Paranoïa de revendication
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Délire de persécution amenant à une revendication agressive, hyper vigilance, idées irrationnelles: ce sont le résultat d'une paranoïa liée à un délire passionnel de revendication. Diagnostic, traitements: zoom sur le sujet dans cet article.
La paranoïa est un délire persistant semblant avoir une base logique paraissant crédible. Le malade se sent persécuté et victime d’un complot. La paranoïa fait partie des psychoses chroniques et la revendication est le thème du délires.
Cette maladie touche plus fréquemment les hommes que les femmes.
Les thèmes du délires peuvent être multiples:
les inventeurs méconnus, c’est-à-dire ceux qui sont obstinés à obtenir la reconnaissance que la société leur refuse ;
les quérulents processifs appelés paranoïaques activement livrés à des démarches judiciaires ;
les idéalistes passionnés ou ceux qui cherchent à tout prix à transmettre leurs convictions (comme les terroristes) ;
la sinistrose ou une exagération de l’état de santé ;
la revendication hypocondriaque, c’est-à-dire une plainte d’être mal soigné.
Le patient nourrit activement son délire via son intuition biaisée ou d'une interprétation en dehors de la réalité.
Le délire peut revêtir un aspect cohérent, et le patient n'a pas conscience de son trouble.
Le diagnostic peut être compliqué à faire. Si c'était le cas, consultez le guide santé privé Doctolike. Tapez «délire» et laissez vous guider.
Le diagnostic est clinique. Le patient doit toutefois passer à un bilan pré thérapeutique qui inclut :
la numération formule sanguine (NFS) ou bilan hémogramme ;
l’ionogramme (pour voir le taux du calcium) ;
la glycémie à jeun ;
un bilan toxique ;
un bilan hépatique ;
un examen du taux des Thyroid Stimulating Hormone (TSH)
Outre ces examens, le médecin peut aussi prescrire une IRM ou un scanner cérébral injecté pour s'assurer de l'absence de lésion cérébrale.
La prise en charge de la maladie peut se faire en ville. Le rôle des professionnels de santé en ville se limite aux conseils et à l’orientation vers les médecins. Le médecin généraliste diagnostique le cas alors que le psychiatre ou le psychologue traitent la paranoïa en octroyant des avis spécialisés sur les états délirants.
La phase d’hospitalisation se produit souvent suite à la demande d’un tiers possible.
En cas d’urgence, le patient est vite reconduit aux services d’urgence psychiatrique pour prendre les mesures de protection et au cas où il manifeste des conduites dangereuses. Dans cette situation, il faut le placer dans une chambre à proximité du poste de soin puis laisser les fenêtres fermées. Il faut aussi enlever les lacets, les objets coupants et les médicaments qui l’entourent.
En premier temps, rétablir une relation apaisée avec la personne paranoïaque semble être un bon recours. Cela dit, il faut lui parler et lui expliquer les choses calmement. Au besoin, il faut changer sa chambre pour qu’elle profite d’un environnement paisible. Ensuite, le mieux c’est de lui éviter des objets qui représentent un danger.
Les soins apportés à l’état non confusionnel
La personne prend des benzodiazépines en guise de soin de premiers recours.
Si l’administration par voie orale est faisable, la dose de diazépam à avaler doit être comprise entre 5 à 20 mg. Si le médicament prescrit est le lorazépam, avaler une dose de 2 à 4 mg. Sinon, écrasez les comprimés pour faciliter l’administration en sublinguale.
L’administration des benzodiazépines peut se faire par voie intramusculaire, mais dans ce cas, la dose du lorazepam et celle du diazépam varie entre 0,1 à 0,2 mg par kilos. La dose du clorazépate dipotassique n’excède pas 20 à 200mg par jour.
L’administration du clonazépam et diazépam peut aussi s’effectuer par voie rectale.
Si le premier traitement n’aboutit pas, alors il faudrait envisager la prise de halopéridol intramusculaire d’une dose de 1 à 5 mg. Sachez que ce traitement de seconde ligne est plus conventionnel aux états confusionnels.
Comment traiter un état confusionnel ?
En présence d’un état confusionnel, on recommande 1 à 2 mg d’halopéridol toutes les 2 à 4 h. Cette dose est à réduire de moitié chez les personnes âgées.
Si la voie orale n’est pas faisable, alors il faudrait lui administrer une dose de 1 à 5 mg, par voie intramusculaire. Il faut réduire par moitié de la dose pour les personnes âgées.
Évitez le dropéridol, car c’est un neuroleptique injectable ayant plus d’effets indésirables que halopéridol.
En général, la psychothérapie intervient en première ligne. Il faudra instaurer un climat de confiance et d’honnêteté aussi bien entre le malade et ses proches, mais aussi entre lui et le personnel de santé.
Les médicaments neuroleptiques sont utilisés pour traiter la psychose, mais les résultats sont souvent décevants.