Acné vulgaire
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Véritable torture pour les adolescents, l’acné est une affection cutanée très fréquente et chronique. Bien qu’elle soit généralement passagère, elle ne manque pas de nuire à l’aspect esthétique du visage et à l’estime de soi. Quelles solutions pour s’en débarrasser et comment faire pour la prévenir ? Voici tout ce que vous devez savoir sur l’acné vulgaire.
L’acné est une maladie dermatologique chronique et très fréquente. Elle est liée à une hypersécrétion de sébum et une obstruction du canal excréteur du follicule pilo-sébacé. Cela entraîne la formation de bouton blanc ou bouton noir appelé comédon. L’acné survient généralement chez les adolescents.
Le mot "vulgaire" veut dire "répandu".
Les glandes pilo-sébacées situées sous la peau sont responsables de la formation du sébum : un liquide gras qui assure la protection de la surface cutanée. Sous l’action des hormones, notamment à l’âge de la puberté, la production de ce liquide est augmentée causant ainsi l’obstruction du canal excréteur. Des microkystes appelés comédons apparaissent ensuite. Sous l’effet des bactéries de la peau, ces derniers peuvent s’enflammer et devenir des papules ou nodules quand ils sont plus gros ou pustules quand ils contiennent du pus.
Hormonale : le réveil des hormones sexuelles à l’adolescence est la cause la plus fréquente de l’apparition de l’acné.
Hyperandrogénie : une personne qui sécrète beaucoup d’hormone androgène est beaucoup plus susceptible d’avoir une acné vulgaire. Ce sont entre autres les personnes qui possèdent des poils de barbe ou des poils sur la poitrine, des cheveux clairsemés…
Génétique : la majorité des membres d’une famille présente une acné sévère.
Médicamenteuse : certains médicaments favorisent l’apparition d’acnés. On parle surtout d’androgène, de progestatifs, de corticoïdes, d’antitumoraux, de psychotropes (lithium), d’antiépileptique ou de certains immunodépresseurs.
La maladie de Cushing : dans certains cas, cette maladie rare peut aussi être à l’origine d’une acné vulgaire. Elle est souvent accompagnée d’une obésité ou de signes de bosse de bison.
Notez que l’alimentation n’a aucun lien avec l'acné.
L’acné touche environ 70 % de la population à un moment ou à un autre. Elle apparaît surtout chez les adolescents. Toutefois, elle se voit également chez les jeunes adultes et les adultes, notamment le genre féminin.
L’acné se manifeste par des boutons blancs ou noirs sur la zone concernée. Il s’agit notamment d’un problème d’ordre esthétique. S’il n’y a pas de complication, cette affection reste tout à fait bénigne.
L’examen clinique devant une acné est dominé par l’inspection. Le but est de déterminer la gravité des lésions cutanées. Le médecin ou le dermatologue regarde en particulier sur le visage, les épaules et le torse étant donné que ce sont des zones riches en glandes pilo-sébacées. Voici les différents stades de gravité d’une acné :
Grade 0 : Pas d’acné
Il est possible que la peau soit d’un aspect luisant et gras.
Grade 1 : acné très légère
On aperçoit de rares points blancs qui sont des comédons fermés ;
Les points noirs ou comédons ouverts sont aussi rares ;
Présence de rares papules ;
Pas de pustules ni de nodules.
Grade 2 : acné légère
Quelques points noirs et points blancs ;
Présence de quelques papules et de pustules ;
Pas de nodules ;
La zone atteinte ne couvre pas la moitié du visage.
Grade 3 : acné moyenne
On aperçoit de nombreux points noirs et de points blancs ;
Présence de nombreuses papules et de pustules ;
Présence de quelques nodules ;
Les boutons apparaissent sur plus de la moitié du visage
Grade 4 : acné sévère
On voit beaucoup de points noirs et de points blancs ;
Les papules et les pustules sont nombreuses ;
Présence de quelques nodules seulement ;
Les lésions couvrent tout le visage.
Grade 5 : acné très sévère
Présence de nombreux points noirs et de points blancs ;
De nombreuses papules et pustules ;
Les nodules sont également plus nombreux ;
L’acné apparaît sur tout le visage.
Une acné vulgaire peut se compliquer vers une acné sévère ou fulminante. Cette dernière peut se manifester par différents signes à savoir
macrokystes (des gros kystes),
nodules inflammatoires,
abcès,
fistules avec évolution en cicatrices (se sont des trajet de pus sous la peau),
brides chéloïdes (des mauvaises cicatrices),
fièvre,
douleurs articulaires et musculaires,
altération de l’état général.
Il est possible que les boutons sur le visage ne soient pas une acné vulgaire, mais un signe d’une pathologie particulière. Par exemple, une rougeur brusque sur le visage en absence de comédon peut évoquer une rosacée populo pustuleuse. Aussi, une lésion du pourtour de la bouche en absence de comédon suscite la présence de dermatite périorale. Consultez "lésion de peau" en cas de doute.
Pour traiter l’acné, le médecin généraliste est le praticien de première ligne. Le dermatologue viendra en recours pour donner son expertise et prescrire les traitements spécialisés. Le pharmacien donnera ses conseils et orientera si besoin.
