IVG
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Il existe diverses raisons pour lesquelles une femme souhaite mettre fin à sa grossesse : problèmes de santé, manque de détermination, soucis financiers, problèmes sociaux… Toutefois, peu importe l’origine de cette motivation, on considère que chaque femme a pleinement le droit d’avorter si tel est son choix. Après tout, c’est son avenir qui est en jeu. Il faut néanmoins signaler que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est pas un acte à prendre à la légère. Elle nécessite l’intervention d’un professionnel de santé qualifié et de grandes ressources psychologiques. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce sujet.
De nombreux couples sont victimes de grossesse non désirée. À la suite d’un rapport sexuel non protégé, la femme tombe enceinte involontairement et ils décident de mettre un terme à la grossesse.
Bien que les avis concernant l’avortement volontaire soient encore très partagés, de nombreux pays ont donnés leur accord pour sa pratique. En France, l’IVG est légale depuis la loi VEIL de 1974 modifiée en 2001. Le terme limite est 14 semaines d’aménorrhée soit 12 semaines après le début d’une grossesse.
Le nombre de femmes qui interrompent leur grossesse est très élevé. Voici ce que témoignent les chiffres en France en 2018 :
5,9 IVG pour 1000 mineures âgées de 15-17 ans.
27,3 IVG parmi les 20-24 ans
22,9 IVG parmi les 20-34 ans
0,6 IVG parmi les 45-49 ans
Environ 220 000 femmes ont recours à l’IVG chaque année.
Les principaux symptômes d’une grossesse sont la fatigue, des seins douloureux, des nausées, des vomissements, une modification de l’appétit. Un signe majeur est le retard des règles.
En outre, la sialorrhée ou hypersalivation et les envies fréquentes d’uriner sont également communes chez les femmes enceintes.
La grossesse non désirée créée souvent d’importantes frustrations chez un couple c’est pourquoi il est important de se faire accompagner. Des situations compliquées sont observées :
chez une femme indécise : il faut alors prendre le temps de discuter en ne mettant pas de pression.
chez une femme mineure : vu son âge, un soutien moral est essentiel pour elle lors de cette période difficile. Ainsi, elle doit être accompagnée d’une personne majeure choisie par ses soins. Cette personne n’a pas à fournir de consentement écrit et le consentement des parents n’est pas obligatoire. Un entretien psychosocial est en revanche obligatoire.
chez une femme en position socio-économique compliquée : pour faciliter sa décision, le mieux pour elle serait de discuter avec les professionnels du social.
Pour confirmer la grossesse, des examens sont utiles :
C’est le type de test le plus couramment utilisé. Une bandelette détecte la présence de l’hormone HCG dans l’urine. C'est très fiable.
Cet examen permet de vérifier la présence d’HCG dans le sang, qui signe la grossesse.
Avant une IVG, il est important de connaître le groupe sanguin de la patiente et de faire une recherche d’anticorps inadaptés appelés RAI.
En plus de confirmer la grossesse, l’échographie pelvienne permet de situer son emplacement dans l’utérus et de connaître son âge.
Si on se rend compte que l’âge gestationnel est proche de 14 semaines d’aménorrhée, il faut prendre une décision rapidement. En effet, la limite légale de l’IVG est proche à ce moment. Au-delà de cette période, elle n’est plus autorisée, du moins en France.
L'idéal est de contacter un médecin généraliste, un gynécologue , une sage-femme ou bien directement un centres « d’ orthogénie » ou de planning familial qui pratique l’IVG.
Les frais d’IVG sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie en France. Pour toutes informations sur le sujet, consultez ce site ou appelez au 0 800 08 11 11 (téléphone français anonyme et gratuit). Pendant la procédure, la patiente sera amenée à passer 2 consultations obligatoires et à signer une lettre de consentement.
Il existe deux méthodes d’IVG : l’IVG médicamenteuse et l’IVG chirurgicale.
L’IVG médicamenteuse (57 % des IVG) : pour les grossesse de moins de 9 semaines d'aménorrhées
La patiente devra prendre 1 à 3 comprimés de mifépristone pour stopper sa grossesse (96 % de succès).
48 h plus tard, elle devra prendre une dose de misoprostol le matin. Ce médicament va provoquer des contractions de l’utérus et l’expulsion du fœtus (membranes et caillots de sang comme si c’était des règles abondantes). La prise de misoprostol se fait soit à la maison pour les grossesse datés de moins de 7 semaines d'aménorrhées, soit à l’hôpital pour les grossesses datés entre 7 et 9 semaines d'aménorrhée.
La dose de misoprostol est variable selon les équipes médicales. Généralement, 2 comprimés le matin suffisent. Souvent, la sortie de l’hôpital se fait le jour même, mais, par sécurité, il est recommandé d’être accompagnée. Le taux de réussite de l’IVG médicamenteuse est estimé à 95 %.
L’IVG chirurgicale (43 % des IVG) pour les grossesses de plus de 9 semaines d'aménorrhées
Une consultation pré-anesthésique est effectuée 48 h avant l’acte. La veille, la patiente devra prendre 2 comprimés de misoprostol ce qui ouvrira son col. Au cours de l’intervention, le chirurgien gynécologue procèdera à une aspiration à l’intérieur de l’utérus à l’aide d’une canule (jamais de curetage). Si tout se passe bien, la patiente sort de l’hôpital le jour de l’opération. Ce protocole peut varier en fonction des équipes.
Même après l’IVG, certains symptômes de la grossesse peuvent encore se manifester. La femme peut continuer à avoir des vertiges, des vomissements ou des maux de tête. Des diarrhées peuvent aussi survenir. Pour soulager ces désagréments, elle peut prendre de l’ibuprofène et du naproxène.
Le paracétamol est moins efficace.
Entre le 3e et 5e jour après l’IVG, la femme peut avoir une fièvre à 39 °C pendant 24 h. La patiente peut aussi ressentir des douleurs pelviennes accompagnées d’une expulsion de caillots. Il s’agit d’une réaction normale qui disparaît généralement sous 48 h. Si ce n’est pas le cas, consultez un médecin.
Pour les IVG médicamenteuses, une échographie est nécessaire à 2-3 semaines ou s’il y a un doute sur une éventuelle complication.
En cas de doute sur la réussite de l’IVG : suivre l’évolution du taux d’HCG qui doit diminuer tous les jours jusqu’à zéro.
Notez que l’IVG ne risque pas d’avoir des conséquences sur les grossesses futures ni sur la fertilité.
La méconnaissance de la sexualité est un facteur majeur du grand nombre de la grossesse non désirée. Dans ce cas, il convient de multiplier les campagnes de sensibilisation et de prévention.
Pour veiller à ne pas être confronté de nouveau à une grossesse non désirée, l'équipe médicale proposera une contraception (voir ce chapitre).
Si le sujet a des saignements de plus de 2 serviettes maximum par jour, une échographie est nécessaire pour vérifier si l’IVG s’est déroulée correctement. Si ce n’est pas le cas, une intervention chirurgicale est à prévoir.
En cas de détresse psychologique, il convient de se faire accompagner.
Pour les femmes de groupe sanguin rhésus négatif, il existe un risque d’immunisation contre les prochains bébés de rhésus positifs. Il faut alors prévoir une injection de Rophylac 200.