Névralgie du trijumeau
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La névralgie essentielle du trijumeau est une maladie persistante qui peut provoquer des épisodes douloureux soudains et intenses sur un côté particulier du visage. La douleur peut perturber les activités quotidiennes. Dans cet article, nous allons voir de plus près ce qu’est la névralgie du trijumeau : diagnostic, symptômes et traitement.
Une névralgie est une douleur de nerf.
Le terme « essentiel », ici, signifie qu’il n’y a pas de cause retrouvée.
Le trijumeau indique le nerf sensitif de la face.
Les névralgies essentielles du trijumeau, aussi appelées névralgie faciale ou tic douloureux, sont des accès douloureux, brefs et intenses, de la face.
Dans 85 % des cas, la cause est inconnue, dite « essentielle ».
Les 15 % restants sont liés à une sclérose en plaques (une maladie chronique qui affecte le système nerveux central, dont le cerveau et la moelle épinière), une tumeur, un zona (une infection virale qui provoque une éruption cutanée douloureuse), ou une autre cause.
La névralgie essentielle du trijumeau est peu fréquente. Elle touche 5 cas pour 100 000 habitants.
Dans 75 % des cas, elle affecte les personnes de plus de 50 ans. Cette condition concerne 2 fois plus les femmes que les hommes.
Le principal symptôme de la névralgie essentielle du trijumeau correspond à une douleur importante.
Les patients décrivent la douleur comme un type de décharge électrique, élancement, coup de poignard ou comme une piqûre d’intensité sévère qui fait grimacer.
Cette maladie affecte le territoire d’une branche du nerf trijumeau (c'est le nerf numéro V, qui est le nerf qui commande la sensibilité de la face et qui comprend 3 branches). On constate par ordre de fréquence une atteinte du V2 (nerf maxillaire)>V3 (nerf mandibulaire)>V1 (nerf ophtalmique).
La douleur n’affecte qu’un seul côté du visage. Elle peut irradier dans les autres territoires du nerf V, mais pas au-delà.
La durée de la douleur est discontinue. Le symptôme peut survenir plusieurs fois par jour, pendant quelques semaines, avec des intervalles libres de quelques mois à plusieurs années. La douleur se manifeste par accès brutal de quelques secondes à 2 minutes.
Prendre la parole, mastiquer et stimuler une zone gâchette (telle que manger, parler, se laver le visage, se brosser les dents, etc.) risquent de déclencher la névralgie faciale. Elle est apaisée par le repos ou le sommeil.
Quelquefois, la douleur au visage est associée à une hyper-salivation.
Les examens physiques sont normaux en dehors de la crise de douleur.
Le diagnostic différentiel de la névralgie faciale est principalement les autres céphalées.
Dans les cas suivants, il faudra chercher une cause sous jacente à la névralgie:
âge inférieur à 40 ans ;
antécédents familiaux de sclérose en plaques ;
troubles sensitifs persistants ;
surdité ;
atteinte isolée de la branche oculaire du nerf trijumeau ou atteinte des deux côtés ;
névrite optique (inflammation du nerf optique).
Ce n'est plus une simple névralgie essentielle donc.
Pour confirmer le diagnostic du tic douloureux, il faut faire une angio-IRM cérébrale. C'est une IRM avec injection de produit de contraste. Elle permet de rechercher une compression du nerf trijumeau par un vaisseaux ou autre.
Le soin de la névralgie faciale se fait en ville. Les professionnels de santé de ville peuvent orienter et conseiller le patient.
Le médecin généraliste réalisera le diagnostic. Pour acquérir des avis spécialisés, consulter un neurologue.
Si les médecins de ville ne sont pas disponibles, il vaut mieux consulter les urgences.
La douleur faciale ne peut pas être soulagée par les médicaments comme le paracétamol, l’aspirine ou la codéine.
Pour traiter la névralgie essentielle du trijumeau, la carbamazépine est indiquée en première intention. C’est un antiépileptique. La dose est de 400 à 800 mg par jour. Ce médicament permet d’espacer les accès douloureux et diminuer l’intensité des crises chez environ 80 % des malades. Malheureusement son efficacité diminue avec le temps.
En cas d’échec, il existe d’autres traitements aux bénéfices fragiles, qu’il faudra prendre avec prudence.
Oxcarbazépine : 600 mg à 1200 mg par jour en 2 prises. Le mieux est de commencer par une dose faible (200 mg). Son efficacité est proche de la carbamazépine.
Phénytoïne : 200 mg par jour. Il y a un manque d’évaluation au sujet de ce médicament.
Baclofène : 60 à 80 mg par jour. Ce médicament semble efficace. Il faut d’abord commencer par 10 mg et augmenter progressivement. Il peut s’ajouter à la carbamazépine ou au phénytoïne.
Voici les médicaments du dernier recours :
Lamotrigine: cependant il y a un manque des études sur le sujet.
Gabapentine: il serait efficace en association avec ropivacaïne en injection dans les zones gâchettes.
Prégabaline.
Lévétiracétam à forte posologie (4 g par jour). Il y a également un manque des études.
Certaines personnes choisissent d’autres traitements, mais leurs bénéfices restent incertains : la topiramate (manque des études), la chirurgie et la radiothérapie.
Concernant la chirurgie, plusieurs interventions de dernier recours peuvent être proposées :
décompression micro vasculaire (efficace dans 90 % des cas) ;
la thermocoagulation du nerf trijumeau (efficace dans 90 % des cas au prix d’une baisse de sensibilité dans le territoire concerné) ;
la compression percutanée par ballonnet du ganglion de Gasser (efficace dans 67 % des cas) ;
l’injection percutanée de glycérol (crainte d’une neurotoxicité).
Malheureusement il peut y avoir un risque de récidive ou de résultats partiels à long terme.
Quant à la radiothérapie, elle est efficace à 92 %. Mais, il peut également y avoir un risque de récidive ou de résultats partiels à long terme.
Par contre il faut éviter le pimozide, le ropivacaïne et la toxine botulique. Voici pourquoi :
Le pimozide (un neuroleptique antipsychotique) est possiblement efficace, mais il est non recommandé en raison de ses effets indésirables fréquents.
Le ropivacaïne dans les zones gâchettes fait une amélioration transitoire.
La toxine botulique est controversée.
En présence de signes psychologiques, il faut se faire accompagner pour éviter les complications.
En général, la névralgie faciale ne provoque pas de complication directe hormis la douleur.
Il est mieux de tenir un agenda des crises et vérifier s’il y a une aggravation avec le temps.