Rupture de l'isthme de l'aorte (en bref)
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La douleur thoracique inexpliquée associée à une chute de tension et un emballement cardiaque après violent traumatisme est alarmant. Cela peut être une rupture de l’isthme de l’aorte. C’est une maladie vasculaire grave qui nécessite une prise en charge dans les services d’urgence. On va en parler en bref dans cet article.
L’isthme de l’aorte est le début de l’aorte, une artère qui par cœur pour aller dans tout le corps. Son atteinte est une pathologie grave puisqu’il s’agit d’une affection qui affecte un gros vaisseau sanguin qui part du cœur.
Pour mieux comprendre la maladie, un petit rappel d’anatomie semble idéal.
Pour commencer, l’aorte est l’artère principale qui sort du cœur. Elle se divise en deux parties :
l’aorte ascendante: la partie qui provient du cœur et qui fait une crosse dans le thorax.
l’aorte descendante: la partie qui se prolonge tout droit et decend vers le ventre.
L’aorte ascendante est un segment mobile alors que l’aorte descendante est un segment immobile, d'où les ruptures possibles. La rupture peut se produire à partir d’un choc de plus de 35 km/h.
La rupture de l'isthme de l'aorte est que cette maladie se rencontre rarement. Elle est la seconde cause de mortalité liée aux accidents de la voie publique, après les traumatismes crâniens.
La maladie affecte souvent le patient entre 20 et 50 ans.
Elle advient principalement suite à un choc frontal.
Il faut savoir que les symptômes de l’affection restent silencieux pendant une période variable ce qui rend son diagnostic difficile. Sa découverte n’est jamais clinique.
L’affection se manifeste par une douleur thoracique inexpliquée.
En général, la maladie se caractérise par un choc lié à la perte de sang, c'est à dire une chute de tension, une augmentation de la fréquence cardiaque et une baisse de conscience.
À la palpation, on constate une asymétrie des pouls entre le membre supérieur et inférieur, et même entre la droite et la gauche.
Il faut procéder à un examen clinique complet. L’objectif est de rechercher d’autres traumatismes.
a) Radiographie pulmonaire
Le résultat de la radiographie pulmonaire ne suggère aucune anomalie dans 5 % des cas. Elle est pratique, mais peu fiable.
On suspecte une rupture de l'isthme de l'aorte devant les signes suivants :
l’élargissement de l'espace entre les poumons supérieur à 8 cm ;
l'espace entre les poumons/thorax est supérieure à 0,38 ;
le contour anormal de l’arche aortique ou de l’aorte descendante ;
l’opacification de la fenêtre aorto-pulmonaire ;
la déviation de la trachée vers la droite ;
la bronche souche gauche s’abaisse ;
la déviation d'une sonde œsophagienne
eau dans l'enveloppe pulmonaire gauche
coiffe pleurale apicale
b) Scanner du corps entier avec injection de produit de contraste
Le scanner avec injection permet de constater les différents stades de lésions de l'isthme de l'aorte:
le grade 1 : la déchirure de la paroi interne ;
le grade 2: l’hématome dans la paroi ;
le grade 3: le gonflement de paroi dit pseudo-anévrisme aortique (fatal) ;
le grade 4: la rupture complète (fatale).
c) Échographie transthoracique ou transoesophagienne
Une échographie du coeur ou via une sonde avalé est nécessaire si le scanner n’est pas disponible. Une échographie du cœur peut être utile pour voir si son enveloppe n'est pas comprimé.
d) Angiographie
L’examen d’angiographie présente peu d’intérêt en pratique. Il consiste à opacifier les artères avec un produit de contraste et à prendre des clichés radiologiques.En pratique, le scanner injecté à détrôné cet examen.
La conduite à tenir est d’appeler le service d’urgence puisqu’il s’agit d’une urgence vitale.
Le chirurgien thoracique ou vasculaire donnera un avis spécialisé.
La prise d’antalgiques intraveineux permet de soulager les symptômes. C'est à l'anesthésiste ou à l'urgentiste de réanimation de choisir le traitement adapté.
Pour une lésion de grade 1, un traitement médical peut suffire.
À partir du grade 2, l’intervention passe par une chirurgie endovasculaire en urgence vitale pour mettre en place une endoprothèse (une sorte de tuyau qui colmate). La durée de l’intervention est de 120 minutes et la durée d’hospitalisation est de 12 jours.
En second choix, une chirurgie à « cœur ouvert » est possible. Elle consiste à réaliser une suture de l'aorte en arrêtant la circulation du cœur, la circulation sanguine étant assurée par une machine. Cette intervention présente cependant de nombreux risques, dont la paraplégie.
Pendant la durée des traitements, il s’avère primordial de s’assurer du bon déroulement du processus de guérison.
On constate malheureusement un taux de survie global de 15 %.
Pour prévenir la rupture de l’isthme de l’aorte, il convient principalement d’éviter toutes causes ou tous risques de traumatisme.