Phémonène de Raynaud
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Le phénomène de Raynaud désigne un trouble de la circulation sanguine au niveau des doigts, des orteils, du nez ou des oreilles. Il est souvent aggravé par le froid. Il touche surtout les femmes âgées de la quarantaine. Dans cet article, nous allons faire le point sur cette maladie : diagnostic, symptômes, traitements et préventions.
Le phénomène de Raynaud est une atteinte vasculaire des extrémités, entraînant un arrêt brutal et temporaire de la circulation sanguine.
L'atteinte est le plus souvent localisée dans les extrémités des doigts.
Le phénomène de Raynaud prend deux formes légèrement différentes.
Le phénomène de Raynaud primaire ou maladie de Raynaud : c’est le plus fréquent, dans 90 % des cas. Sa cause est inconnue.
Le phénomène de Raynaud secondaire ou syndrome de Raynaud : c’est la forme plus grave et plus rare (10 % des cas). Il est souvent une conséquence d’une autre maladie sous-jacente.
Le phénomène de Raynaud se manifeste par des spasmes excessifs des petits vaisseaux sanguins. Il s’agit d’une diminution brutale du calibre des artères dont on ne connaît pas véritablement l’origine.
Le phénomène de Raynaud secondaire, quant à lui, peut être causé par différentes maladies qu'il faudra diagnostiquer avec votre médecin (voir en ANNEXE).
Le phénomène de Raynaud touche 3 à 20 % de la population mondiale, dont plus de 75 % sont des femmes.
Il apparaît souvent avant l’âge de 50 ans, entre 20 et 30 ans.
Le phénomène de Raynaud se caractérise principalement par trois phases à limites nettes.
La phase syncopale où les vaisseaux se contractent : elle se distingue par des mains blanches et froides avec des fourmillements.
La phase asphyxique : elle se manifeste par des mains bleues et froides également avec des fourmillements.
La phase de récupération : cette phase est caractérisée par le retour progressif du sang au niveau des régions concernées. Les mains deviennent rouges avec des douleurs pulsatiles et de sensations de brûlure.
Dans 80 % des cas, ces symptômes apparaissent sur les deux mains symétriques, et sont visiblement nets sur les trois doigts médians, épargnant les pouces. Rarement, les oreilles, le nez, les lèvres et les orteils sont touchés.
Le phénomène de Raynaud évolue généralement par des crises brutales qui durent 15 à 20 minutes. Ces crises existent depuis plus de 6 ans.
L’apparition de ces symptômes est favorisée par le froid, l’humidité et les émotions. Ces facteurs entraînent tous un engourdissement des doigts.
En cas de phénomène de Raynaud primitif, il n’y a pas de signe clinique en dehors de la crise.
Le médecin peut quand même recourir à certaines méthodes spécifiques pour diagnostiquer un problème : la manœuvre d’Allen et la manœuvre du Chandelier.
Lors de la manœuvre d’Allen, il comprime les artères du bras en demandant au patient de fermer plusieurs fois la main. Celle-ci devient alors pâle et décolorée. Chez une personne en parfaite santé, on doit observer une recoloration rapide de la main à la levée de la compression.
Par contre, le diagnostic de la maladie de Raynaud est positif si la levée de la compression montre une recoloration tardive et non uniforme de la paume de la main et des doigts.
Pendant la manœuvre du Chandelier, les bras sont en position « haut les mains ». Le médecin demande au patient d’ouvrir et de fermer les poings de façon répétée. Le test est positif si les symptômes de la maladie de Raynaud apparaissent pendant la première minute de la manœuvre.
Voici les signes d’alerte devant faire rechercher une cause sous-jacente à la maladie de Raynaud :
âge supérieur à 40 ans ;
atteinte unilatérale ;
ulcération ou nécrose des doigts ;
apparition de petits vaisseaux sinueux ;
peau indurée ;
absence de larme ;
trouble de déglutition ;
atteinte articulaire ;
anomalie vasculaire (souffle vasculaire) ;
pouls non perçus ;
fièvre persistante.
a) Phénomène physiologique au froid
Limite de la coloration cutanée entre la zone atteinte et la zone indemne peu nette.
b) Acrocyanose
Coloration bleu sombre des doigts, permanente et indolore.
c) Engelures, gelures
Doigts bleutés déformés par des phlyctènes.
Douleur.
Grand froid.
d) Erythémalgie
Vasodilatation douloureuse des extrémités.
Rougeur locale.
e) Syndrome du canal carpien
Coloration de peau normale.
Paresthésies (picotement ou fourmillement) des trois premiers doigts.
En cas de doute sur les symptômes, la capillaroscopie permet de confirmer le diagnostic clinique de la maladie de Raynaud. C’est le seul examen nécessaire dans la maladie de Raynaud.
La capillaroscopie permet une visualisation directe des capillaires (les plus petits vaisseaux sanguins) à l’aide d’un microscope optique. Elle consiste à faire une transillumination des ongles de la main (grossissement de x10 à x300). Cet examen est effectué par un angiologue et il est sans douleur.
Lors de la maladie de Raynaud primitive, les capillaires ont un aspect normal. Par contre, dans la forme secondaire, les capillaires sont désorganisés et parfois dilatés ou « géants ».
Voici d’autres examens complémentaires qui peuvent être demandés en cas de suspicion de phénomène de Raynaud secondaire.
Echo-Doppler des artères du bras : c’est un examen de la circulation sanguine des artères du bras.
Une prise de sang : elle permet de rechercher les signes sanguins d’une maladie auto-immune ou de troubles du sang (anticorps antinucléaires par exemple).
