Douleurs menstruelles liées aux règles
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Une femme sur deux se plaint de douleurs dans le ventre durant ses règles. C’est ce qu’on appelle douleur menstruelle. Lorsque celles ci ont toujours existées, on parle de douleur menstruelle primaire. À quoi est-ce dû ? Comment la reconnaître et la traiter ? Trouvez les réponses dans cet article.
Les douleurs pelviennes qui accompagnent ou précèdent les règles sont désignées par les termes « dysménorrhée » ou « règles douloureuses ».
Si les douleurs débutent à l’adolescence, on parle de douleur menstruelle primaire (c’est celles que nous allons traiter dans cet article).
Si les douleurs apparaissent chez les femmes plus âgées, on parle de douleur menstruelle secondaire. Cette seconde forme de dysménorrhée est plus souvent liée à l’endométriose (maladie de l’endomètre) ou au myome utérin (tumeur du col de l’utérus). Référez vous à ces articles si besoin.
La douleur menstruelle primaire est due à des contractions musculaires (expulsion du sang) et une diminution de l’apport sanguin. Elle est bénigne.
Certains facteurs peuvent être associés aux formes sévères :
des premières règles d'apparition précoce ;
une abondance des règles ;
un tabagisme ;
les facteurs génétiques ;
dans de rares cas, une imperforation de l’hymen et du diaphragme vaginal.
50 à 70 % des femmes souffrent de règles douloureuses depuis leur adolescence.
L’évaluation clinique par un médecin élimine les causes rares de douleur par imperforation de l’hymen et le diaphragme vaginal (un vagin occlut par une membrane).
Des complications peuvent survenir dans le cadre des règles douloureuses :
une anémie peut se manifester lorsque les règles sont abondantes. Elle se traduit par un malaise et une pâleur de la peau et des conjonctives des yeux ;
des signes invalidants peuvent apparaître chez 15 % des femmes. La douleur provoque des difficultés sur le plan social, scolaire ou professionnel.
La douleur menstruelle primaire n'est pas normale en présence de ces signes :
une douleur nouvelle ;
une douleur constante, sans répits ;
une fièvre ;
un écoulement vaginal ;
un ventre qui perd de sa souplesse, qui est très contracté ou dur comme du bois.
A ce moment là, il faut envisager d'autres diagnostics.
En cas de doute sur le diagnostic de la douleur prémenstruelle primaire, il faut réaliser certains examens.
Examens biologiques
L’analyse sanguine permet de :
déterminer s'il y a une anémie ou non, grâce à la NFS (numération de la formule sanguine) ;
doser les réticulocytes : ce sont des jeunes globules rouges immatures ;
déterminer le taux ferritine qui compose le globule rouge ;
doser les folates (vitamine B9) et la vitamine B12 qui sont des vitamines participant à la formation du globule rouge.
Échographie pelvienne
Une échographie pelvienne permet d’éliminer les diagnostics différentiels.
En cas de douleur menstruelle, un pharmacien ou une sage-femme peuvent orienter et donner quelques conseils essentiels. Pour un diagnostic plus approfondi, un médecin généraliste ou d’un gynécologue sera nécessaire.
Pour apaiser la douleur, se reposer est essentiel. On peut aussi prendre du paracétamol, accompagné d'anti inflammatoires que sont l’ibuprofène ou du naproxène voire du flubiprofène. Les douleurs intenses seront soulagés par de la morphine.
D'autres techniques sont parfois proposées : l'efficacité n’est pas prouvée pour soulager les règles douloureuses :
l’hypnose ;
l’acupuncture ;
la chiropraxie ;
la simulation électrique sous-cutanée.
Par contre il est déconseillé de prendre ce médicament pourtant bien connu : le phloroglucinol SPASFON. En fat l’efficacité de ce médicament n’est pas prouvée alors qu'il comporte des effets indésirables. Le bénéfice n'est donc pas au rendez vous.
Les traitements ciblés ne sont utiles que si les traitements précédents ne suffisent pas. Ils agissent sur le cycle menstruel. On a le choix.
Le stérilet aux hormones (lévonorgestrel) est indiqué en première intention. Il permet de diminuer les règles. Avec ce stérilet, les règles peuvent parfois être irrégulières. Il est contre-indiqué si un fibrome sous-muqueux fait saillie dans l’utérus. De même, il ne doit pas être utilisé chez la femme enceinte.
Les pilules œstroprogestatives sont également indiquées soit en prise discontinue comme mentionné sur la boite, soit en prise continue : dans ce cas on enchaîne les plaquettes sans avoir de règles. Cela permet de diminuer la fréquence des règles puisqu'au lieu d'en avoir une par mois, on peut en avoir une tous les deux mois.
Pour les pilules au lévonorgestrel, dit « microdosé », c'est encore mieux. On peut parfois arrêter carrément les règles dans 1/3 des cas. Chez un autre tiers les règles sont présentes mais diminuées. Chez le tiers restant, le médicament provoque une irrégularité des règles.
Enfin, on peut utiliser les progestatifs forts, du 15e au 25e jour du cycle :
En première intention : la progestérone micronisée ou de la dydrogestérone DUPHASTON.
En cas d’échec : le nomegestrol LUTENYL, le chlormadinone LUTERAN ou le médrogestone COLPRONE.
Ce sont des traitements très efficaces qui permettent de ne plus avoir de règles. Il faut toutefois une surveillance par IRM cérébrale pour dépister l'apparition de méningiome.
Certains médicaments et méthodes ont des bénéfices incertains dans le traitement de la douleur menstruelle primaire.
Les progestatifs forts sur une plus longue durée. La balance bénéfice/risque est discutable à long terme.
Les agonistes de la gonadorélines comme la leuproréline : ce sont des médicaments qui agissent sur le cervaux en provoquant une ménopause artificielle. Ils sont à réserver en dernière intention du fait de leurs effets indésirables importants de ménopause.
L’endométrectomie : c’est une ablation de l’endomètre qui peut être discutée.
La chirurgie de l’utérus par voie vaginale. On parle d’hystérectomie totale. Il faut bien y réfléchir. nb : il n’y a pas d’intérêt de préserver le col.
Cas particuliers : en cas de malformation comme l'imperforation de l’hymen ou le diaphragme vaginal, il convient de procéder à une intervention chirurgicale.
Il est possible que la douleur menstruelle primaire s’améliore avec le temps.