Angine à Coxsackie
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L’angine à Coxsackie ou herpangine est une infection virale fréquente chez les bébés et les enfants. Elle provoque des boutons et des douleurs pouvant inquiéter les parents. Découvrez dans cet article tout ce qui concerne l’angine à Coxsackie.
L’angine vient du latin angere (étrangler). Elle désigne l’inflammation des amygdales d’origine infectieuse. De nombreux virus peuvent en être responsables.
Le virus Coxsackie est une cause particulière puisqu'elle provoque une angine à Coxsackie.
La transmission de Coxsackie se fait par contact direct avec les sécrétions (gouttelettes, sécrétion de nez, selles) ou indirect par la transmission d'objets contaminés.
Dans l’organisme, le virus infecte le les amygdales, dans la gorge. Après 3 à 5 jours d’incubation, les symptômes commencent à se manifester.
Il est à noter que le virus persiste pendant 1 mois dans le pharynx et 4 mois dans les excréments.
Les personnes concernées par l’angine à Coxsackie sont souvent les nourrissons et les enfants de 6 mois à 4 ans.
Elle apparaît de façon épidémique, surtout en été et en automne.
Les symptômes de l'angine à Coxsackie se manifeste par un début progressif :
fièvre peu élevée (38 °C à 38,5 °C) ;
syndrome grippal comme diarrhées, arthralgie (douleur articulaire), myalgie (douleur musculaire) et asthénie (fatigue) ;
difficulté à avaler et à manger ;
et rhume.
On peut observer les signes cliniques suivants :
température normale ou modérément supérieure à 38 °C ;
vésicules à base inflammatoire de petite taille qui déborde sur le pilier et le voile du palais, mais sur pas sur la muqueuse buccale (joue, langue...) ;
ganglions sous la machoire ;
éruption de boutons rouges plats ou en reliefs, ou de forme vésiculaire, au niveau des mains, des pieds et de la région des langes.
Les complications sont très rares. Au pire des cas, l’angine à Coxsackie peut engendrer des complications telles que l’encéphalite (inflammation du cerveau), la méningite (inflammation de la membrane qui protège le cerveau), la myocardite (inflammation du muscle cardiaque) ou la péricardite (inflammation de la membrane qui enveloppe le cœur).
De nombreux diagnostics peuvent être confondus avec l'angine à Coxsackie. Consultez le Guide Santé Doctolike, rubrique : « maux de gorge, que faire ? ».
Pour confirmer le diagnostic de l’angine à Coxsackie, on peut effectuer des examens complémentaires, mais ce n'est pas obligatoire si la maladie est bénigne et que le diagnostic presque certain.
1) Un prélèvement au niveau de la gorge à l’aide d’un coton
Il s’agit d’un test de diagnostic rapide (TDR ou Strep-a-test). Le résultat est négatif si une 1 seule barre apparaît. Cela signifie qu’il n’y a pas présence de Streptocoque.
Ce test est fiable à 95 %.
2) Un examen biologique
La prise de sang n'est pas indispensable:
la numérisation de la formule sanguine ou NFS montrerait un nombre de leucocytes normal (inférieur à 10 000/mm3) et de polynucléaires neutrophiles normal (inférieur à 7000/mm3) ;
et le dosage de la protéine C-réactive ou CRP, qui est le marqueur d’infection et d’inflammation serait normal ou très légèrement élevé.
L’angine à coxsackie peut parfois être confondue avec une mononucléose, qui présente à peu près des symptômes similaires. Dans ce cas, il faudra faire un MNI test. S'il est négatif cela conforte le diagnostic d’angine à coxsackie.
D’autres prélèvements de gorge, des selles, du liquide céphalorachidien sont possibles en cas de complications
Très rarement on fait un test PCR pour déterminer si il y a la présence d’adénovirus.
Les professionnels de santé de ville peuvent informer et orienter sur la maladie. Le médecin généraliste va effectuer le diagnostic en vue de prescrire les traitements adéquats.
Le paracétamol est le meilleur moyen pour apaiser les symptômes.
Les confiseries (pastilles au miel et au citron) peuvent être également d’une grande aide. Le fait de sucer un bonbon, par exemple, permet d’adoucir la gorge. Et ils ont plus d'efficacité que les sirops alors que demander de plus ?
Les chewing-gums sont aussi très intéressants. Lorsqu’on mâche, on libère de la salive. Cette dernière contient des anticorps qui peuvent aider à combattre l’infection.
Il est possible de soulager les symptômes avec des boissons chaudes ou glacées, à boire par petites quantités.
En cas de fortes douleurs, manger des aliments liquides en bouillie ou en purée, comme des soupes tièdes, de la semoule, de la purée de pommes de terre, des glaces, etc.
Éviter les aliments acides (agrumes, tomates, vinaigre) et trop salés (chips ou biscuits pour l’apéritif, etc.).
Il faut boire fréquemment de l’eau pour éviter la déshydratation.
L’efficacité de certains médicaments dans le traitement de l’angine à coxsackie est incertaine.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou le naproxène: à dose minimale et pour une durée la plus courte possible. Ils ne sont indiqués que si le paracétamol est inefficace et il faut tenir en compte l'âge (naproxène : pas avant 15 ans). Il faut également faire attention avec les anti inflammatoire puisqu'ils exposent à un surcroît de complications si on se trompe avec une angine bactérienne. Enfin, leur utilisation est interdite chez les femmes enceintes.
Les antiseptiques par voie buccale tels que l’amylmétacrésol, le cétylpyridinium, la chlorhexidine, l’hexétidine, l’hexamidine: leur efficacité n’est pas démontrée.
Il faut par contre éviter les nombreux traitements suivants :
Homéopathie à moins de 4 CH : les effets ne sont que placebo et les risques allergiques ne sont pas moindres.
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ce sont des anti-inflammatoires qui provoquent beaucoup trop d’effets indésirables. Ils ne sont pas plus efficaces que les autres.
Solutions nasales en spray chez le nourrisson : elles peuvent prendre de fausses routes et entrainer un arrêt respiratoire réflexe.
Corticoïdes par voie générale : la balance bénéfice-risque est incertaine.
Pastilles à sucer d’anti-inflammatoire (flurbiprofène) : elles ne sont pas efficaces alors qu’elles exposent à des risques d’allergies.
Anesthésiques locaux (lidocaïne ou tétracaïne) : ils exposent à de fausses routes avec des risques de convulsions.
Tixocortol en pulvérisation buccale : il provoque des réactions allergiques. Il est aussi en manque d’efficacité.
Ambroxol et Bromhexine : ce sont des mucolytiques aux effets placebo aux prix des réactions allergiques et cutanées graves.
Alpha amylase : son effet est limité au placebo et les risques d’allergies ne sont pas moindres.
Propolis : c’est une substance fabriquée par les abeilles. Elle expose à des réactions allergiques en plus d’être inefficace.
L’évolution de l’angine à Coxsackie est spontanément favorable en 3 à 6 jours.
Si 48 heures après l’apparition des premiers symptômes, il n’y a aucune évolution, il faut penser aux diagnostics différentiels.
Vu qu’il s’agit d’une maladie très contagieuse, il est possible d’éviter la transmission des virus par des gestes barrières. En principe, il n’y a pas d’éviction de crèche ou scolaire, mais il faut toujours être prudent et faire attention.