Fibrome nasopharyngé
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Nez qui saigne, obstruction nasale, douleur faciale… tels sont les signes du fibrome nasopharyngien (FNP). Il s’agit d’une tumeur bénigne du nasopharynx, mais qui en s’aggravant, peut occasionner des symptômes douloureux, inconfortables et inesthétiques. Découvrez l’essentiel à savoir sur ce fameux fibrome dans cet article.
Le fibrome nasopharyngien est une tumeur bénigne hypervascularisée. Elle se développe à partir de la partie postérieure de la fosse nasale. La tumeur est bénigne mais peut néanmoins s'étendre au crane et envahir les sinus (maxillaire et caverneux de la carotide interne).
C’est une tumeur rare et sa cause est encore inconnue. Certains spécialistes évoquent cependant des hypothèses sur lesquelles elle pourrait avec avoir un lien avec la production des hormones masculines pendant la période de puberté.
Le fibrome nasopharyngien touche exclusivement les adolescents de sexe masculin.
Cette tumeur est rare car représente 0,05 % des inflammations de la tête et du cou.
Le symptôme le plus fréquent du FNP est l’obstruction nasale chronique. Elle peut parfois être associée à des saignement de nez sévères à répétition. L’hémorragie est présente au début d'un seul côté, puis elle devient des deux côtés.
Dans la forme sévère, il peut y avoir une tuméfaction faciale suivie d’une douleur intense.
Afin de poser le diagnostic, on doit vérifier l’état de la tumeur via un examen ORL (oto-rhino-laryngologie).
Le résultat se confirme par la présence d'une masse violacée parcourue par un lacis vasculaire.
Devant ce type de maladie, la biopsie est contre-indiquée, car elle engendre un risque hémorragique important.
Le principal risque de complication du FNP est l’envahissement des sinus caverneux et de la zone de croisement des nerfs optiques dans le cerveau. À ce stade, le FNP évolue dans toute l’hémiface et dans la partie latérale haute entraînant respectivement une déformation faciale et des troubles de la vision.
Le scanner et l’IRM faciale sont les examens de références au diagnostic de la tumeur.
a) Scanner du massif facial avec injection
Ce type d’examen est aussi appelé tomodensitométrie. On la réalise avec une injection qui permet d’accentuer la visibilité des vaisseaux. Cela aide à différencier directement la tumeur des autres anomalies.
b) IRM du massif facial avec injection
Pour avoir des images faciales à plusieurs plans, un examen par résonance magnétique est appréciée. L’IRM permet une analyse fine des sinus et des muscles faciaux. Après une injection, elle permet une acquisition volumique 3D . Cet examen facilite la distinction des zones envahies.
En cas de suspicion ou de manifestation de FNP, le pharmacien ou un professionnel de santé peut conseiller et orienter sur la conduites à tenir et les mesures à adopter.
Le médecin généraliste lui intervient pour réaliser le diagnostic, puis si besoin il vous envoie chez un oto-rhino-laryngologiste (ORL).
Un médecin ORL octroie un avis spécialisé et chirurgical.
Avant d’effectuer la chirurgie, le médecin pratique une embolisation chirurgicale 24 à 48 h avant. Cet acte va limiter le risque de revascularisation (l’accroissement d’un réseau vasculaire collatéral).
La chirurgie se fait par 3 voies :
la voie transnasale sous guidage endoscopique (avec lumière et caméra) si la tumeur est limitée à la cavité nasale ;
la voie transfaciale si le fibrome est étendu.
Après l’intervention chirurgicale, il peut y avoir des sécrétions adhérentes postopératoires. Cela engendre de la douleur et expose à un risque de surinfection. Pour éviter toute complication, il convient alors d’effectuer un débridement répété de la cavité nasale sous anesthésie locale.
Après la chirurgie nasale, des mèches sont insérées dans les cavités nasales afin de corriger l’apparence du nez. On les enlève après un jour sous protoxyde d’azote ou même sous anesthésie générale.
Pour continuer la surveillance, un scanner injecté va être réalisé 48 h après.
Pour maintenir la stabilité du nez, des attelles vont être placées sur le nez. Elles sont enlevées après 10 jours de l’opération.
Le patient va ensuite effectuer un suivi clinique et des imageries durant 18 mois.
Le taux de récidive de cette tumeur hyper vascularisée est de 30 %. Dans ce contexte, il est possible de refaire une opération ou alors opter pour une irradiation externe.