Syndrome des loges
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Le syndrome des loges est une urgence qui peut être parfois sous-diagnostiqué. Il est à l’origine de séquelles redoutables telles que la perte d’un membre. Découvrez tout ce qu’il y a à savoir dans cet article.
La loge est un compartiment qui contient les muscles. Elle est entourée par une structure fibreuse peu ou pas extensible. L’augmentation de pression des muscles contenus dans cette enveloppe inextensibles va constituer le syndrome des loges.
Plusieurs causes peuvent entraîner l’élévation de la pression au niveau des muscles et sont à l’origine des syndromes de loges. Au premier rang se trouvent:
les fractures qui entrainent des oedèmes et des hématomes;
l’écrasement d’un membre lors d’un traumatisme (source d’hématome et/ou de déchirure musculair
les plâtres ou bandages trop serrés…
On parle alors de syndrome des loges aigu.
Rarement, le syndrome des loges peut être secondaire à :
des sollicitations excessives ou fréquentes d’un muscle (par exemple chez les sportifs): qui entraînent la forme chronique ;
une morsure d’un serpent ;
une overdose de drogue (cocaïne, héroïne).
Dans tous les cas, la pression trop élevée exercée dans la loge entraine une compression au niveau des artères, des veines et des nerfs au niveau de la zone inextensible. Une mauvaise irrigation vasculaire ainsi qu’une irritation nerveuse sont celles qui vont être à la base des diverses symptomatologies. À la longue et en absence de traitement, une nécrose peut s’en suivre. C'est un cercle vicieux car cela accentue la compression.
Le syndrome de loge ne se rencontre que rarement, mais sa gravité fait qu'il faut toujours l'avoir en tête.
Face au port d’une attelle ou d’un plâtre on sera vigilant.
Les symptômes apparaissent environ 12 à 36 heures après le début de la compression.
Les patients qui souffrent de ce syndrome se plaignent souvent de douleurs importantes de type brûlure non calmées par les anti douleurs et même par la morphine. Les douleurs sont accentuées par la mise en tension des masses musculaires. Elles sont parfois accompagnées de fourmillement, d'engourdissement de membre, ou de perte de force musculaire.
A noter que tous les muscles peuvent être atteintes, théoriquement, mais en pratique l'avant bras et la jambe sont les zones les plus touchées.
Chez la forme chronique, le patient ressentira surtout une douleur à l'effort.
L’examen plus en détail permet de constater les signes cliniques suivants :
l’œdème (qui s’explique par la gêne du retour veineux) ;
la diminution du pouls et de la chaleur, qui traduit une compression artérielle, à la palpation.
L’examen neurologique révèle un déficit de sensibilité et de motricité.
Il ne faut surtout pas confondre le syndrome des loges avec d’autres pathologies telles que l’ischémie aiguë du membre. Ce dernière se manifestent par l’abolition du pouls et la jambe qui devient livide et froide.
On peut aussi confondre le syndrome des loges avec la phlébite, mais dans cette maladie le membre est chaud et rouge.
La mesure de pression dans le compartiment
Elle se réalise avec une sonde ou une aiguille. Une pression élevée signe le diagnostic.
Quels autres examens permettent de rechercher les complications ?
Les examens sanguins sont d’une grande aide pour diagnostiquer les éventuelles complications.
La prise de sang pour l’analyse du potassium, du phosphore, du CPK MB, LDH, de l’acide urique et de la myoglobine ainsi que myoglobinurie : s'ils révèlent des valeurs élevées, le diagnostic s’oriente vers une destruction musculaire.
Si les polynucléaires neutrophiles et la CRP révèlent un syndrome inflammatoire, il est possible qu’on soit face à une complication infectieuse.
Il faut directement s’orienter vers les urgences chirurgicales pour consulter un chirurgien orthopédique.
Pour soulager les douleurs, on administre de préférence le paracétamol.
Les anti-inflammatoires tels que coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam sont à éviter du fait de leurs effets indésirables multiples. De même, le kétoprofène n’est pas non plus conseillé. Par voie orale, celui-ci engendre des effets indésirables pour la digestion. En forme de gel, le kétoprofène engendre encore plus d’effets indésirables.
Si le paracétamol ne fait pas effet, on a recours aux antalgiques plus puissants comme :
la morphine ;
la codéine ;
le tramadol.
Si les tissus sont encore vivants, les traitements sont :
l’ablation du plâtre en urgence: fendre sur la longueur et le retirer ;
si la récupération de sensation et de force musculaire n'est pas immédiate: au bloc opératoire, sous anesthésie générale: ablation des 3 loges de la jambe sur toute leur hauteur ;
en cas de besoin la réparation du foyer de fracture. Il n’y a pas de fermeture immédiate, il faut attendre 7 jours.
En revanche, si les tissus sont déjà morts (cas de nécrose), il n’y a aucune solution à part l’amputation du membre.
Si besoin, une cure d'antibiotique devra être délivré.
Il est à noter que la surveillance de l’état du patient et de l’évolution de sa maladie s’impose. La répétition des examens cités ci-dessus peut être nécessaire.
Il faut noter que la gravité de l'affection est proportionnelle au temps passé sans traitement. Après 6h de compression, une nécrose s'installe.
Une rétraction musculaire peut exister suite à la maladie.
Pour éviter le syndrome des loges, les plâtres et bandages trop serrés sont interdits.
La surélévation du membre est recommandée pour aider à la décompression des muscles.
Pour ce qui est des malades sous plâtres, il faut toujours être vigilants et être attentifs aux signes du syndrome des loges. Tous les patients devraient en être informés.