Fracture du sternum
Fiche maladie Images Ordonnances
La fracture du sternum est une lésion peu commune. Le plus souvent, elle fait à la suite d’un choc violent au niveau de la cage thoracique, au cours d’un accident de voiture ou de sport. Bien qu’elle soit une source de douleur thoracique intense, la fracture du sternum est majoritairement bénigne. Elle peut toutefois être fatale dans certains cas. Dans cet article, découvrez toutes les informations essentielles à savoir sur la fracture du sternum
La fracture du sternum désigne la cassure de l’os long, plat et vertical situé dans la partie antérieure du thorax.
Dans la plupart des cas, la fracture du sternum survient au décours d’un traumatisme violent à point d’impact thoracique.
Les plus fréquents sont :
un accident de voiture qui entraîne soit l’appui de la ceinture de sécurité sur la poitrine (mécanisme d’écrasement), soit le choc du volant ;
un choc important (coup de poing, coup de genou…) avec un adversaire lors d’une pratique sportive ;
une chute d’une hauteur importante.
Les autres maladies osseuses sont plutôt rares (ostéoporose, infection, tumeur…).
À part les causes directes, la fracture du sternum peut être également due à des exercices répétitifs sur le haut du corps. Cela s’observe surtout chez les personnes qui pratiquent de façon intensive le golf, le bodybuilding et le trampoline. On parle alors de fracture de fatigue.
La fracture du sternum est une assez rare. Elle est plus fréquente chez les personnes ayants ces facteurs de risque:
l’âge : l’affection touche surtout les sujets de plus de 60 ans ;
la présence de maladie osseuse, notamment l’ostéoporose ;
L’histoire de la maladie révèle généralement un traumatisme par choc frontal, ce qui fait rechercher le diagnostic.
La fracture du sternum est à suspecter devant des douleurs vives et violentes au niveau thoracique. La douleur est accentuée lors de la toux, des éternuements et des mouvements respiratoires.
À l’inspection, on peut noter la présence d’un bleu et un gonflement en regard du site de la fracture.
La palpation, quant à elle, permet de localiser la douleur et de rechercher une « marche d’escalier » qui correspond à un enfoncement sternal.
On parle de tableaux cliniques compliqués devant :
une luxation de côtes associées, caractérisée par des douleurs et des tuméfactions sur le rebord sternal ;
une rupture de l’isthme de l’aorte, qui se traduit par un choc hypovolémique (baisse de la tension artérielle, pâleur cutanéo-muqueuse, pouls filants, froideur des extrémités…) ;
une pleurésie, qui est de l'eau dans les feuillets pulmonaire. Elle se manifeste par une abolition du murmure vésiculaire à l’auscultation pulmonaire et une matité à la percussion.
a) Radiographie de thorax de face et sternum de profil
C’est l’examen d’imagerie réalisé en première intention. Elle permet non seulement de visualiser le trait de fracture, mais également les diverses complications (épanchement liquidien ou présence anormale d’air dans la cavité pleurale).
b) Scanner thoracique
Cet examen est effectué en cas doute non dissipée de fracture du sternum et de suspicion d’autres complications associées.
c) Examens complémentaires en cas de tableaux paracliniques compliqués
Devant une suspicion d'atteinte cardiaque, il est nécessaire de réaliser :
un dosage des enzymes cardiaques ;
un électrocardiogramme (ECG) ;
une échographie cardiaque.
Quant aux autres complications lésionnelles détectées au cours du scanner, on peut citer :
la pleurésie ;
la rupture de l’isthme de l’aorte ;
la déchirure diaphragmatique.
Devant une douleur thoracique, surtout en post traumatique, il est nécessaire de consulter les professionnels de santé de ville. Ils orientent et conseillent sur les conduites à tenir face à la condition.
Pour obtenir un diagnostic, il faut voir un médecin généraliste.
En cas complication suspectée, il faut se rendre aux urgences hospitalières. L’avis spécialisé d’un chirurgien orthopédique peut être d’une grande aide.
Le choix du traitement dépend de l’intensité de la douleur. Dans le cadre de douleur sternale d’intensité faible à moyenne, les médicaments utilisés sont les antidouleurs de palier 1.
En premier choix, il y a le paracétamol. Puis il y a les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Ces derniers peuvent être utilisés soit en local (voltarène crème…) soit par voie orale (ibuprofène ou naproxène).
Il faut noter que l’application d'anti inflammatoire local a un effet modeste et fugace. Ainsi elle doit toujours être associée à une prise orale d’antidouleur.
L’utilisation de certains anti-inflammatoires n’est pas recommandée, car ils sont gorgés d’effets indésirables, alors que leur efficacité n’est pas supérieure aux autres. Ces anti-inflammatoires sont :
les coxibs ;
l’acéclofénac ;
le diclofénac ;
le piroxicam.
En outre, il y a aussi le kétoprofène. Il est à écarter, car son administration par voie orale engendre des effets indésirables au niveau digestif. Sous forme de gel pour application local, l’effet indésirable est en surcroît par rapport aux autres anti inflammatoires.
Si la douleur lors de la fracture sternale est modérée ou intense, les antalgiques utilisés sont ceux appartenant au palier 2 ou 3. La morphine, la codéine et le tramadol figurent parmi les médicaments de premier choix.
Le traitement antidouleur peut suffire en lui même, en l'absence de signes de gravité.
La chirurgie n’est envisagée qu’en cas de présence des gravités, telles que :
une instabilité de la fracture ;
un hématome derrière le sternum ;
une fracture ouverte (l'os est mis à nu).
La chirurgie pratiquée est la réparation de l'os via du matériel.
Normalement, la douleur cède en 10 jours. La consolidation osseuse va prendre environ un mois pour s’achever.
La guérison d’une fracture du sternum ne laisse ni une séquelle douloureuse ni une séquelle fonctionnelle.
Pour éviter la survenue de la fracture du sternum, il faut :
limiter les divers facteurs de risque (activité intense et excessive du haut du corps…) ;
adopter une bonne hygiène de vie pour limiter la survenue de l’ostéoporose… ;
prévenir les accidents en suivant les diverses règles et codes de la route ;
éviter les chutes (utilisation des cannes chez les sujets âgés, aménagement du territoire dangereux...).