Cancer du pancréas
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Le cancer du pancréas représente environ 3 % des cancers. Il est le plus souvent diagnostiqué à un stade tardif, ce qui en fait un cancer redouté. Néanmoins, il existe des traitements qui visent à ralentir le développement de la tumeur. Dans cet article, vous allez tout savoir sur le cancer du pancréas.
Le pancréas est une glande située dans le ventre sous le nombril, et qui est composée par des cellules qui produisent des substances digestives et des hormones (l'insuline).
On parle de cancer du pancréas lorsque la multiplication des cellules pancréatiques devient incontrôlable et anarchique. Ces cellules développent une tumeur qui peut envahir les cellules voisines.
90 % des cas sont des tumeurs à partir des glandes, d'où le nom d'adénocarcinome.
Les autres types de cancer du pancréas ne sont pas traités ici.
Le pronostic est plutôt mauvais, car l’expression de cette maladie est détectée tardivement.
Le cancer du pancréas touche un peu plus d’hommes que de femmes. L’âge médian au diagnostic est de 70 ans.
En France, on compte 1 400 nouveaux cas par an.
Il existe quelques facteurs qui favorisent le cancer du pancréas :
les antécédents familiaux du cancer du pancréas ;
la pancréatite chronique ;
le tabagisme ;
l'alimentation riche en graisse (obésité) ;
le diabète.
Au début du stade cancéreux, le cancer du pancréas ne produit aucun symptôme.
La douleur issue de la tumeur est localisée sur le haut du ventre ou au niveau des côtes gauches. Elle traverse de part en part le ventre. La douleur persiste et s’aggrave. Elle s’accentue la nuit et avec l’alimentation.
La souffrance peut s’atténuer avec la prise d’aspirine ou en position du chien de fusil (recroquevillé).
D'autres signes peuvent accompagner la douleur :
forte fatigue, amaigrissement, perte d'appétit (altération de l’état général) ;
jaunisse progressive et continue avec démangeaison ; urines foncées, selles décolorées.
Lors du diagnostic clinique, on remarque une diminution du poids et une augmentation du dextro (appareil qui mesure le taux de sucre dans le sang capillaire).
On effectue également, pendant la consultation, une palpation des ganglions notamment celui de Troisier (sous-claviculaire à gauche).
Dans d’autres localisations, le cancer est rarement palpable.
Une des complications du cancer du pancréas est l'augmentation du volume du foie, l'augmentation du volume de la rate et l’ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen). Ces complications peuvent être liées à des localisations secondaires de la tumeur.
On peut également craindre une pancréatite aigüe (douleur supplémentaire) et l’occlusion intestinales (douleur, ballonnement, arret des gaz, vomissement).
Pendant le diagnostic d’un cancer du pancréas, on peut observer des métastases hépatiques. Elles sont marquées par une jaunisse (sur peau et sur le blanc des yeux), de la fièvre et de la transpiration.
Quand on suspecte le développement des cellules malignes, il faut faire des examens pour le confirmer.
Examens de biologie
Les examens biologiques comprennent :
la NFS-P (numération de la formule sanguine et des plaquettes) qui pourra révéler une anémie liée à l'inflammation ou à la carence en fer;
les facteurs de coagulations, qui peut être perturbée par l’absence d’absorption de la vitamine K due à la diminution ou arrêt de la sécrétion biliaire ;
le bilan hépatique complet afin de détecter une destruction cellulaire et une stase de bile ;
la lipase qui est produite par le pancréas ;
le taux de sucre dans le sang pour discerner un diabète du fait de la baisse de production de l'insuline ;
et l’analyse du taux d’ACE (antigène carcino-embryionnaire) et du CA19-9 (antigène carbohydrate 19-9) qui sont des marqueurs de cancer.
Échographie abdominale
Une échographie abdominale est utile pour détecter la masse pancréatique qui apparaît en blanc.
Elle montre également la dilatation des voies biliaires.
Scanner thoracoabdominal pelvien, avec et sans injection de produit de contraste (ou IRM si doute)
Le scanner identifie la tumeur. Il affirme à 80 % le diagnostic.
Il aide aussi à préciser les rapports avec les vaisseaux et dépister les métastases (propagation du cancer dans d’autres parties du corps).
