Lymphoedème du membre supérieur
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Le lymphœdème du membre supérieur est caractérisé par un gonflement des bras, de l’avant-bras et des mains et des doigts. Il est responsable d’une diminution des capacités physiques en plus d’avoir un aspect plus ou moins inesthétique. Cette affection touche surtout les femmes qui ont souffert de cancer du sein. Le lymphœdème nécessite des soins appropriés et des suivis médicaux rapprochés. Dans cet article, on fait le point sur le lymphœdème du membre supérieur suite à un cancer de sein.
La lymphe est un liquide biologique incolore ou légèrement jaunâtre qui circule dans les vaisseaux lymphatiques appelés « système lymphatique ». Il est composé des liquides excédentaires des tissus, de globules blancs, de nutriments, d’hormones et de déchets ; et sera transporté vers le cœur.
Un œdème quant à lui, est une accumulation anormale de liquide provenant du sang dans les espaces intercellulaires.
Le lymphœdème du membre supérieur est une stase de lymphe lié à un cancer du sein, une chirurgie des ganglions de l’aisselle ou une radiothérapie. S’il y a une interruption du drainage lymphatique par obstruction du cancer ou du traitement de celui-ci par exemple, la lymphe s’accumule au niveau du membre supérieur en question et provoque une enflure.
Le risque de lymphœdème est très élevé au cours des 3 premières années de la découverte d’un cancer du sein.
Ce sont surtout les femmes qui sont les plus touchées par cette affection. Il faut noter que les personnes qui souffrent de cancer de sein ou qui ont subi une chirurgie des seins ou un curage ganglionnaire présentent plus de risque de développer un lymphœdème. En effet, 28 % de ces personnes ont une augmentation du volume du bras, de l’avant-bras, du poignet et de la main du côté malade pendant les 3 années qui suivent.
Au cours d’un lymphœdème du membre supérieur, la personne ressent une sensation de lourdeur et de compression du bras du côté opéré ou malade. On observe un gonflement progressif qui empêche le port de bague ou bracelet. La peau va ensuite changer d’aspect et devenir plus lisse.
La personne sentira également une diminution de l’amplitude du bras. EIle aura plus de mal à le faire bouger.
Pour apprécier le gonflement du membre supérieur, il convient de faire une comparaison des diamètres des deux bras à 15 cm au-dessus du pli du coude, des avant-bras à 10 cm en dessous du pli du coude, des poignets et des doigts. Une différence de plus de 2 cm entre les deux membres supérieurs est suffisante pour poser le diagnostic.
Au stade 1 de ce trouble, le gonflement régresse quand la femme lève son bras. Ce n’est plus le cas au cours du stade 2 et 3.
La palpation aide à mieux classer le lymphœdème du membre supérieur.
Stade1 : la pression du doigt sur le bras laisse une empreinte qui persiste quelques secondes avant de disparaître. C’est ce qu’on appelle signe du godet.
Stade2 : la pression du doigt ne reste pas sur la peau.
Stade3 : la peau a durci.
Un lymphœdème compliqué se traduit par une augmentation importante du volume de l’œdème. Cela peut engendrer des conséquences d’ordre esthétique, physique et fonctionnel majeur.
Un bilan complémentaire n’est pas nécessaire pour confirmer la présence d’un lymphœdème du membre supérieur. Le contexte et les examens cliniques suffisent pour poser le diagnostic.
À l’échographie Doppler, la présence de caillot sanguin évoquera la présence de thrombose veineuse. Une anomalie tumorale observée sur un scanner ou sur une IRM suggérera la reprise du cancer ou l’apparition d’un lymphangiosarcome.
Pour traiter un lymphœdème du membre supérieur suite à un cancer du sein, vous pouvez vous tourner vers un médecin généraliste ou un oncologue.
Pour ralentir la progression du lymphœdème, il est important de bouger régulièrement le membre en question. Cela aidera les systèmes circulatoires à reprendre progressivement.
Il convient aussi d’appliquer une compression continue jour et nuit par bandages multicouches peu extensibles sur le membre. Un relais par un manchon élastique sur mesure s’avère également être utile pendant la journée. Ce dispositif permet de réduire l’œdème de 40 % en 2 mois. Pensez à le renouveler tous les 6 mois.
Le drainage lymphatique manuel du bras et de la cicatrice permet aussi de réduire le volume du membre. Pensez donc à vous inscrire sur un programme d’auto-massage pour apprendre à vous masser vous-même. Une pratique de 10 à 20 minutes par jour contribue à une amélioration notamment si elle est accompagnée par un programme d’étirement et de renforcement de l’épaule.
Malheureusement, jusqu’à présent, il n’existe pas de traitement curatif pour le lymphœdème du membre supérieur.
La complication la plus dangereuse avec le lymphœdème est le risque d’infections. Pour éviter cela,
porter des gants et des manches longues lors des activités à risque de blessures ou de brûlure (cuisine, jardinage, etc.)
apporter un soin attentif à toute plaie : nettoyage à l’eau et au savon le plus tôt possible ;
Appliquer des lotions hydratantes après la douche.
Le passage à la chronicité est aussi une complication du lymphœdème du membre supérieur. L’affection atteint ainsi le stade 3 (épaississement de la peau, inflammation de l’épaule, douleurs de nerfs…). Dans ces circonstances, il est important d’appliquer attentivement les soins conseillés. Il est aussi recommandé de se faire accompagner pour apprendre à gérer les douleurs.
Un lymphœdème peut entraîner des conséquences esthétiques désagréables. Ceci peut altérer la condition de vie et la stabilité émotionnelle (anxiété, dépression, etc.). Si besoin, se faire accompagner pour un soutien psychologique.
Dès que la patiente ressent une lourdeur du côté du bras opéré et d’autres symptômes comme la fatigue et la difficulté de bouger, il faut le signaler sans tarder au médecin.
Le risque de lymphœdème est maximal dans les 3 ans qui suivent la chirurgie du cancer du sein. Voici des mesures pour éviter cette affection.
Commencer la kinésithérapie tôt après chirurgie ou après la découverte de cancer. Il convient aussi de masser la cicatrice et de faire des exercices actifs progressifs.
Utiliser la technique du ganglion sentinelle avant toute chirurgie. Un marqueur identifie les ganglions en contact avec le cancer et si le marqueur est négatif, les ganglions peuvent être laissés en place.
Notez aussi que l’obésité (IMC supérieur à 25) favorise le lymphœdème. Par conséquent, il est nécessaire de retrouver son poids d’équilibre. Si besoin, il faut faire accompagner la patiente vers la réduction du poids.
Faites attention avec les mesures suivantes qui n’ont pas de fondements solides: arrêter les activités physiques du côté atteint, arrêter les ponctions veineuses ou les injections du côté atteint; ne pas prendre la tension artérielle sur le membre malade, arrêter les voyages en avion, arrêter d’exposer le membre au soleil, ou à une température froide, arrêter de porter des charges lourdes... ce sont des conseils qui n'ont jamais fait leur preuve.
Le risque de lymphœdème est maximal dans les 3 ans suivant la chirurgie de cancer du sein, mais il peut persister toute la vie en l’absence d’une prise en charge correcte.