Dans le cas où l’inflammation de l’acné est plus ou moins importante, il est possible que des douleurs surviennent. Dans ce cas, vous pouvez prendre du paracétamol pour les calmer.
Les produits pour matifier la peau n’ont pas d’effets prouvés sur l’acné. Quant au maquillage, il masque bien les boutons, mais favorise l’acné. En effet, il participe à l’obstruction des pores.
Il est important d’évaluer le stade de gravité de l’acné, car le traitement en dépend.
Une bonne hygiène est avant tout conseillée. Faire une toilette douce deux fois par jour avec un nettoyant sans savon ou syndet. Ne pas oublier de se rincer soigneusement et de se laver les mains après applications. Cela permet d’éliminer temporairement l’excès de sébum.
Si cela ne suffit pas, on essaiera chaque palier par période de 3 mois, jusqu'à ce qu'on trouve le bon traitement.
Palier1: traitement local
Palier 2: antibiotiques oraux
Palier 3: hormones
Palier 4: isotrétinoïdes
Les traitements locaux
En premier choix, on utilise du peroxyde de benzole en application locale. Il s’agit d’un régulateur de sébum et d’un antibactérien. Il est déconseillé pour la femme enceinte.
En deuxième intention La clindamycine ou l’érythromycine en local peut aussi être utilisée.
En dernier lieu, il est aussi possible d’utiliser le rétinoïde en crème (adapalene, isopalene, isotrétinoïne, tretinoïne topique). Ce dernier est interdit chez la femme enceinte, car il y a un risque de malformation chez le bébé à naitre
Les antibiotiques oraux
Le médecin peut prescrire de la doxycycline à utiliser pas plus de 3 mois. Au cours du traitement, le patient doit se protéger du soleil. Ce médicament est interdit chez la femme enceinte ou allaitante. Il est responsable d’une anomalie dentaire chez le bébé.
-Erythromycine en traitement oral est l'alternative.
Les hormones
Le médecin peut également conseiller du lévonorgestrel afin de diminuer l’acné. Ce médicament est réservé à la femme puisqu’il s’agit d’une pilule contraceptive.
Isotrétinoide par voie orale
Il est prescrit par un dermatologue uniquement. Il est indiqué pour traiter une acné très sévère, il peut être associé à un corticoïde. Pour les femmes, une contraception est obligatoire pendant le traitement, car ce dernier est responsable d’une malformation du bébé en cas de grossesse. Bien évidemment, le consentement du patient est obligatoire.
Les traitements encore mal évalués
Les produits pour « réguler le sébum » n’ont pas d’effet prouvé.
La microchirurgie de l’acné ou « nettoyage de la peau » qui consiste à faire des micro-incisions sur les points noirs ou blancs, à faire sortir le sébum et parfois d’appliquer un acide présente un risque accru de cicatrices.
Photothérapie dynamique : efficace à court terme, mais il existe un risque de brûlure, de noircissement de la peau et d’irritation.
Les fausses bonnes idées :
Presser le bouton pour en faire sortir les points blancs ou noirs : favorise le développement de gros kystes inflammatoires qui seront à l’origine de cicatrices.
Raser la peau acnéique : peut irriter ou blesser la surface cutanée.
Les gommages de la peau irritent parfois la peau ou provoquent des eczémas. De plus, leur efficacité n’est pas prouvée.
Les produits cosmétiques à base de plantes irritent parfois la peau ou provoquent des eczémas et leur efficacité n’est pas prouvée.
Les antiseptiques moussants n’ont pas prouvé leur efficacité et sont irritants pour la peau.
Les gels moussants et autres produits cosmétiques appelés alphahydroxyacides réduisent les comédons, mais sont irritants pour la peau.
Le cyproterone DIANE expose aux risques de phlébite.
L’exposition aux rayons UV ou au soleil rend les lésions moins visibles, mais provoque une poussée importante après la période d’exposition et colore parfois les cicatrices.
Les complications sur le long cours des boutons d’acné sont souvent d’ordre esthétique. En effet, ils peuvent laisser des traces de cicatrice ou d’une hyperpigmentation, surtout si on applique les mauvais traitements. Chez certaines personnes, cela peut entraîner une altération de la vie sociale et de la confiance en soi. Un état dépressif peut donc s’en suivre. Se faire accompagner est parfois nécessaire.
L’acné régresse généralement à l’âge de 20 à 25 ans.
Maintenir un bon dialogue avec l'entourage pour préserver l'estime de soi. Si besoin, prendre un accompagnement.
Préférez les produits cosmétiques non gras et non occlusifs pour les pores ;
Évitez les nettoyants astringents, les antiseptiques moussants et les produits desséchants (parfum, alcool) ;
Utilisez une crème hydratante fluide pour prévenir le dessèchement de la peau souvent provoqué par les médicaments contre l’acné ;
Évitez l’exposition au soleil et aux UV, car cela aggrave les poussées d’acnés et l’hyperpigmentation ;
Arrêter les médicaments suspectés d’entraîner l'acné
Dépister l'hyperandrogénie et la maladie de Cushing dans les cas compliqués
Retenez que l’alimentation n’a aucun lien avec les boutons d’acné. Il est inutile de suivre un régime alimentaire.