Ménopause
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Entièrement naturelle, la ménopause est un phénomène physiologique par auquel toutes femmes sera confrontée un jour. C’est le moment où la capacité à procréer s’arrête définitivement. Marquée par un grand bouleversement hormonal, cette étape entraîne de nombreux troubles physiques et psychologiques. Pour aider à passer ce cap dans les meilleures conditions possible, cet article va livrer toutes les informations essentielles à connaître sur la ménopause.
On parle de ménopause à partir d’un an sans règles chez une femme âgée de plus de 40 ans.
La ménopause correspond à l’arrêt définitive de l’activité ovarienne donc des règles.
Pour mieux comprendre le phénomène, voici d’abord quelques explications sur le mécanisme de reproduction de la femme.
Le cycle menstruel
Dès sa naissance, chaque petite fille dispose d’un nombre limité de follicules ovariens. Ce sont les cellules de la reproduction chez les femmes (chez les hommes ce sont les spermatozoïdes).
Chaque mois, une partie des follicules ovariens se développe et un seul libère l'ovule qui sera fécondé ou non par le spermatozoïde.
S'il n'y a pas fécondation, les ovocytes involuent et les règles se déclenchent.
La survenue de la ménopause
Avec le temps, le nombre de follicules ovariens disponibles diminue. Lorsqu’il y en a moins de 1000, la production d’œstrogènes baisse progressivement, ce qui va perturber le cycle menstruel.
Une fois le stock épuisé totalement, la sécrétion d’œstrogènes et de progestérone s'arrête. Puisque l’endomètre n'est plus sous influence hormonale, il n'y a plus de règle.
La ménopause touche généralement les femmes âgées de 45 à 55 ans.
Comme la ménopause provoque des modifications drastiques sur le plan hormonal, son arrivée s’accompagne généralement de nombreux symptômes désagréables.
Chez 80 % des femmes, elle engendre des bouffées de chaleur. Ce sont des sensations soudaines de chaleur centrée sur le haut de la poitrine. Elles s’étendent au reste du corps. Le phénomène dure environ 2 à 4 minutes et se déclenche souvent la nuit. Parfois, il s’accompagne de sueurs, palpitations, frissons ou anxiété.
À cause de la baisse du taux d’œstrogène, il apparaît des irrégularités menstruelles. Elles peuvent commencer 4 ans avant la ménopause.
Une sécheresse vaginale survient chez 20 % des femmes ménopausées. Elle est responsable de douleurs lors des relations sexuelles, démangeaisons, saignements vaginaux. Aussi, les risques de problèmes urologiques augmentent. Nombreuses sont celles qui souffrent d’incontinence urinaire d’effort, besoin d'uriner souvent, difficulté à uriner, sang dans les urines…
Sur la peau, le manque d’œstrogène impacte la production d’élastine et de collagène. Cela entraîne une sécheresse cutanée et accentue l’apparition des rides.
Au niveau psychologique, la ménopause est source de troubles de l’humeur et de troubles du sommeil.
Dès qu’il y a interruption des règles, il est important de réaliser un test de grossesse.
En cas de doute sur le diagnostic de la ménopause, le médecin peut proposer un examen biologique afin de réaliser un dosage hormonal. Ce dernier montrera un taux de FSH très augmenté et de 17béta œstradiol effondré.
Dès que les signes de la ménopause se manifestent, il peut être nécessaire de consulter une sage-femme ou un pharmacien. Ces professionnels de santé conseillent et orientent sur les conduites à tenir face aux symptômes.
Si certains d’entre eux deviennent trop intenses ou provoquent une gêne dans la vie quotidienne, un médecin généraliste peut assurer la prise en charge. Au besoin, il pourrait être utile de recourir vers un gynécologue.
Comment diminuer les bouffées de chaleur ?
Pour traiter les bouffées de chaleur, il convient en première intention d’adopter quelques mesures hygiénodiététiques :
modérer la consommation de boissons chaudes, aliments chauds ou épicés, caféine, alcool, tabac ;
pratiquer une activité physique ;
perdre du poids en cas de surpoids ;
porter des vêtements légers ;
dormir dans une pièce fraîche.
