Fracture de jambe
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La fracture de la jambe est généralement causée par un traumatisme et nécessite une prise en charge en urgence. On en parle dans cet article.
La jambe est la partie du membre inférieur qui se situe entre le genou et la cheville. Elle est formée par 2 os qui sont le tibia et le péroné (ou fibula).
Lorsque l’on parle de fracture de la jambe, seuls les os sont concernés. La cassure n’atteint ni les articulations ni les muscles.
La fracture de la jambe est le plus souvent due à un traumatisme. Il en existe plusieurs types.
Le traumatisme direct: qui résulte d’un choc direct. C'est le cas d’un accident de la voie publique, d’une chute, de la pression d’un objet lourd sur la jambe et même d’une explosion.
Le traumatisme indirect: il se traduit par une torsion ou une flexion. On le rencontre souvent au cours d’un accident sportif comme lors du ski ou du foot.
Les micros traumatismes: causés par la fatigue, elles résultent d’une incapacité de résister aux contraintes mécaniques comme le cas des danseurs, des militaires et même des sportifs.
La principale cause de fracture de la jambe est la présence de traumatisme, que ce soit chez l’adulte ou chez l’enfant.
Il existe deux types de fractures.
La fracture simple de la jambe: lorsque seul un os est brisé, il est possible que deux os soient cassés, mais qu’ils restent alignés. Il s’agit d’une fracture simple non déplacée.
La fracture complexe: c’est lorsque plus de deux os sont fragmentés et qu’ils présentent au moins deux traits de fracture. Dans certains cas, la fracture peut être comminutive : plus de quatre os sont fragmentés et ils sont tous déplacés.
Les personnes qui souffrent d’une fracture de la jambe ressentent une intense douleur au niveau de la jambe. La personne est dans l'incapacité de bouger le membre concerné.
Dans le cas d’une fracture ouverte, la douleur s’accompagne souvent d’une hémorragie avec plaie visible.
Lors de l’examen physique, on est à la recherche de déformation au niveau de la jambe. En effet, cette fracture donne à la jambe un aspect gonflé et déformée.
On peut aussi effectuer une palpation afin de localiser la douleur et le trait de fracture (impression de marche d'escalier, ou de mobilité anormale). Le genou et la cheville semblent normaux.
Si le patient ressent des troubles sensitifs (fourmis ou engourdissements), des troubles moteurs (paralysie), associé à une diminution du pouls au pied, on peut craindre un syndrome de Loges. C'est une destruction musculaire causée par une compression importante lié à une hémorragie de sang dans une poche de la jambe.
Une radiographie est nécessaire afin de confirmer le diagnostic.
La radiographie est une technique d’imagerie qui permet de localiser l’origine de la fracture. Pour le cas de la fracture de la jambe, la radiographie devra se faire sur la face et sur le profil, en débordant sur le genou et la cheville.
La personne doit immédiatement être prise en charge en urgence à l’hôpital pour avoir un avis spécialisé auprès d'un chirurgien orthopédique.
Afin de réduire la douleur, on peut prescrire des antidouleurs comme le paracétamol. Le patient devra aussi rester strictement au repos et rester sur un brancard en ayant les membres inférieurs immobilisés pour ne pas aggraver la plaie. Dans le cas où la fracture est simple et non déplacée, le patient devra porter une attelle pour bloquer la cheville et le genou.
Afin de réduire l’inflammation, la prise d’ibuprofène ou de naproxène est un second choix. Par contre il est important de savoir que certains anti-inflammatoires ne sont pas efficaces et peuvent présenter divers effets indésirables. C’est le cas du coxibs, de l’acéclofénac, du diclofénac et du piroxicam. Le kétoprofène est aussi à éviter, car pris par voie orale, il entraine des effets indésirables au niveau du système digestif et par application cutanée provoque plus d’effets secondaires par rapport aux autres anti inflammatoires.
Si malgré ces traitements, la douleur d’une fracture de la jambe s’intensifie, la morphine, la codéine ou le tramadol sont possibles.
Cas d’une fracture non déplacée et stable
Si la fracture n’est pas très grave, le patient suivra un traitement orthopédique. Pour cela, il aura besoin d’une réduction manuelle du foyer puis pose d'une attelle d’immobilisation. Pour réduire le risque de phlébite, le patient doit aussi suivre un traitement à base d’anticoagulant.
Les plaies devront être examinée soigneusement et soignées par nettoyage avec du sérum physiologique et de l’eau oxygénée. La plaie devra être refermée par quelques points de suture. Un pansement est nécessaire durant les jours qui suivent.
On prescrira préventivement des antibiotiques: amoxicilline et acide clavulanique de 1 gramme 3 fois par jour, et cela, durant 3 jours.
Le traitement se poursuit par le port d’un plâtre cruro-pédieux durant 45 jours. Une vérification par radiographie sera effectuée une fois les 45 jours passés et le patient devra porter une botte plâtrée de marche.
Cas d’une fracture déplacée ou instable
Lorsque la fracture est déplacée, une intervention chirurgicale est nécessaire. Dans ce cas, le patient subit une réduction du foyer de fracture au bloc sous anesthésie générale. L’intervention devra se faire en urgence et selon l’état de l’affection, il existe différents types d’interventions envisageables.
Soit par enclouage centre médullaire: c’est une technique très courante puisque la personne peut immédiatement s’appuyer et ne présente qu'un risque faible de complication. Par contre, il est probable que la fracture consolide mal.
Soit par contention du foyer par plaque visée et fermeture cutanée sans tension. Le patient devra par la suite porter un plâtre pour une immobilisation durant 4 semaines. Ce n’est que 2 mois après qu’il peut s’appuyer partiellement. À 3 mois le patient sera autorisé à s’appuyer totalement. Par contre, le patient qui a subi cette technique risque de développer des complications cutanées suivies d’une consolidation vicieuse. La durée de rééducation dure en moyenne 18 à 24 mois.
Soit par un fixateur externe: cette pratique est effectuée dans le cas où les deux précédentes techniques ne sont pas autorisées ou si une perte de substance importante rend la suture impossible comme la présence d’une fracture multiple. Le fixateur externe est une sorte de tuteur placé à l'extérieur de la jambe. La plaie est couverte par un lambeau, c'est à dire la prise de peau ailleurs, et des greffes osseuses.
Il faut toujours prévenir une infection par tétanos. Une vaccination ou une injection de sérum anti tétanique est possible.
En parallèle, pour traiter l’infection, le patient devra suivre une cure d'antibiotiques.
La fracture de la jambe est une maladie à évolution progressive. Le patient doit effectuer une rééducation de la jambe concernée. Il est également conseillé de s’orienter vers la kinésithérapie après l’ablation du plâtre ou juste après l’opération.
La kinésithérapie permet de récupérer les amplitudes et aussi entretenir la force musculaire. 10 séances, 5 fois par semaines pendant 2 semaines sont nécessaires. Le patient devra dabord utiliser des béquilles.
Les activités professionnelles seront stoppées durant 3 mois environ.
Un suivi systématique et une radiographie seront effectués chaque semaine jusqu’au rétablissement total.
Il n’existe aucune prévention spécifique pour la fracture de la jambe. Il faudra juste faire attention aux traumatismes.