Cystite chez la femme
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L’infection urinaire ou cystite aigüe est courante chez la femme et constitue un des motifs de consultation les plus fréquents. Si traitée dans les temps, elle peut être guérie rapidement. Toutefois, dans certains cas, la maladie peut récidiver, ce qui peut entraîner la vie dure. Quelles sont les causes d’une infection urinaire de la femme ? Comment prévenir et traiter la cystite aigüe ? Nous allons faire le point sur ce sujet dans cet article.
L’infection urinaire de la femme se traduit par une inflammation de la vessie et des voies urinaires.
La cystite ou infection urinaire de la femme est généralement liée à une croissance bactérienne à l’intérieur de la vessie et de l’urètre. Elle est souvent provoquée par la migration de microbes pathogènes depuis l’orifice urinaire. En effet, le méat urinaire externe est situé à proximité de l’anus et du vagin qui sont colonisés par de nombreux microbes. Le risque de contamination est de ce fait important. La bactérie souvent en cause lors d’une infection urinaire chez la femme est Escherichia coli.
La cystite aigüe touche notamment les femmes adultes et celles qui sont sexuellement actives.
Au cours d’une infection urinaire, la femme éprouve des brûlures à faible intensité (évalué de 1 à 3 sur 10) dans le bas ventre ou plus précisément au niveau de l’hypogastre (au-dessus du nombril).
La douleur apparaît de manière progressive et se prolonge toute la journée en absence de prise en charge. Il s’agit notamment d’une douleur aigüe qui peut devenir persistante dans certains cas.
Pour ce qui est de la fonction urinaire, la cystite déclenche des envies impérieuses d’uriner : plus de 7 fois par jour ou plus de 2 fois par nuit (pollakiurie). La quantité de l’urine de l’individu est également diminuée. Ces signes peuvent s’accompagner d’une brûlure mictionnelle ou d’une présence de sang dans les urines (hématurie).
Notez que la patiente ne ressente pas de démangeaison vaginale ni de perte sale.
En générale, une femme atteinte d’une infection urinaire ne présente pas de fièvre. Les principaux signes sont l’aspect trouble de l’urine et la présence de sang dans celles-ci. La personne pourra également sentir une douleur dans le bas du ventre au cours de la palpation. Par contre, elle ne ressent rien si on tape sur les reins (ébranlement lombaire).
Voici les signes et les cas possibles d’une complication d’une cystite aigüe chez la femme:
Fièvre, frisson, fatigue, douleurs au niveau des reins, nausée, vomissements doivent faire penser à une infection des reins (pyélonéphrite) ;
Antécédents de malformation urinaire: risque d’insuffisance rénale ;
Insuffisance rénale: risque d’aggravation de la maladie ;
Immunodépression: risque d’infection des reins (pyélonéphrite).
Cystite récidivantes: s'il existe au moins 4 épisodes par an.
L’infection urinaire est également plus préoccupante si elle survient chez une fille de moins de 15 ans ou chez une femme âgée.
On doit également prêter attention à toute infection chez une diabétique non contrôlée.
Si le sujet constate des douleurs peu marquées en urinant, il peut s’agir d’autres types de brûlures urinaires. Par ailleurs, en cas d’écoulements vaginaux, de démangeaison vaginale et vulvaire et de douleurs lors des rapports sexuels, il faut penser à une vaginite.
Aucun examen n'est utile en l'absence de complication.
Pour compléter le diagnostic de l’infection urinaire et en cas de doute, le médecin peut demander des examens complémentaires.
L’examen cytobactériologique ECBU :
Examen direct : positif si le nombre de germes supérieur à 10 000/mm3 (ou 1000 pour la bactérie E.Coli).
Leucocytes: positif si supérieur à 10 000/mm3 chez l’adulte.
Mise en culture: Positif à un germe. L’antibiogramme montre ensuite à quel antibiotique le germe est sensible.
L’analyse sur bandelette urinaire :
Sang/Blood: peut être minime ou élevé.
Nitrite (substance dégagé certaines par les bactéries): peut être minime ou élevé.
Leucocytes (globule blanc de défense du corps): peut être minime ou élevé.
Leucocytes: normaux : 4000-10000/mm3 (pas de signe d’inflammation).
CRP: inférieur à 5 mg/l (pas de signe d’inflammation)
En cas de suspicion d’infection urinaire chez la femme, il convient de consulter un médecin ou pharmacien au plus vite.
Pour soulager les symptômes gênants d’une infection urinaire, il est important de faire boire au moins 1,5 litre d’eau par jour. La patiente devra également vider sa vessie dès l’apparition d’une envie fréquente d’uriner. Cela permet de rincer la vessie et d’éliminer les agents pathogènes.
Si la douleur est plus ou moins intense, il est possible de conseiller du paracétamol pour la calmer. Par contre, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, naproxène) sont proscrits. Ils risquent d’aggraver la situation.
Pour traiter la cystite aigüe ou l’infection urinaire sans complication chez la femme, l’antibiotique de première intention est le fosfomycine trométamol. Il s’agit d’un antibiotique en dose unique.
En deuxième intention, le médecin peut opter pour le Pivmécillinam 400 mg. La patiente devra prendre ce médicament matin et soir pendant 5 jours. D’autres antibiotiques peuvent venir en dernier recours. Le choix se fait notamment selon le cas et le médecin traitant.
Cependant, il faut éviter les aminosides en raison de leur toxicité envers les oreilles. Veillez également à utiliser le Ceftriaxone et le Cefixime seulement en cas de maladie grave. Cela permet de limiter le risque de résistance.
Les symptômes de l’infection urinaire de la femme s’atténuent spontanément après 48 heures chez 25 % des femmes.
Il faut rester vigilant : une infection urinaire qui se répète plus de 3 fois par an est dit récidivante. Il faut alors demander les conseils du médecin en ce qui concerne les infections urinaires récidivantes.
En tout cas, voici quelques précautions pour éviter les risques de cystite aigüe :
boire 2litres d’eau par jour.
Uriner souvent. Ne pas se retenir d’uriner.
S’essuyer d’avant en arrière de manière à ne pas ramener de selles vers l’avant.
Uriner après les rapports sexuels.
Ne pas utiliser de produits intimes parfumés.
Ne pas pratiquer de douches vaginales.
Éviter l’utilisation de spermicides.
Boire du cranberry (efficacité modeste, ne permet pas de guérir).
Dans le cas d’une infection urinaire qui survient après un rapport sexuel ou après l’utilisation de spermicide, il faut uriner après l’acte et éviter l’utilisation de ces produits.