Endométrite après l'accouchement
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La période suivant l’accouchement est délicate pour le corps d’une femme. Les voies génitales subissent des changements brutaux en devant évacuer les débris liés à l'accouchement. Les risques d’infections sont plutôt élevés. C’est le cas de l’endométrite du post-partum. Faisons le point sur cette pathologie.
« Endométrite » désigne une infection qui touche la paroi de l’utérus. Quant à la précision « postpartum », elle signifie que l’infection se développe après un accouchement.
En cas d’absence ou de retard de traitement, cette affection peut s’étendre au muscle et au delà dans les couches plus profondes de l’utérus.
L’endométrite du postpartum est due à la remontée des germes de la peau dans les voies génitales. Les débris de grossesses non évacués peuvent également être à l’origine de l’infection.
On la considère comme une infection plurimicrobienne. Plusieurs types de microorganismes peuvent causer l’endométrite après l’accouchement :
Staphylococcus aureus ;
Escherichia coli ;
Gardnerella vaginalis ;
Staphylococcus epidermidis ;
Finegoldia spp. ;
Mycoplasma hominis.
Divers facteurs de risque sont aussi identifiés parmi lesquels on peut citer :
l’hémorragie importante suivant la délivrance du placenta ;
l’épisiotomie ou incision qui permet d’ouvrir le périnée afin de faciliter l’accouchement ;
les mauvaises manœuvres obstétricales ;
la rupture prématurée des membranes ou chorioamniotite ;
le travail long au-delà de 6 heures ;
le toucher vaginal fréquent.
L'absence d'antibiotique préventif contre le Streptocoque B.
Cette infection de la paroi utérine touche moins de 2 % des grossesses.
Les troubles apparaissent entre le 1er et le 10e jour de l’accouchement. L’infection se manifeste généralement par une fièvre. A cela s’ajoute d’autres symptômes tels que des douleurs pelviennes importantes ou des lochies nauséabondes et hémorragiques (c'est le nom donné aux écoulements utérins).
En cas d’endométrite postpartum, on constate :
une température élevée de 38 °C et plus ;
une augmentation anormale de la fréquence cardiaque.
Lors d’un toucher vaginal, on remarque que l’utérus est volumineux et de consistance molle. Celui-ci devient sensible et douloureux et n'est pas rétracté.
L’inspection au spéculum révèle des lochies fétides malodorantes sortant du col de l'utérus.
Cette infection peut engendrer des complications telles que :
le pyosalpinx qui se manifeste par des douleurs pendant les rapports, des pertes vaginales abondantes et colorées, des douleurs pelviennes aiguës très importante ainsi que de la fièvre ;
la pelvipéritonite qui a des symptômes à l’exemple d’une fièvre élevée, des vomissements, des douleurs vives au niveau de l’abdomen, une douleur abdominale atroce, et un arrêt des gaz.
On peut évoquer une thrombose veineuse pelvienne par la persistance de la fièvre après72 h de la prise d’antibiotiques.
Si vous suspectez d'autres causes consultez ici.
Différents examens sont nécessaires pour le diagnostic d’une endométrite du postpartum.
Examen biologique
La prise de sang va servir à savoir si il y a un syndrome inflammatoire (CRP élevée, et présence d'un grand nombre de polynucléaires neutrophiles).
Cependant, la CRP peut être élevée si l’accouchement était par césarienne. Aussi, la grossesse engendre une leucocytose (augmentation du nombre de leucocytes) physiologique, ce qui peut induire en erreur.
Le prélèvement des lochies est également utile car leur mise en culture permet de trouver les germes responsables de la pathologie et de savoir à quel antibiotique ils sont sensibles.
Examen par échographie ou IRM
Le recours à l’imagerie comme l’échographie et l’IRM est possible pour confirmer le diagnostic
Une sage femme, un médecin généraliste ou un gynécologue doit pouvoir faire le diagnostic d'endométrite.
Le pharmacien avisé pour donner les conseils et orienter si besoin.
Afin de soulager les symptômes de l’infection, prendre du paracétamol.
Si besoin, prendre des antalgiques plus puissants : morphine, tramadol ou codéine.
En revanche, il est fortement déconseillé d’utiliser des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS).
Le traitement de l‘endométrite du postpartum est basé sur la prise d'antibiotique. Le traitement dure habituellement entre 7 jours et 14 jours.
Au cas par cas, le médecin peut prescrire :
de la clindamycine 900 mg x 3/j + gentamicine 5 à 7 mg/kg/j ;
de l’amoxicilline + acide clavulanique 1 g 4/j ;
de l’amoxicilline + métronidazole, céfotétan ou céfoxitine.
On choisi l'antibiotique qui fonctionne le mieux à partir du résultat des prélèvements.