Les examens supplémentaires aident non seulement à vérifier le diagnostic, mais ils permettent aussi de repérer les signes d’autres maladies ou de complications. Les signes suivants, par exemple, témoignent de la présence de phénomène de Raynaud secondaire :
une désorganisation des capillaires ;
capillaires géants ;
hémorragie ;
angiogenèse ;
aires avasculaires.
En cas de suspicion de maladie de Raynaud, un médecin généraliste pourra faire le diagnostic et prescrire le traitement nécessaire. Si besoin, il orientera vers un angiologue pour réaliser la capillaroscopie.
On peut soulager les symptômes de cette maladie il faut prendre une dose de paracétamol.
Pour traiter la maladie de Raynaud, il faut réchauffer les extrémités des mains. Pour ce faire, on met la main dans de l’eau tiède ou dans un espace chaud comme les aisselles ou la bouche. On peut également se frotter ou se balancer les mains.
En cas de nécrose digitale (phénomène de Raynaud secondaire), le traitement exige des soins locaux, une antibiothérapie en cas d’infection et un avis spécialisé. Il est impératif de voir un médecin. Pour cause, une chirurgie doit être discutée pour certains patients menacés par la nécrose. Les techniques fréquemment employées comportent :
la reconstruction artérielle ;
les embolectomies : c’est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire un corps étranger dans le vaisseau sanguin ;
les traitements locaux : il s’agit d’un débridement d’ulcérations des extrémités, voire une amputation.
Le risque d’aggravation du phénomène de Raynaud est très bas (6 %). Parfois, il s’améliore (15 % des cas), voire disparaît spontanément.
Il n’y a pas de risque de complication si le phénomène de Raynaud est primitif.
Tant qu’il n’y a pas de découverte de maladie secondaire, il n’y a aucune complication à prévoir.
Pour prévenir le phénomène de Raynaud, la nifédipine en libération prolongée est le médicament recommandé. Il s’agit d’un inhibiteur calcique utilisé hors AMM (autorisation de mise sur le marché). Il est préférable de prendre la forme LP 30 mg à 60 mg durant les périodes de crise (novembre à avril par exemple). Il a une efficacité de 50 %.
Il faudra éviter les médicaments suivants qui font pires que mieux :
Nifédipine à libération immédiate : il expose à plus d’effets indésirables que la libération prolongée.
Prazosine : c’est un médicament qui dilate les artères, ayant trop d’effets indésirables.
Moxisylyte : il s’agit d’un autre médicament qui dilate les artères mais qui peut provoquer des effets indésirables.
Il faut noter qu’il n’existe pas de mesures particulières pour les femmes enceintes et allaitantes.
Il est important de se protéger du froid. Il faut porter des moufles plutôt que des gants, des chaussettes ainsi que des vêtements chauds. On peut également utiliser des chaufferettes chimiques pour les mains.
Il faudra également savoir gérer le stress. Prendre un accompagnement si besoin.
Réévaluer l’indication de tous les médicaments car nombreux sont ceux qui favorisent la maladie de Raynaud (cf ANNEXE)
Voici d’autres facteurs de risques qu’il faudra limiter pour prévenir le phénomène de Raynaud :
tabac ; cannabis ; cocaïne ; LSD (diéthylysergamise) ;
café ; thé ; colas ;
bijoux trop serrés ;
métier qui demande d’utiliser les mains comme un marteau (carreleur ou carrossier…), ou à avoir les poignets posés en permanence sur une surface (taper sur un clavier, pratiquer le piano de manière intensive…) ;
métier qui expose les mains et les bras à des vibrations (utilisation d’un marteau-piqueur) ou au froid (poissonniers qui manipulent de la glace pilée) ;
pratique de certains sports : karaté, handball… ;
emploi du chlorure de vinyle : il augmente le risque d’atteinte de la sclérodermie.
Les personnes ayant des antécédents familiaux de maladie de Raynaud ont un risque d’en avoir également. Le risque va jusqu’à 30 %.
bêta bloquants ;
dérivés de l’ergot de seigle ;
cytotoxiques (bléomycine, vinblastine, cisplatine) ;
triptans ;
interférons ;
œstrogènes ;
nicotine ;
sympathomimétique, notamment l’amphétamine ;
clonidine;
œstrogène ;
progestérone
Syndrome des défilés : il s’agit d’un trouble causé par la pression sur les nerfs, les artères ou les grosses veines au niveau du cou.
Rétrécissement d’une artère du membre supérieur.
Sclérodermie : 90 % des patients ont un phénomène de Raynaud secondaire.
Cryoglobulinémie : elle désigne la présence anormale de protéines, appelées cryoglobulines dans le sang.
Syndrome myéloprolifératif.
Hypothyroïdie.
Syndrome de Sharp : 85 % des patients ont un phénomène de Raynaud.
Lupus : 30 % des patients manifestent le phénomène de Raynaud.
Syndrome de gougerot Sjögren : 30 % des patients ont un syndrome de Raynaud.
Polyarthrite rhumatoïde.
Dermatomyosite : il s’agit d’une inflammation des muscles et de la peau.
Polymyosite.
Maladie de Buerger : c’est une maladie inflammatoire segmentaire des artères et des veines des membres.
Polyxythémies, leucémie, thrombocytoses, maladie des agglutinines froides, dysprotéinémies, déficiences en protéine C et S, en antithrombine III, mutation du facteur V Laiden, hépatite B et C avec cryoglobulinémie…