Capsulite rétractile
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La capsulite rétractile est une affection qui concerne l’épaule. Cette articulation, qui a une grande importance dans nos mouvements quotidiens, se trouve alors bloquée et enraidie. Diagnostic et traitements, vous saurez tout dans cet article.
La capsulite rétractile est une maladie bénigne caractérisée par l’enraidissement douloureux et progressif de l’articulation de l’épaule.
Pour la désigner, il existe aussi plusieurs appellations comme « épaule gelée » ou « frozen shoulder » en anglais, « capsulose rétractile », « capsulite adhésive ».
Du point de vue anatomique, la capsule articulaire gléno-humérale de l’épaule est une membrane étanche, normalement souple, qui sécrète le liquide synovial et qui entoure l’articulation. Elle est essentielle dans les mouvements de l’épaule.
Le mécanisme de la capsulite rétractile s’explique par l’inflammation et la rétraction de la capsule articulaire. Elle devient épaisse, rigide, endolorie et très sensible. L’épaule est alors comme « gelée ».
Les causes d’une capsulite rétractile
L’épaule gelée peut avoir diverses origines :
sans raison déterminée, semble liée à une cause active sur la synoviale ;
traumatique : suite à des accidents, à une chirurgie, à une hyper sollicitation de l’épaule ou à l’algoneurodystrophie (des douleurs chroniques de l'épaule après un traumatisme).
Les facteurs de risque
Certains facteurs favorisent aussi l’apparition de l’affection. On peut citer :
le diabète ;
l’AVC ;
la maladie de Parkinson ;
l’infarctus ;
la prise de médicaments (les barbituriques, les antiprotéases...) ;
l’hyperthyroïdie ;
l’atteinte neurologique ;
les autres pathologies articulaires : spondylarthrite ankylosante (SPA), pseudo-polyarthrite rhizomelique (PPR), polyarthrite rhumatoïde (PR), les douleurs ostéo-articulaires chez le dialysé (à cause du dépôt de substances amyloïde suite aux dialyses), la calcinose tumorale (dépôt calcique au niveau de l’articulation), etc.
La capsulite rétractile est généralement observée chez les individus entre 40 à 60 ans. L’affection montre aussi une forte prévalence féminine.
La capsulite rétractile se manifeste en plusieurs étapes.
Elle débute avec la phase chaude qui dure quelques semaines voire plusieurs mois. Le patient ressent des douleurs qui commencent au niveau de l’épaule et irradient vers l’omoplate et le bras. Les maux durent plutôt assez longtemps et se ressentent en permanence jusqu’à troubler le sommeil.
Il vient ensuite la phase de refroidissement qui dure 2 ou 3 mois. Elle se traduit par la diminution des douleurs au profit d'une perte de fonctionnalité articulaire. La mobilité de l’épaule diminue. L’individu devient incapable d’abaisser, d’élever et de tourner les épaules. Cela engendre des difficultés à enfiler les vêtements, à se peigner les cheveux, à attraper les objets en hauteur et même à élever sa nourriture jusqu’à sa bouche.
Enfin, il y a la phase de récupération fonctionnelle au cours de laquelle l’amplitude de mobilité s’améliore peu à peu.
En phase chaude l'amplitude articulaire est normale.
En phase froide, le médecin constate une limitation de la mobilité active et passive de façon similaire. Il aperçoit également une résistance « élastique », par ordre de fréquence: pour la rotation externe, l'abduction et pour l'élévation antérieure de l’épaule.
Le diagnostic différentiel de la capsulite rétractile doit tenir compte de toutes les maladies qui se manifestent à peu près par les mêmes symptômes, notamment les douleurs au niveau de l’épaule.
En cas de doute, la réalisation d’examens supplémentaires est utile pour confirmer le diagnostic de l’épaule gelée.
a) Examen biologique
L’examen biologique comporte la NFS (Numération de la Formule Sanguine) et la CRP (Protéine C réactive). Ils servent pour s’assurer que la maladie n’est pas en lien avec une quelconque infection. Les résultats sont donc normaux.
b) Radiographie
Elle montre des résultats normaux au début, puis elle met en évidence une déminéralisation pommelée de la tête humérale. Ce phénomène est lié à l’immobilisation.
c) Échographie et IRM
L’échographie et l’IRM permettent d’évaluer l’épaississement de la capsule.
d) Arthrographie
Cet examen radiologique permet de visualiser l’état d’une articulation par une injection de produit de contraste. L’injection est difficile et douloureuse au franchissement de la capsule de l’épaule. Le volume injecté est inférieur à 6 ml.
En cas de manifestation des signes de capsulite rétractile, il est plus judicieux de consulter :
un pharmacien ou un professionnel de santé paramédical : il peut fournir des conseils qui orienter les patients sur ce qu’il faut faire ;
un médecin généraliste : pour diagnostiquer et proposer des traitements ;
un rhumatologue: pour un avis plus spécialisé, surtout pour les infiltrations ;
un chirurgien orthopédique : pour un avis chirurgical.
Afin de soulager les symptômes douloureux de la maladie, on recommande :
le repos ;
le paracétamol ;
l’ibuprofène ou le naproxène ;
les infiltrations de cortisone: si possible, l’injection doit être guidée par une échographie de l’épaule.
Au cas où les douleurs persistent, on peut recourir aux antalgiques plus puissants comme la morphine, le tramadol et la codéine.
On opte pour la kinésithérapie, en phase froide. Elle permet de lutter contre la douleur et d’entretenir les amplitudes articulaires. La récupération des mobilités est illusoire avant la phase de guérison.
La balnéothérapie s’avère aussi efficace. Il s’agit d’une association de la kinésithérapie à un bain chaud pour un effet apesanteur. La méthode facilite la mobilité puisque dans l’eau, le corps paraît moins lourd.
D’autres traitements sont réalisables, mais leurs bénéfices sont incertains.
C’est surtout le cas des traitements chirurgicaux qui consiste en :
une arthrodistension: une injection intra-articulaire de 10-30 ml de sérum physiologique et d’anesthésie ;
une mobilisation sous anesthésies ;
une capsulotomie sous arthroscopie.
Il en est de même pour le traitement par ondes de choc extracorporelles. Au-delà de son effet placebo, son efficacité est incertaine, même pour les tendinites calcifiées. De plus, il pourrait réactiver les douleurs.
Selon chaque patient, la raideur occasionnée par la maladie disparaît généralement après 12, 18, voire 36 mois. Au-delà de ces délais, elle peut légèrement persister sans pour autant poser problème dans les mouvements quotidiens.
Par ailleurs, pour prévenir au mieux la capsulite rétractile, l’évaluation de la répétitivité de certains gestes dans notre vie quotidienne, notamment dans le cadre professionnel s’avère très importante.
Les actions thérapeutiques à entreprendre varient selon l'origine de la capsulite rétractile.
Si la maladie est liée à la répétitivité des gestes, il vaut mieux arrêter les gestes en question.
Si elle est liée à la profession, il faudrait chercher des solutions: reclassement ou arrêt de travail pour éviter de mettre en péril sa santé. Cela peut concerner les peintres, les charpentiers, les sportifs et les travailleurs dans le cadre de la construction des bâtiments ou dans les transports d’objets lourds.
Si la personne est diabétique, un accompagnement tout au long de l’évolution de la maladie améliorerait le traitement.
Si la capsulite est d’origine médicamenteuse, arrêter l’administration des substances soupçonnées comme les barbituriques, les isoniazides, les antiprotéases et l’iode 131.