Paranoïa érotomaniaque
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La paranoïa érotomaniaque est un syndrome décrit pour la première fois par Gaëtan Gatian De Clérambault. Populairement appelé érotomanie, le syndrome se caractérise par une idée délirante selon laquelle une personne ayant un statut social et/ou professionnel supérieur est amoureux du patient. Cela vous intéresse ? On en parle plus dans cet article.
Une personne atteinte de paranoïa se sent persécutée en permanence et a l’impression d’être victime d’un complot. Le malade souffre de délires persistant semblant avoir une base logique et paraissant crédible. La Paranoïa est une maladie qui fait partie des psychoses chroniques.
Dans cet article, nous allons parler de la paranoïa érotomaniaque. L’érotomanie ou le syndrome de Clérambault est un syndrome psychiatrique qui fait qu’une personne pense qu’elle est aimée par une autre personne. Cette personne appartient en général à un statut social supérieur.
Ce délire se développe et persiste malgré des preuves claires du contraire. L’érotomanie touche plus souvent les femmes que les hommes. L’âge moyen d’apparition est d’environ 40 ans, mais l’intervalle est de 18 ans à 90 ans.
Ce délire peut avoir un début brutal, initié par une intuition délirante, où le patient va commencer à s’imaginer des choses.
Le délire se déroule en trois phase:
L’espoir: le malade peut s’imaginer en lune de miel avec celui ou celle qu’il aime.
Le dépit: après avoir eu trop d’espoir sans retour, le malade arrive à la phase de dépit, une phase de déception.
La rancune: lorsque l’individu passera la phase de dépit, où il a pu constater que son amour n’est pas partagé, il commencera à avoir de la rancune. Il en voudra à l’autre et voudra se venger. C’est là que son comportement peut devenir agressif (menace, agression physique, etc.).
Les mécanismes du délires sont intuitifs : le sujet dit pouvoir deviner une vérité cachée, il affirme être voyant ; puis interprétatifs : le sujet est bien conscient de la réalité, mais il lui attribue un autre sens.
Le sujet a une affection débordante. Elle a une personnalité paranoïaque ou histrionique :
Une personne paranoïaque est quelqu'un de méfiant envers les autres, toujours à l’affût des signes indiquant que quelqu’un essaie de la menacer, de la maltraiter ou de la tromper.
Le trouble de la personnalité histrionique est un état de santé mentale marqué par des émotions intenses et instables et une image de soi déformée. Le mot « hystrionique » qui signifie « dramatique ou théâtral ».
Cliniquement, le patient n’a pas conscience du trouble.
L’érotomanie peut amener une personne à adopter un comportement à risque :
L’hétéroagression : tout comportement agressif envers un objet extérieur, cela inclut des comportements tels que des gestes agressifs, des bagarres physiques, des expressions verbales et des insultes, etc.
L’autoagression qui peut mener au suicide.
Consommation d'alcool, tabac, drogues.
Dépression : un trouble de l’humeur qui provoque un sentiment persistant de tristesse et de perte d’intérêt.
Le diagnostic peut être compliqué à faire. Si c'était le cas, consultez le guide santé privé Doctolike. Tapez «délire» et laissez vous guider.
a) Bilan pré thérapeutique
Les bilans prés thérapeutiques sont les suivants.
Une numérotation de la formule sanguine (NFS) est un test sanguin utilisé pour évaluer un état de santé général et détecter un large éventail de troubles, notamment l’anémie...
Ionogramme: l’ionogramme sanguin permet de surveiller les principaux constituants ioniques du sang (le calcium en fait partie).
Créatininémie: un test de créatinine est une mesure de la capacité des reins à filtrer les déchets du sang.
Bilan hépatique: un test sanguin qui aide les médecins à vérifier les lésions, les infections ou les maladies du foie.
Glycémie à jeun: cela mesure le taux de glycémie après 8 heures sans manger.
Lipides: un bilan lipidique est un test sanguin courant que les professionnels de la santé utilisent pour surveiller et dépister un risque de maladie cardiovasculaire.
