Dupuytren
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La maladie de Dupuytren est une affection de la main qui peut être handicapante dans certains cas puisqu’elle limite les fonctions de la main. Diagnostic, symptômes, traitement… découvrez tout dans cet article.
La maladie de Dupuytren est une rétraction fibreuse de la fine membrane située sous la peau de la paume des mains et des doigts. Elle se traduit par un épaississement fibreux anormal (fibrose) de celle-ci. Cela entraine une flexion d’un ou plusieurs doigts.
La maladie de Dupuytren est une conséquence du développement excessif des fibroblastes qui sont les cellules principales du tissu conjonctif.
La fibrose est responsable de la formation nodules et de brides ainsi que d’une rétraction digitale.
De nombreux facteurs sont associés à la maladie de Dupuytren comme certains médicaments (phénobarbital, anti TNF alpha, vémurafénib, hormones, diphosphonates, isoniazide), une prédisposition génétique, l’alcool et le diabète
La maladie de Dupuytren concerne les personnes âgées entre 40 et 80 ans avec une fréquence de 9 % de la population générale.
Elle touche 9 fois plus d’hommes que de femmes.
Les signes cliniques se manifestent en 4 stades.
a) Stade 1
À l’inspection, on observe des nodules à la paume de la main et sous-cutanés (ombilication cutanée).
Des cordes de la paume sont aussi visibles à la base d’un doigt ce qui empêche l’écartement des doigts.
L’apparition des lésions débute principalement dans l’axe de l'annulaire et de l'auriculaire (75 % des cas) et est présente des deux côtés (50 % des cas).
Les nodules sont indolores, immobiles et fermes à la palpation.
b) Stade 2
On constate une flexion irréversible des doigts inférieure à 90 °. Les doigts ne peuvent plus être étendus.
c) Stade 3
Il y a flexion irréversible des doigts, supérieure à 90 °.
Au test de la table, le décollement des doigts est impossible lorsque la paume est à plat.
d) Stade 4
Ce dernier stade se démarque par une main en griffe.
Les pharmaciens et les professionnels de santé paramédicaux pourront orienter le patient et le conseiller si besoin.
Les médecins généralistes diagnostiquent la maladie de Dupuytren.
S'ils ont besoin d'un avis spécialisé et chirurgical, il adresseront au chirurgien orthopédique.
Pour soulager la gêne à la préhension et le nodule fibreux, on peut réaliser une injection de cortisone près du nodule. Cela peut être efficace et on peut gagner du temps.
En cas de rétraction fibreuse trop importante, la chirurgie est indiquée.
Il existe deux types d’intervention.
Aponévrotomie alias fasciatomie: il s’agit de la section de la bride sous anesthésie locale, le plus souvent à l’aide d’une aiguille. L'inconvénient est que les récidives sont fréquentes, mais le geste peut être renouvelé.
Aponévrectomie alias fasciectomie: c’est l’ablation totale du tissu scléreux avec reconstitution. Le risque de complication est de 3 % avec des récidives de 50 % jusqu’à 15 ans après l’intervention.
Les produits détruisant la fibrose, alias collagénases de Clostridium histolyticum, quant à eux, sont des traitements à bénéfice incertain. Il s’agit de 1 à 3 injections de collagénases qui vont permettre d’hydrolyser le collagène et réduire quasi totalement les rétractions digitales dans environ 1 cas sur 2 au prix de réactions locales bénignes. À long terme, on ne connaît pas les effets indésirables du traitement, mais sa facilité de mise en œuvre en fait une option intéressante.
L’évolution de la maladie de Dupuytren est imprévisible. Elle est soit progressive, soit par poussée douloureuse.
La sensation de gêne disparaît parfois, mais la fibrose continue de progresser.
Il faut réévaluer l’indication de certains médicaments susceptibles d'avoir entraîné cette maladie.
Il est également important d’être accompagné vers l’arrêt de consommation d’alcool.
Enfin, il faut traiter le diabète si il existe.