Troubles fonctionnels intestinaux
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Très fréquents, les troubles intestinaux bénins ou colopathie fonctionnelle touchent un grand nombre de personnes. Ils sont responsables de malaises et de douleurs plus ou moins intenses sur le ventre, et altèrent la qualité de vie. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les troubles intestinaux bénins ou le syndrome de l’intestin irritable.
Les troubles intestinaux bénins sont des pathologies chroniques marquées par une altération du transit intestinal. En terme médical, ils sont plus connus sous le nom de colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable.
Les dérangements intestinaux au cours de ce trouble digestif se manifestent par différentes manières : accélération ou ralentissement des contractions intestinales, hypersensibilité de l’intensité, perturbation de la flore intestinale, augmentation des troubles liée à l’alimentation… Les troubles restent toutefois bénins et n’ont pas de retentissement sur les organes.
L’origine exacte de la colopathie fonctionnelle reste encore mal connue. Selon des études, elle serait liée à plusieurs facteurs comme les troubles psychologiques, la prise de médicament, et l’alimentation.
Les troubles intestinaux bénins atteints 2 fois plus de femmes que d’hommes. Ils sont également plus fréquents dans les pays industrialisés (9 à 12 % des adultes).
Les signes d’un trouble intestinal bénin apparaissent généralement à l’enfance ou à l’adolescence. Ils sont principalement caractérisés par une alternance de constipation, de douleur abdominale, de diarrhée et de ballonnement. Le début des symptômes doit remonter de plus de 6 mois pour parler de ce troubles intestinaux. Les crises durent plus de 3 mois et surviennent nuit et jour. Ils sont plus intenses avec le stress et se calment pendant les périodes de vacances. Il existe des périodes de poussée et des périodes de rémission. Voici les signes retrouvés selon le type du trouble intestinal bénin.
La constipation fonctionnelle chronique
Fréquence des selles inférieure à 3 par semaine,
Consistance dure des selles,
Efforts de poussée,
Obstruction,
Évacuation incomplète,
Manœuvres digitales de libération des selles (toucher rectal pour évacuer les selles).
L’intestin irritable
Colique: douleur de ventre à type de crampe ou distension en bas à gauche du ventre, autour du nombril ou en haut du ventre. Elle est parfois migratrice, et est soulagée par l’émission impérieuse de selles.
Dyschésie : difficulté d’exonération des selles.
Soulagement par la défécation ou les gaz.
Fréquence des selles inférieure à 3 par semaine ou supérieure à 3 par jour.
Selle à consistance dure ou molle.
Présence de mucus.
Ballonnement.
Ballonnement
Ventre ballonné (présence de gaz, flatulence)
Diarrhée chronique
Fréquence des selles élevée,
Consistance des selles molles,
Mucus dans les selles.
Syndrome « dyspeptidique"
Douleur à type de plénitude épigastrique (satiété précoce ou digestion prolongée) pendant les repas,
Éructations,
Nausées,
Vomissements.
Il faudra faire attention avec ces signes d’alertes :
amaigrissement ;
fatigue ;
perte d’appétit ;
présence de sang dans les selles ;
fièvre ;
présence de masse abdominale ;
modification durable du transit après 50 ans ;
notion de voyage dans un pays d’endémie parasitaire ;
tachycardie ;
arrêt des gaz et des selles.
En présence d’au moins un de ces signes, il faut penser à changer de diagnostic.
En cas de doute seulement, le médecin peut demander des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic de la colopathie fonctionnelle.
La numération de la formule sanguine (NFS) : on s'attend à ce qu'elle soit normale,
La CRP (détecte les maladies inflammatoires) : on s'attend à la normale (en dessous de 5 mg/l)
L’anticorps anti transglutaminase : dépiste la maladie cœliaque, c'est un diagnostic différentiel.
Par ailleurs, en cas de suspicion d’une autre origine, il faudra effectuer des recherches plus poussées : biologie sanguine, examen biologique des selles, coloscopie…
Un médecin généraliste peut faire le diagnostic de troubles fonctionnels intestinaux. En cas de doute il demandera l'avis du gastro-entérologue. Il est possible de consulter un pharmacien lorsque le diagnostic est bien établi.
En cas de constipation chronique
Pour la constipation chronique, le laxatif de lest (psyllium sterculia, ispaghul) est le médicament le mieux indiqué. Il faut le prendre avec un grand verre d’eau à distance du coucher. Les laxatifs osmotiques peuvent être utilisés en second choix. Pour en savoir plus, consulter l'article sur la constipation. Sachez que le fait de se présenter régulièrement à la selle n’a pas beaucoup d’intérêt en cas de constipation.