La biopsie du pancréas est indiquée si le cancer ne semble pas résécable ou s’il y a un doute sur la nature de la tumeur. On le fait grâce à une échographie endoscopique sous anesthésie générale.
Une fois toutes les données recueillies, ont fait une classification TNM.
La lettre T désigne la taille de la tumeur. Le N montre la propagation des cellules malignes dans les ganglions lymphatiques et M signifie métastase.
Voici la signification de chaque indice qui peut être montrée par l’échographie endoscopie :
T :
is ou in situ.
1 si la tumeur est en dessous de 2 cm.
2 si la tumeur est supérieure à 2 cm et limitée au pancréas.
3 si la tumeur est extrapancréatique.
4 sila tumeur touche le tronc cœliaque ou l’artère mésentérique supérieure.
N :
0 s’il n’y a pas de métastases ganglionnaires.
1 s’il y a de métastases ganglionnaires.
M :
0 s’il n’y a pas de métastase.
1 s’il y a de la métastase.
Bilan préopératoire
Le bilan préopératoire regroupe l’examen biologique, l’électrocardiogramme, l'échographie du cœur, le TP (dosage du taux de prothrombine), l’exploration fonctionnelle respiratoire, la consultation anesthésique, l’IRM du foie, des biopsies ganglionnaires ou un « TEP-scanner au FDG » et la chirurgie du pancréas via une incision sur le ventre ou cœlioscopie exploratrice.
Les professionnels de santé de ville orientent et conseillent le patient. Le médecin généraliste peut évoquer le diagnostic.
Le gastro-entérologue et l’oncologue donnent des avis spécialisés en cas de besoin.
La prise en charge du cancer du pancréas s’effectue par une équipe pluridisciplinaire. De nombreux professionnels doivent se regrouper pour décider et réaliser les soins.
Les soins de support sont essentiels et se font au cas par cas.
Pour calmer la douleur, les anti douleurs sont indiqués. On peut aussi proposer d'alcooliser le plexus cœliaque qui sont les nerfs qui innervent l'abdomen (mais cela a un effet transitoire). On peut enfin réaliser une radiothérapie ciblée si la douleur est trop forte.
En ce qui concerne l'alimentation, il faudra bien se nourrir via des aliments enrichis et des compléments alimentaires.
On compensera le dysfonctionnement du pancréas par des extraits pancréatiques pris par voie orale.
Pour soulager les démangeaisons, utiliser des crèmes hydratantes, de l’eau tiède, du savon doux, etc.
Le traitement du cancer du pancréas est basé sur le drainage biliaire (dans 75 % des cas). On met en place une prothèse ou un stent biliaire pour permettre de drainer les voies biliaires.
La chirurgie est réalisée seulement à visée curative si le cancer est résécable. Le choix de l’intervention peut être discuté en fonction de la localisation et de l’extension tumorale.
Duodénopancréatectomie céphalique (DPC) ou ablation de la partie droite de la tête du pancréas : elle est réalisée dans le cas d’un cancer de la tête du pancréas.
Splénopancréatectomie gauche (SPG) ou ablation de la partie gauche du pancréas : elle est indiquée si le cancer touche le corps ou la queue du pancréas.
Pancréatectomie totale ou ablation totale du pancréas : elle est indiquée dans le cas où le cancer recouvre le pancréas tout entier. Elle est recommandée dans des cas exceptionnels, car il s’agit d’une chirurgie lourde.
Pour compléter le traitement, l'équipe de soin peut proposer une chimiothérapie pendant 6 mois ou avant une intervention chirurgicale.
La radiothérapie est une option, après 3 à 6 mois d'une chimiothérapie visant à faire disparaître les cellules cancéreuses.
En cas de diabète, d’obésité ou de tabagisme, le traitement doit se faire au cas par cas.
Sous traitements, le taux de survie à 5 ans après un cancer du pancréas est de 8 %.
Sans traitement, la survie d’une personne qui développe ce type de cancer est de seulement 8 mois.
Afin d’éviter la récidive, il faut faire des examens cliniques, un scanner abdomino-pelvien, la mesure du taux de sucre et l’analyse du CA19-9. Ce dernier ne doit pas être réalisé chez les patients où le taux préopératoire était indétectable.
Ces examens sont à réaliser tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant 3 ans.