Frein de langue
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Les anomalies du frein de la langue sont découverts surtout à la suite d'un problème lié à l’allaitement. Est le cas? Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur le frein lingual dans cet article.
Le frein de la langue (ou frein lingual) est le petit filet que l’on observe normalement quand on soulève la langue. C’est une structure membraneuse qui attache la face inférieure de la langue au plancher de la bouche.
Cette structure assure les mouvements de la langue et a aussi des rôles importants dans la déglutition (action d’avaler).
Le terme médical du frein court est ankyloglossie. Ce terme désigne un frein lingual trop court, ou pas assez élastique qui pose problème.
Du point de vue anatomique, le frein lingual est constitué de fibres conjonctives lâches desquels dépend son élasticité. S’il est suffisamment souple et d’une longueur normale, le bébé peut étirer sa langue assez loin et sa lèvre supérieure peut être ourlée sans problèmes pour une meilleure mise en bouche du sein de sa mère.
Mais ce n’est pas toujours le cas. Il se peut que ce frein ait un mauvais emplacement, une mauvaise texture (pas assez élastique) ou une longueur trop courte. L’origine du problème est peut liée à un déficit de mort cellulaire.
Dans ce cas il peut parfois causer des difficultés lors de l’allaitement, tant pour le bébé que pour sa mère. En effet, le problème de frein de langue fait que la pression exercée sur le sein est excessive (à cause d’une forte compression des gencives). Du côté de la mère, cela entraîne parfois des douleurs. L’ouverture de la bouche du bébé est aussi réduite.
Le frein de langue peut s’associer parfois avec un frein de lèvre.
Ce problème touche environ 10 % des enfants, dont la majorité est de sexe masculin.
D’abord, de nombreuses anomalies de frein lingual sont découvertes de manière fortuite dès la naissance. Elles n’engendrent pas de trouble fonctionnel dans 60 % des cas.
Mais parfois (dans 40 % des cas), on la soupçonne grâce à des troubles liés à l’allaitement, chez la mère et le bébé, à savoir :
des douleurs au niveau du sein ;
une sensation qu’il y a une dent qui serre le sein ;
une formation de crevasses sur les seins ;
un engorgement (à cause d’une évacuation insuffisante du lait) par manque de stimulation ;
des inflammations ou infection de sein…
Du côté du bébé, on peut observer son insatisfaction, même après des tétées de longue durée (de plus de 45 minutes) et fréquentes. On peut aussi apprécier d’autres symptômes :
rots fréquents (car il ne parvient pas à extraire du lait et avale de l’air) ;
reflux gastro-œsophagien (RGO) ;
clonus du menton ou de langue (séries de contractions rapides qui traduisent la fatigue des muscles suite aux efforts fournis lors de l’étirement de la langue, la succion et le maintien du sein dans la bouche).
A partir de 4 ou 5 ans, l'enfant peut présenter les signes suivants :
protrusion des dents ;
respiration buccale ;
pathologies dentaires ;
troubles digestifs (RGO) ;
troubles de la parole ou du sourire.
Le médecin peut remarquer que le bébé a une mauvaise prise de poids lié aux difficultés d'allaitement.
Il peut aussi constater les signes cliniques suivants :
Un emplacement anormal du frein qui entraîne une modification de toute la fonctionnalité de la langue :
-Il se peut qu’il soit antérieur. Lorsque la langue est étirée, elle prend un aspect de cœur.
-Si le frein a une position trop postérieure, il sera moins visible. La langue aura un aspect plus gros, avec des courbures sur les côtés.
-Si le frein a une position centrale, la langue aura une forme plutôt aplatie.
Une anomalie de la texture du frein de la langue qui est alors serré ou rigide.
En cas de signes d’anomalies et de problèmes liés au frein lingual, il est toujours judicieux de consulter les professionnels de santé comme :
une sage femme, un pédiatre ou un médecin généraliste : pour confirmer le diagnostic et indiquer le traitement à effectuer ;
un chirurgien spécialiste en ORL pédiatrique : pour un avis spécialisé, surtout en cas de nécessité d’intervention chirurgicale ;
un pharmacien ou un infirmier peuvent aussi orienter et conseiller.
En première ligne, une éducation à l’allaitement pourrait être suffisante pour remédier aux problèmes.
Sinon, on a recours à une intervention qui consiste à l’ablation du frein de la langue, c'est à dire soit:
une frénectomie: c’est une ablation totale du frein, sous anesthésie générale ;
une frénotomie: une section au milieu frein ;
L’opération se fait au bistouri avec un outil spécifique. Si le frein est fin et translucide chez le nouveau-né, la chirurgie indolore peut se faire directement au cabinet. Sinon elle doit se faire sous anesthésie générale ou au laser froid. C’est fréquemment le cas si l’enfant est plus grand.
Un dentiste ou un spécialiste ORL peut la faire directement dans son cabinet.
Dans certains cas, l’ablation des autres freins de la bouche (ceux des lèvres) peut être nécessaire.
Si l’indication chirurgicale est bien posée, l’alimentation du bébé s’améliore rapidement.
Pour prévenir au mieux les problèmes et les troubles fonctionnels engendrés par les freins de la langue et de la bouche, il est toujours mieux d’examiner les bébés dès leur naissance. Le dépistage aussi peut se faire au cours des bilans obligatoires chez les nouveau-nés.