En cas de douleurs abdominales
Le patient peut changer de position, masser l’abdomen ou le presser doucement afin de calmer les tensions.
Pour les adultes uniquement, il est possible de prendre du pinavérium (antispasmodique) 50 mg, 3 fois par jour. Il faut le prendre debout avec un grand verre d’eau au milieu du repas et ne pas s’allonger durant les 30 minutes suivant la prise.
L’huile essentielle de menthe poivrée 187 mg (3 fois par jour) et le paracétamol peuvent aussi aider pour soulager les maux de ventre.
Les remèdes suivants n’ont pas d’effets certains pour soulager la douleur abdominale au cours d’une colopathie fonctionnelle. Vous pouvez les utiliser mais sans grand espoir de succès :
L'infusion de menthe poivrée : la prise sous cette forme n’a pas été évaluée.
Mélisse, matricaire, badiane de Chine, anis, fenouil, carvi, coriandre, sauge : ces plantes n’ont pas été soumises à une évaluation médicale, mais elles semblent sans danger dans les conditions normales de prises. Les autres extraits de plantes non cités ici ne sont pas à utiliser par précaution.
Évitez ces substances, car elles sont inefficaces et possèdent des effets indésirables :
Alvérine,
Clidinium,
Mébévérine,
Otilonium,
Papavérine,
Phloroglucinol,
Trimebutine,
Siméticone, diméticone polysilane,
Antidépresseurs imipraminiques,
Huile essentielle de sauge.
En cas de ballonnement
Le charbon actif ne possède pas une efficacité démontré contre les ballonnements. Il faut s'en tenir aux mesures diététiques (voir plus loin).
En cas de diarrhées chroniques
Le lopéramide et le racécadotril n’ont pas une grande efficacité sur les diarrhées car ils changent l'aspect des selles mais ne corrige pas le plus important : la déshydratation.
Il faudra également éviter les médicaments suivants en raison de leur inefficacité et leurs effets indésirables :
Saccharomyces boulardii : ce sont des levures traditionnellement utilisés en cas de diarrhées
Lactobacillus : ce sont des bactéries de la flore intestinales
Attapilgite et Diosmectide SMECTA: contient du plomb et ne préviens pas la déshydratation,
Les femmes enceintes sont des sujets sensibles, pour soulager les symptômes des troubles intestinaux bénins chez elles, mieux vaut préférer les mesures diététiques et le paracétamol si besoin. Les laxatifs de lest ou en option les laxatifs osmotiques sont également autorisés.
Pour les femmes enceintes, préférez les mesures diététiques. Si besoin, il est possible d’utiliser le paracétamol, les laxatifs de lest et les laxatifs osmotiques.
Pour les femmes allaitantes, le pinavérium, le lopéramide et l’huile essentielle de menthe poivrée sont interdits.
Le traitement des troubles intestinaux bénins repose en particulier sur les mesures diététiques.
Pour traiter douleurs abdominales: éviter les aliments associés aux troubles.
Pour traiter la constipation: apporter des fibres alimentaires (pommes, poires crues, fraises...) ;
Pour traiter le ballonnement et les flatulences : diminuer les aliments fermentescibles (légumes secs, farineux, haricots blancs, lentilles) et réduire les crudités.
Voici les aliments susceptibles de causer des troubles intestinaux :
aliments riches en fibres : choux, choux fleur, brocolis...
féculents : pois, haricots, fèves, lentilles, couscous…
farineux : pain complet, céréales de petit déjeuner…
crudités,
lait et produits laitiers si intolérance au lactose,
fructose,
édulcorants : sorbitol, mannitol, xylitol…
boisson contenant de l’alcool.
boissons gazeuses.
Essayez de les éliminer un par un pour voir si les troubles s'améliorent.
Pour prévenir les troubles intestinaux bénins, il est important de gérer le stress et l’anxiété. Prendre un accompagnement si besoin.
Il faudra aussi revoir l'ensemble des médicaments qui peuvent provoquer eux mêmes des troubles intestinaux.
Voici les évolutions possibles des troubles intestinaux bénins :
aggravation dans 20 % des cas. Dans ce cas dépistez la maladie cœliaque,
stabilisation dans 50 % des cas,
amélioration dans 30 % des cas.
Rassurez vous, il n’y a pas de risque que le syndrome de l’intestin irritable évolue vers une forme maligne.