Hernie inguinale
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La hernie inguinale (de l’aine) et la hernie crurale (de cuisse) sont généralement liées à l’affaiblissement des muscles abdominaux. Ce type d’affection peut être douloureux ou non, mais il comporte un risque pour l'intestin. Découvrez dans cet article tout ce qu’il y a à savoir : diagnostic, traitements.
Une hernie se définit comme le passage du contenu abdominal au travers d’un orifice anormal au niveau de la paroi abdominale.
Les hernies inguinales sont celles constatées au niveau de l’aine (vers les organes génitaux), alors que les hernies crurales apparaissent au niveau de la cuisse, plus bas.
Il est à noter que les orifices situés dans l’aine et la cuisse ont pour rôle de laisser passer les différents éléments anatomiques allant vers les membres inférieurs, et notamment aux testicules chez les hommes. Les hernies sont généralement majorées par les efforts et par la position debout.
La ligne de Malgaigne est une ligne qui relie les organes génitaux à la hanche.
Si la hernie est située au-dessus de cette ligne, elle est considérée comme inguinale.
Au-dessous de cette ligne, on est en présence d’une hernie crurale (cela représente 10% des cas).
La hernie inguinale et crurale touche un grand nombre de personnes, adultes dans 90 % des cas.
D’après les estimations, elles concernent 8 fois plus d'hommes que de femmes.
De nombreux facteurs de risque peuvent conduire à l’apparition d’une hernie inguinale ou d’une hernie crurale chez les adultes. Cela inclut :
une faiblesse de paroi (dénutrition, tabagisme, maladie du collagène…) ;
une hyper pression abdominale (toux chronique, constipation, poussée urinaire, grossesse, obésité, port de charges lourdes).
Chez les plus jeunes, l’apparition d’une hernie au niveau de l’aine ou de la cuisse est une malformation d’origine congénitale dans 95 % des cas.
La hernie inguinale ou crurale suit une évolution progressive, caractérisée par une augmentation de volume dans le temps, une fois constituée. Elle ne provoque pas de douleur le plus souvent.
Mais il est également possible que le patient ait une pointe douloureuse dans la région inguinale.
L’apparition de ce type de hernie se présente sous la forme d’une tuméfaction. Celle-ci est absente le matin au réveil, mais augmente généralement à la station debout, à l’effort ou suite à une toux.
La tuméfaction peut également descendre dans la bourse du même coté. C’est le cas des hernies de type hernie oblique externe.
L’examen d'une personne suspecte de hernie se fait en position assise, couchée, puis debout, sans appuis et avec des efforts de poussée.
On pourra alors remarquer une voussure dans la région inguinale, voire testiculaire.
A la palpation, on découvre sous les doigt une hernie saillante. Elle n'est pas douloureuse. Il s’agit le plus souvent d’une hernie qui peut se rentrer dans le ventre avec des gargouillements. En cas de hernie testiculaire, le doigt recouvert du scrotum pourra réduire le gonflement en décrivant un trajet oblique en haut et en dehors.
En ce qui concerne la consistance, la hernie inguinale ou crurale est généralement impulsive et ferme. Ce phénomène est accentué lorsque le patient contracte la zone ou lorsqu’il est en position debout.
La hernie inguinale et crurale est parfois associée à des complications.
Étranglement (événement rare) : il se manifeste par une douleur brutale dans la région inguinale accompagnée de vomissements, un arrêt des gaz et un ballonnement du ventre. La hernie est douloureuse, se se rentre plus dans le ventre, est dure, et non impulsive.
Nécrose de l’anse : se manifeste par des douleurs.
Ischémie testiculaire : se manifeste par des douleurs testiculaires.
Hormis les symptômes et les signes cliniques accompagnant les hernies inguinales et crurales, il est possible de confirmer le diagnostic de la maladie avec une échographie (en cas de doute).
Les professionnels de santé de villes pourront orienter et conseiller les individus qui développent une hernie inguinale ou crurale. Quant au diagnostic, il sera réalisé par un médecin généraliste.
L’avis spécialisé d’un chirurgien viscéral pourrait être requis pour le traitement de la maladie.
En cas de complications, l’intervention des urgences sera nécessaire.
Afin de soulager les symptômes, l’utilisation d’antalgiques classiques comme le paracétamol est recommandée. La prise en charge de la douleur s’effectuera néanmoins au cas par cas.
Une contention par ceinture a des bénéfices incertains. Cela n’empêche pas les étranglements herniaires.
En l’absence de symptômes, notamment chez les sujets de plus de 50 ans, aucun traitement n’est indiqué.
Lorsque la hernie devient symptomatique, il faudra envisager une chirurgie programmée. Ce type de traitement est aussi indiqué pour soigner la hernie inguinale chez l’enfant de plus de 6 mois. Cette intervention consistera en:
la mise en place d’un matériel prothétique sous caméra (cœlioscopie) ou par voie inguinale . Avec cette technique la douleur postopératoire est moins importante, et le risque de récidive plus bas ;
ou la réparation des tissus directement (à l'aide de fils de suture).
La chirurgie réparatrice dure environ 1 heure et est réalisable en hôpital de jour ou au cours d’une hospitalisation courte de 48 heures.
La douleur post opératoire est modérée et n’excède pas quelques jours. Le patient devra toutefois éviter les efforts abdominaux sur une période de 1 mois.
Il est à noter que 5 % des patients auront de douleur résiduelle suite à cet acte chirurgical. Le risque de récidive reste rare car inférieur à 5 %.
Chez les personnes où l’affection est à un stade avancé, on envisagera la chirurgie de l’étranglement :
réduction manuelle douce et progressive si engouement herniaire (à condition qu’il n’y ait aucune inflammation locale ou régionale) ;
section du collet et résection ou réintégration du segment digestif selon la viabilité du tissu ;
réfection pariétale, par réparation tissulaire uniquement, car il y a risque d’infection du matériel prothétique.
Sans traitement, chez l’adulte, une hernie inguinale ou crurale augmente souvent de taille au cours du temps. Cela rend les interventions chirurgicales plus lourdes pour les réintégrer dans le ventre.
Quant au risque d’étranglement, il est variable d’un individu à un autre. Il reste très faible pour les hernies inguinales [0,002 événement par année et par patient]. Le risque est toutefois plus élevé en cas de hernie crurale.
Il est important de prendre en charge les facteurs de risques qui peuvent entraîner une hyperpression abdominale. Par exemple, une formation à l’arrêt du tabac s’avère bénéfique en cas de toux chronique. Ainsi, un accompagnement à la perte de poids est nécessaire pour un patient obèse. Le port de charges lourdes est déconseillé sur le lieu du travail ou à la maison. Et en cas de constipation, il faudra la traiter.