Disjonction acromioclaviculaire
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Une disjonction acromio-claviculaire est une cause fréquente de douleur à l’épaule. Elle peut interférer avec les activités quotidiennes, car elle limite certains mouvements. Dans cet article, nous allons découvrir tout ce qui concerne la disjonction acromio-claviculaire : diagnostic, symptômes, traitement et prévention.
La clavicule est un os long en forme de S qui permet la jonction entre le thorax et l’épaule. Un être humain possède deux clavicules (gauche et droite).
L’acromion est une partie de l'omoplate en col de cygne.
L'humérus est le grand os du bras,
L’articulation de l’épaule est composée par la clavicule, l’acromion et l’humérus. Le ligament acromio-claviculaire maintient la clavicule et l’acromion en place. Il relie les deux os.
La disjonction acromio-claviculaire correspond à la perte de contact entre l’acromion et la clavicule (articulation acromio-claviculaire).
La disjonction acromio-claviculaire est un traumatisme provoqué par un choc direct contre le moignon de l’épaule ou contre la clavicule.
Le diagnostic est essentiellement clinique, car l’os est sous la peau.
La disjonction acromio-claviculaire concerne souvent les jeunes hommes et les sportifs.
Tout d'abord il faut avoir notion d'un traumatisme de l'épaule.
Les symptômes d’une disjonction acromio-claviculaire peuvent inclure :
une douleur à l’épaule ;
et une limitation des mouvements de l'épaule.
L’attitude du patient aide au diagnostic de la disjonction acromio-claviculaire. En effet, le patient viens typiquement toucher la zone douloureuse avec le membre opposé.
Lorsqu'on l'examine attentivement, on peut s’apercevoir d'une déformation de l'épaule. Elle correspond à une « fausse » saillie de la clavicule qui est en réalité un affaissement du membre supérieur avec un œdème.
La personne qui souffre de disjonction acromio-claviculaire ressent une douleur à la palpation de la clavicule.
Pour évaluer la mobilité de la clavicule, le praticien effectue les examens suivants :
la manœuvre du tiroir antéro-postérieur (pour voir si la clavicule est mobile) ;
la « touche de piano » : l’examinateur appuis sur l'os qui s'affaisse, et se relève à l'arrêt de l'appui.
Une réduction de la saillie claviculaire lors de l’élévation latérale de l’épaule peut se produire.
Voici les complications possibles lors d’une disjonction acromio-clavicualaire :
une lésion du paquet vasculaire sous-claviculaire ;
un polytraumatisme ;
une lésion de la chape musculaire qui se manifeste par l’absence de réduction de la saillie claviculaire.
Une radiographie de l’articulation acromio-claviculaire de face permet de confirmer le diagnostic clinique de la disjonction acromio-claviculaire.
En deuxième intention, le médecin peut demander des radiographies avec une charge de 5 kg (majore le déplacement) en comparaison à la position de la sieste (minore le déplacement). Il n’y a pas d’indication en urgence.
Ces examens objectivent le déplacement et la classe de la maladie.
Stade I : distension des ligaments (un simple étirement ligamentaire).
Stade II : entorse grave (une déchirure des ligaments acromio-claviculaires).
Stade III : luxation acromio-claviculaire (rupture des ligaments acromio-claviculaires).
Stade IV : rupture de la chape musculaire delto-trapézienne.
La complication généralement retrouvée à la radiographie est une fracture de la clavicule. Si la fracture concerne la partie externe de l’os, la chirurgie est discutée.
Étape 1 : prendre en charge
La prise en charge initiale d’une disjonction acromio-claviculaire se fait aux urgences.
En cas de besoin, notamment pour obtenir un avis spécialisé, on fera appel au chirurgien orthopédique.
Pendant le traitement, un médecin généraliste pourra effectuer le suivi.
Un professionnel de santé de votre ville peut aussi orienter et donner des conseils utiles.
Pour atténuer la douleur, le paracétamol est indiqué en première intention. Le port d’une écharpe est également recommandé. Elle permet de soulager la douleur en limitant le mouvement de l’épaule.
En alternative, vous avez :
les anti inflammatoires locaux (gel, pommade, etc.) qui ont un effet modeste et fugace ;
les anti inflammatoires par voie orale tels que l’ibuprofène ou le naproxène.
En dernier recours, on peut utiliser la morphine, la codéine ou le tramadol.
Évitez les médicaments suivants.
Coxibs, acéclifénac, diclofénac, piroxicam: ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables. Ils ne sont pas plus efficaces.
Kétoprofène par voie orale: il a des effets indésirables digestifs.
Kétoprofène gel: il provoque plus d’effets indésirables que les autres AINS.
Il est important de rétablir la fonction de la ceinture scapulaire en restaurant sa continuité.
Au stade I et II, en première intention, on applique un traitement fonctionnel. Le patient est amené à porter une écharpe coude au corps ou un équivalent (orthèse de type gilet) afin de réduire la douleur.
La durée de la contention n’influence pas le résultat esthétique ni fonctionnel.
Au stade III ou IV, une chirurgie est envisageable. Elle contribue à :
la réduction de la luxation ;
la réparation : suture, ligamentoplastie, fixation (brochage, vissage, cerclage), etc.
Le traitement orthopédique, à savoir l’immobilisation de l’épaule par un strapping ou un harnais durant 3 à 6 semaines, présente des bénéfices incertains en termes de traitement de la disjonction acromio-claviculaire. Avec cette méthode, il faut constamment faire attention au risque de compression et de lésions cutanées. Elle n’apporte pas de bénéfice comparé au traitement fonctionnel.
Dans la prévention des complications telle que la raideur, il existe un certain nombre de recommandations.
Les mouvements sont autorisés seulement s’ils ne provoquent pas de douleur.
Faites une rééducation par la kinésithérapie.
La reprise des activités sportives se fait dans un délai de 10 jours à 1 mois (cela dépend de la sévérité de la maladie).
Une surveillance hebdomadaire est indispensable pour apprécier l’évolution de la maladie. L’ajustement des attelles est essentiel.
Pour évaluer un déplacement claviculaire, il faut faire régulièrement une radiographie, surtout pour les fractures du tiers externe.
Dans la majorité des cas, le pronostic est satisfaisant. La disjonction acromio-claviculaire est sans séquelles pour les gestes de la vie courante.
Si la douleur persiste, il faudra penser à une arthrose acromio-claviculaire.
Pour prévenir une disjonction acromio-claviculaire, il vaudra mieux chercher et éviter la cause du traumatisme.