Sclérite
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La sclérite est une maladie oculaire difficile à appréhender. En effet, elle peut être associée à une maladie auto-immune systémique sous-jacente. De plus, elle peut se compliquer en maladie oculaire grave. Dans cet article, nous allons faire le point sur la sclérite : diagnostic, traitements et préventions.
La sclère, aussi appelée sclérotique, est la partie blanche de l’œil (le blanc de l’œil). C’est une enveloppe fibreuse et épaisse.
La sclérite désigne l’inflammation de la sclère. Celle-ci devient rouge et sensible ou douloureuse.
La sclérite touche le plus souvent les personnes âgées entre 45 et 60 ans.
On compte 6 cas de sclérite sur 100 000 personnes.
Une personne qui souffre de sclérite ressent une douleur profonde, lancinante et intense. Elle perturbe le sommeil. Elle est accentuée lors de la mobilisation du globe oculaire.
Certains signes peuvent aussi également présents, tels que :
l’œil rouge ;
l'inconfort en présence de lumière ;
et le larmoiement.
Lors d’une consultation ophtalmologique, le médecin va effectuer une inspection à la lampe à fentes. Si le patient souffre de sclérite, on verra une accumulation de sang dans la conjonctive, de couleur parfois violacée, localisée ou diffuse à tout l’œil. La couleur ne disparaît pas avec l’instillation de médicaments contractants les vaisseaux (de type phényléphrine ou néo-synéphrine).
La conjonctive sous la paupière est normale.
Il est possible de constater un nodule surélevé. Dans ce cas, on parle de sclérite nodulaire.
Parfois la sclérite est associée à des complications.
Sclérite postérieure (6 % des cas) : elle se manifeste par une vision floue ou une baisse d’acuité visuelle, un décollement de la rétine et un œdème papillaire.
Sclérite nécrosante (5 % des cas) : elle est caractérisée par la perforation du globe oculaire.
L’échographie, l’imagerie par résonance magnétique orbitaire (IRM), ou le scanner orbitaire peuvent être utilisées pour confirmer le diagnostic de la sclérite postérieure.
L’échographie utilise des ondes sonores à haute fréquence pour créer une image montrant l’inflammation à l’arrière de l’œil.
La prise en charge de la sclérite se passe en ville.
Les professionnels de santé de ville peuvent orienter et donner des conseils au patient. Le médecin généraliste effectue le dépistage de la maladie et oriente rapidement vers un ophtalmologue. Celui-ci est susceptible de donner des avis spécialisés concernant la maladie.
Face à une baisse d’acuité visuelle brutale ou à une suspicion de nécrose, aller aux urgences ophtalmologiques.
Les traitements de première ligne sont :
les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) par voie orale ;
et les corticoïdes en traitement local.
Si ces médicaments n’ont pas d’effet, on utilise de la cortisone comme la prednisone, en deuxième intention. La dose est de 1 à 2 mg/kg par voie orale. Elle est à prendre le matin pendant 7 jours. Cette dose est à diminuer progressivement, puis arrêter au 10e jour.
En cas d'échec, on utilise en troisième ligne :
méthylprednisolone avec une dose de 1000 mg par jour injectable par voie intraveineuse pendant 3 jours, puis poursuivre de façon prolongée par voie orale ;
ou cyclophosphamide ;
ou méthotrexate ;
ou mycophénolate mofétil ;
ou des agents biologiques (par exemple le rituximab ou l’adalimumab).
En dernier recours, on peut avoir recours à une greffe sclérale. Elle consiste en la greffe de la membrane conjonctivale ou amniotique sus-jacente. Elle permet de préserver l’intégrité du globe à la fois structurellement et fonctionnellement.
Afin de lutter contre les complications, il faudra faire surveiller les signes suivants par l'ophtalmologue :
l'amincissement scléral qui entraîne un astigmatisme et un risque de perforation traumatique de l’œil ;
l'ulcère cornéen (la partie transparente de l’œil) ;
le glaucome, qui est l'hyperpression dans l’œil ;
la cataracte, qui est le blanchiment du cristallin, la lentille de l’œil.
Pour ce qui en est de l’évolution de la sclérite, 14 % des patients ont une diminution importante de l’acuité visuelle à 1 an, et 30 % à 3 ans.
Lorsque l'on suspecte une cause sous-jacente, il est important de faire quelques examens. Le bilan étiologique est à répéter, car il est souvent négatif au début.
NFS-P (numération formule plaquettes), CRP (protéine C-réactive), ionogramme sanguin, créatininémie, bilan hépatique ;
AAN (anticorps antinucléaires) ;
ECT (antigènes nucléaires solubles) ;
CCP (facteur rhumatoïde ; anticorps antipeptides cycliques citrullinés) ;
ANCA (anticorps anticytoplasme des neutrophiles) ;
TPHA-VDRL (diagnostic de syphilis) ;
IDR tuberculinique/Interferon (diagnostic de tuberculose) ;
bandelette urinaire ;
radiographie du thorax.
Ces examens peuvent montrer certains signes qui peuvent être des signes de maladies. Des maladies qui peuvent être des facteurs provocateurs de la sclérite :
Syphilis ;
polyarthrite rhumatoïde : anticorps anti CCP, FR ;
lupus érythémateux disséminé : anticorps anti nucléaires ;
érythème noueux : nodules dans les jambes ;
maladie de Wegener (glanulomatose avec polyangéite) : signes ORL et pneumo, asthénie et ANCA ;
polychondrite (récidivante) atrophiante : atteinte du cartilage du nez, des oreilles et des voies respiratoires ;
herpès ou zona : uvéite, kératite dendritique ou stromale, hypoesthésie cornéenne, atrophie irienne, zona ophtalmique et sclérite unilatérale résistante au traitement anti-inflammatoire ;
MICI (maladie inflammatoire chronique de l’intestin) : signes ANCA ;
biphosphonates ;
chirurgie (strabisme, ptérygion) ;
infection bactérienne et fongique : post-opératoire ou traumatique ;
spondylarthropathie