Toxique: test de toxicologie, pour déterminer la présence de drogues et d’autres agents potentiellement toxiques dans le sang, l’urine ou d’autres substances corporelles.
TSH: effectué pour savoir si la glande thyroïde fonctionne comme il se doit.
b) ECG ou électrocardiogramme
Un électrocardiogramme (ECG) est une procédure simple et indolore qui mesure les signaux électriques dans le cœur. Chaque fois que le cœur bat, un signal électrique traverse le cœur. Un ECG peut montrer si le cœur bat à un rythme et à une force normale. Il aide également à montrer la taille et la position des cavités cardiaques. Un électrocardiogramme anormal peut être le signe d’une maladie ou d’une lésion cardiaque.
c) IRM ou scanner cérébral injecté
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est un test non douloureux utilisé par les médecins pour diagnostiquer des conditions médicales. L’IRM utilise un puissant champ magnétique, des impulsions de radiofréquence et un ordinateur pour produire des images détaillées des structures internes du corps. L’IRM n’utilise pas de rayonnement (rayons X).
Les professionnels de la santé de ville doivent orienter et conseiller. Le médecin généraliste pourra dépister la maladie et adresser si besoin au psychiatre ou à un psychologue.
Si le patient présente un risque élevé, il est conseillé de contacter les urgences psychiatriques et de suivre les mesures de protection telles que : enlever les lacets du patient, lui donner les bons médicaments, éviter de laisser les fenêtres ouvertes, enlever tout objet coupant et veiller à le placer dans la chambre à proximité du poste de soin.
Dans tous les cas, voici les meilleures choses à faire.
Rétablir une relation apaisée en parlant calmement et en s’expliquant.
Au besoin, changer de pièce, se mettre là où le patient se sent à l’aise.
Éloigner les objets susceptibles d’aggraver la situation ou représentant un danger.
L’utilisation de certains médicaments peut aussi être utile.
Dans les cas non confusionnels
On propose d’abord des Benzodiazépines. Le médicament se prend par voie orale si le patient est conscient et accepte bien d’en prendre. Il est aussi possible d’écraser les comprimés pour une administration sublinguale.
Deux types de Benzodiazépines de premier recours sont :
Diazépam par voie orale 5 à 20 mg
Lorazépam par voie orale 2 à 4 mg
Si le patient n’accepte pas de prendre le médicament par voie orale, le médecin prescrira le Benzodiazépine intramusculaire, dont :
Lorazépam
Diazépam à 0,1 à 0,2 mg/kg
Clorazépate dipotassique 20 à 200mg/j
Il est aussi possible d’opter pour les benzodiazépines par voie rectale :
Clonazépam
Diazépam
On pourra proposer aussi de l’halopéridol intramusculaire de 1 à 5 mg qui est aussi adapté aux états confusionnels.
Pour les cas confusionnels
Premièrement, il y a halopéridol qui se prend par voie orale, c’est un médicament neuroleptique. La dose prescrite est de 1 à 2 mg toutes les 2 à 4 h
Deuxièmement, il y a Halopéridol intramusculaire : 1 à 5 mg.
La dose, pour les deux médicaments, est toujours réduite à moitié chez les personnes âgées.
Le dropéridol est un médicament à proscrire, c’est un neuroleptique injectable non conseillé car il a plus d’effets indésirables comparés à halopéridol. Le dropéridol est sans avantages cliniques.
En première ligne, on peut essayer la psychothérapie de soutien. Cela vise à améliorer les symptômes, à maintenir, à restaurer ou à améliorer l’estime de soi et les compétences du patient. Ce soutien aide à instaurer un climat de confiance et d’honnêteté entre le patient et le professionnel. Le patient pourrait, par contre, avoir des difficultés avec ce traitement, car il pourra le vivre comme une persécution.
On peut aussi essayer le neuroleptique, mais les bénéfices sont incertains en raison des résultats qui sont souvent décevants.