Spondylolisthésis
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Le spondylolisthésis est un mot un peu barbare que l'on découvre souvent par hasard sur un compte rendu de radiographie. De quelle maladie s’agit-il exactement ? Comment peut-on le traiter ? Nous allons le découvrir dans cet article.
Le spondylolisthésis vient du mot : « spondylo » qui signifie vertèbres et du mot « listhésis » qui signifie glisser. Il s’agit d’un glissement vers l’avant d’une vertèbre par rapport à une autre vertèbre située juste en dessous.
Le glissement vertébral est une maladie anatomique qui peut survenir sur l'ensemble de la colonne vertébrale. Mais elle se localise le souvent dans le bas du dos, entre les vertèbres lombaires numero 4 et 5 (L4-L5), voire encore plus bas, entre la vertèbre lombaire 5 et la première vertèbre du sacrum (L5-S1) .
Il existe 3 grands types de causes:
Le spondylolisthésis par lyse isthmique
Ce spondylolisthésis est dû à la fatigue de l’isthme vertébral entrainant la fracture de ce dernier.
L’isthme est la partie postérieure d’une vertèbre qui l’unit aux autres vertèbres.
La fracture de l’isthme est souvent le résultat des activités sportives intenses tel que l’équitation, la gymnastique ou le sport de lancer. Des fois, elle résulte aussi d’une position de travail qui oblige à se pencher en avant ou à porter de charge lourde.
Ce type de spondylolisthésis concerne 8 % de la population.
Le spondylolisthésis dégénératif
Il est provoqué par une maladie articulaire ou une arthrose qui touche les articulations des vertèbres. Cette forme est rencontrée chez les adultes et les personnes âgées. Il est lié au vieillissement.
Le spondylolisthésis congénital
Il s’agit d’une forme rare de spondylolisthésis. Ce type est d’origine congénitale, c'est à dire lié à une malformation de naissance. La maladie est révélée chez les adolescents et les jeunes.
Il existe aussi d’autres facteurs qui entrainent rarement le spondylolisthésis. Par exemple un traumatisme important, une tumeur ou une chirurgie.
Le spondylolisthésis est une maladie peu fréquente. Il touche 5 % de la population.
Le spondylolisthésis est souvent à symptomatique. On la découvre par hasard sur une radio. Toutefois dans certains cas, le malade peut présenter les symptômes suivants :
lombalgies: ce sont des douleurs lombaires. Elles s’accompagnent parfois d’une douleur tout au long de la jambe (la sciatique) ;
dorsalgies: des douleurs au dos auxquels peuvent s’associer une douleur aux jambes. Les douleurs s’accentuent avec l’effort ;
cervicalgies: des douleurs au cou ou à la nuque ;
radiculalgies: ce sont les douleurs liées aux nerfs.
En cas d’atteinte de spondylolisthésis, le praticien constatera une diminution des amplitudes articulaires chez le patient. La mobilité de l’individu est limitée.
À la palpation, il retrouve des douleurs localisées au niveau du dos (à proximité du glissement de vertèbres) , et au niveau des nerfs qui passent à côté. Il perçoit des contractures des muscles dans cette région. Il faut bien comprendre qu'aucun de ces signes ne sont réellement spécifiques de la maladie.
Des complications peuvent survenir avec le développement d'un spondylolisthésis.
Par exemple, la compression d'un nerf au niveau de la colonne vertébrale entraîne une douleur irradiant tout le long du trajet. C’est la "radiculalgie".
Au pire, on peut voir apparaître un "syndrome de la queue de cheval" . C’est une compression des dernières racines nerveuses de la colonne vertébrale (qui on une forme de queue de cheval). Cela entraîne une faiblesse musculaire et un engourdissement dans toute la zone innervée: de la vessie au rectum, avec perte du contrôle urinaire et fécal.
Pour diagnostiquer la présence d'une spondylolisthésis, des examens d’imagerie sont à réaliser.
La radiographie rachidienne
Il s’agit d’un examen de débrouillage. Grâce à la radiologie rachidienne, on parvient à déterminer le type de spondylolisthésis qui impacte le patient. Et aussi l’état de la gravité de la maladie.
L’IRM
L’image par résonance magnétique ou IRM vient s’ajouter à la radiologie. Il permet d’avoir une meilleure visualisation des nerfs. Ainsi l’image de la partie compressée peut être clairement visible.
Le scanner vertébral
Le scanner vertébral quant à lui procure une bonne visualisation osseuse.
Voici les professionnels de santé prenant en charge le spondylolisthésis :
Le pharmacien ou le professionnel de santé paramédical : pour orienter et conseiller ;
Le médecin généraliste : qui a pour rôle de diagnostiquer la maladie et la traiter ;
Le rhumatologue : pour un avis spécialisé médical ;
Le neurochirurgien : pour les avis spécialisés chirurgicaux.
Les symptômes peuvent être soulagés par des mesures physiques ou médicamenteuses.
a) Mesures physiques ou non médicamenteuses
En première intention, on recommande de pratiquer des activités physiques pour renforcer les muscles du dos.
L’électrostimulation peut aussi aider à calmer les sensations douloureuses, mais son effet ne va pas au delà du placebo.
Pour les méthodes suivantes, les bénéfices restent incertains :
la kinésithérapie: son bénéfice n‘est pas démontré, mais elle ne présente aucun risque démesuré ;
l’utilisation d’une orthèse ;
le port d’une canne ;
l’application de chaud ou de froid sur la partie douloureuse par l’intermédiaire d’une poche de glace ou d’une bouillotte ;
la pratique de la balnéothérapie.
b) Mesures médicamenteuses
Le traitement médicamenteux fait appel aux anti douleurs et anti-inflammatoires.
En première ligne se trouve le paracétamol.
En seconde ligne, en cas d’inflammation, il est nécessaire de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS.
AINS PO (par voie orale) tel que l’ibuprofène ou naproxène.
AINS local : en appliquant une pommade ou un gel anti-inflammatoire sur la zone douloureuse. Son effet s’avère cependant modeste et fugace.
En troisième ligne, il y a la morphine, la codéine ou le tramadol.
Et en dernier recours, si la douleur et l’inflammation persistent, prendre des corticoïdes par la bouche est possible. Cependant ce médicament doit toujours être pris en cure courte.
Une injection de corticoïde est aussi envisageable. Toutefois, son effet antalgique est transitoire et son efficacité n’est pas démontrée sur la gêne fonctionnelle.
Par contre, il faut surtout éviter de prendre les anti-inflammatoires comme les Coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac, le piroxicam. En plus de ne pas être plus efficaces que les autres anti-inflammatoire, ces médicaments renferment trop d’effets indésirables.
Même chose pour le kétoprofène. Par voie orale, il induit des effets indésirables digestifs. Et par application locale, le gel de kétoprofène surcroît d’effet indésirable par rapport aux autres AINS.
Dans le cas où il y a une complication, et seulement dans ce cas, il est nécessaire de réaliser une intervention chirurgicale.
L’arthrodèse: cette intervention chirurgicale est la fusion des vertèbres.
La laminectomie: c'est l'ablation d'une partie de la vertèbre, qui permet de soulager un nerf en cas de souffrance nerveuse.
Le spondylolisthésis est une maladie à évolution chronique. Il nécessite une surveillance radiologique tous les 1 à 5 ans.
Pour prévenir le spondylolisthésis, il est important d’éviter les positions à risques. Cela inclut certaines activités physiques surtout les sports intenses.
Il faut également adapter le poste de travail dans le but de minimiser les risques.