En alternative, la valériane constitue aussi un traitement efficace. L’idéal est de la prendre sous forme d’extraits aqueux ou hydroalcooliques titrant moins de 30 % d’alcool. La valériane fortement alcoolisée et en poudre est à éviter.
L’hypnose, le Yoga, l’acupuncture, l’homéopathie supérieure à 4CH, quant à eux, apportent des effets placebo parfois appréciables.
Pour les traitements suivants, leurs bénéfices sont quasiment incertains ce qui exige une grande prudence quant à leur utilisation. On peut citer :
la graine de lin, le ginseng, le millepertuis, l’extrait de pollen et de pistil : ils ne possèdent pas d’efficacités démontrées ;
les phytoœstrogènes (soja, trèfle rouge, houblon) : ils ont une efficacité modeste. De plus, il existe des incertitudes sur les effets indésirables notamment les risques de cancer dépendant des oestrogènes. Mieux vaut réserver ces plantes pour un traitement court.
Enfin, il y a les traitements qui sont strictement à écarter car ils font pires que mieux :
l’homéopathie inférieure à 4CH : elle n'est plus sans danger ;
le bêta alanine : elles agissent en placebo, mais s’associent à de nombreux effets indésirables ;
Cimicifuga racemosa (Actaea racemosa) : un placebo avec effets indésirables parfois graves ;
les extraits de pistils et de pollens : ils peuvent être cause des réactions allergiques.
Comment traiter la sécheresse vaginale ?
Pour les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale, différents traitements existent.
Les traitements de première intention consistent à utiliser quotidiennement un gel vaginal hydratant. Lors des rapports sexuels, il convient d’utiliser un gel lubrifiant.
En deuxième intention, le médecin peut ordonner l’usage d’œstrogène par voie vaginale ou de l’anneau vaginal d’estradiol.
L’œstrogène par voie vaginale est généralement de faible dose et est employé durant la durée la plus faible possible. Il présente des contre-indications en cas de maladie thrombo-embolique ou de tumeur dépendante des oestrogènes. Les plus courants sont l’œstriol et la promestriène par voie vaginale.
Pour ce qui est de l’anneau vaginal d’estradiol, il se porte pendant 3 mois environ.
En dernière intention, il est possible de réaliser un traitement hormonal substitutif (THS) à la dose minimale efficace et sur la durée la plus courte possible. Il faut bien y réfléchir car celui-ci peut augmenter le risque de maladie thrombo-embolique ou de tumeur oestrogénodépendante. Vous pouvez opter pour de l’estradiol à dose unitaire la plus faible possible, combiné avec un progestatif oral.
La prastérone alias DHEA (déhydroépiandrostérone), quant à elle, présente des bénéfices encore incertains. C’est un précurseur d’hormones sexuelles sous forme d’ovule vaginal. En plus de son effet modeste, elle renferme des effets indésirables mal évalués.
Par ailleurs, certains traitements sont à écarter absolument, à l’instar de :
gels vaginaux contenant des antiseptiques tels que la chlorhexidine : ils provoquent un déséquilibre au sein de la flore vaginale ;
gels vaginaux contenant : propylène glycol, parabens (hydroxybenzoates), benzalkonium, parfums, extraits de plante tels que l’aloe vera ;
association d’équins et de bazédoxifène : la balance bénéfice et risque est incertaine.
Après la ménopause, les bouffées de chaleur peuvent persister jusqu’à 7 ans. La sécheresse vaginale s’aggrave souvent avec le temps et évolue vers une atrophie vaginale.
Comme la ménopause est un processus inévitable, la prévention consiste à réduire au maximum l’intensité des symptômes. On peut conseiller :
une prise en charge immédiate de l'obésité
un accompagnement antitabac pour les personnes concernées ;
la non utilisation des médicaments aggravant les bouffées de chaleur liées à la ménopause comme : les agonistes-antagonistes des récepteurs aux œstrogènes tels que le ralofifène, les antiestrogènes tels que le tamoxifène, les inhibiteurs de l’aromatase (anastrozole, exémestane, létrozole), les agonistes de la gonadoréline (leuproréline, nafaréline).