis appliquez une lotion hydratante pour peau très sèche (mais pas avant la séance de radiothérapie, plutôt après) ;
sur la zone de peau traitée, n’appliquer ni parfum, ni déodorant, ni talc ;
essayer de ne pas porter de soutien-gorge (ou un sans armature), privilégier les vêtements en coton ;
éviter d’exposer la zone traitée au soleil pendant au moins un an après la fin du traitement.
Pour minimiser les effets indésirables de la chimiothérapie, il n’y a rien de tel que de pratiquer du sport. Et, en ce qui concerne les retentissements psychologiques, demander un accompagnement serait l’idéal.
Enfin, en cas de souhait de contraception, préférer les méthodes non hormonales.
Les préventions contre les facteurs de risques
Même après la prise en charge du cancer du sein, les facteurs de risques restent toujours des éléments à ne pas négliger. De ce fait, en cas d’obésité ou d’addiction à l’alcool et au tabac, ne pas tarder à demander un accompagnement.
En outre, pour les femmes à risques élevés de cancer, mieux vaut discuter d’une mastectomie préventive.
La prévention contre les récidives
Afin de s’assurer qu’il n’y ait plus de récidives du cancer du sein, la personne ayant eu un antécédent de la maladie devra entamer une surveillance accrue sur l’autre sein.
Pour les personnes à forte prédisposition génétique, il faut prévoir un dépistage familial, puis une mastectomie bilatérale préventive (chez les personnes ayant des mutations BRCA1 ou 2).
Enfin, pour la population en général, un dépistage tous les deux ans chez les non-malades à partir de 50 ans est recommandé.
Mais attention, ce n'est pas la panacée. Sur 1000 femmes dépistées : 4 évitent le décès, 13 reçoivent un traitement pour rien (faussement positives) et 150 présenteront un nodule non cancéreux ayant entraîné du stress.