Kératose actinique
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La kératose actinique ou kératose solaire est une lésion cutanée due à de nombreuses années d’exposition aux rayons UV du soleil ou aux rayons UV artificiels. C’est une affection précancéreuse plus fréquente chez les personnes qui ont la peau claire. Dans 5 à 10 % des cas, elle est susceptible de se transformer en cancer de la peau. Dans cet article, nous allons découvrir tous les détails concernant cette maladie : diagnostics, symptômes, traitements adéquats et préventions.
La kératose actinique, appelée aussi la kératose solaire est une affection cutanée qui résulte d’une exposition souvent aux rayons ultraviolets ainsi que de la prolifération normale des kératinocytes (cellules constituant l’épiderme).
La kératose actinique est principalement liée à une exposition solaire répétée. Elle évolue vers la régression, la stabilisation, ou bien vers l’épaississement ou l’augmentation de la taille de la lésion. C’est seulement dans 5 à 10 % des cas qu’elle évolue vers un carcinome spinocellulaire (cancer de la peau).
La kératose actinique peut toucher toute personne, mais elle survient généralement chez les individus à peau claire. Elle est plus fréquente après l’âge de 70 ans.
En général, la kératose actinique est asymptomatique. Toutefois, le sujet peut parfois présenter du prurit.
Les lésions au cours d’une kératite actinique sont des macules rouge rose avec des vaisseaux à sa surface, d’aspect rugueux, qui se répartissent en de nombreuses petites taches bien limitées.
Ces taches sont visibles sur les zones exposées au soleil comme le crâne chauve, le visage, la nuque, le dos, les avant-bras et les mains.
Parfois les symptômes de la kératose actinique ressemblent à ceux d’autres maladies de la peau :
Carcinome spinocellulaire : c'est la complication redoutée. Elle se manifeste par des lésions rouges parfois en relief. Elle desquame, végète, s’ulcère, ou les deux. La lésion est infiltrée, de taille supérieure à 1 cm, à croissance rapide et possède une forte résistance aux traitements. Il est nécessaire de faire une biopsie pour le détecter.
Carcinome basocellulaire : nodule qui déprime et s’ulcère avec des perles épithéliomateuses sur les périphéries.
Psoriasis : plaques rouges épaisses avec desquamation.
Dermatite séborrhéique : rougeurs en lisière du front, du nez ou du menton.
Mélanome : lésion hyperchrome extensive à partir d’un nævus.
Lentigo solaire : petite tache cutanée pigmentée ronde ou lenticulaire, parfois légèrement saillante, de nature congénitale ou consécutive à une exposition solaire.
Il n’existe aucun examen particulier pour faire le diagnostic de la kératose actinique. Mais en cas de doute, une biopsie permet de le confirmer.
Il faut consulter un dermatologue en cas de kératite actinique. Il dispose de tous les outils diagnostiques et thérapeutiques nécessaires.
En outre, un médecin généraliste est parfois à même de faire le dépistage de la kératose actinique et de pratiquer la cryothérapie si nécessaire ; en revanche cela n'est pas sa spécialité.
Le pharmacien pourra délivrer les conseils bienvenus.
Les traitements visent à donner une esthétique à la peau, mais ils n’ont pas d’effet prouvé sur la diminution du risque de cancer.
Voici les méthodes couramment utilisées pour traiter cette lésion cutanée :
Cryothérapie : permet de soigner l’inflammation et d’apaiser les douleurs sous l’action du froid. Il est peu efficace sur le dos et les mains.
Curetage éventuellement suivi d’une électrocoagulation par bistouri électrique.
Photothérapie dynamique : permet de traiter une zone en détruisant les tissus pathologiques. Une séance de photothérapie consiste à appliquer sur les lésions un agent photostabilisant tel que l’aminolévulinate de méthyle en crème ou acide 5 — aminolévulinique en emplâtre (préparation adhésive) et à les irradier avec de la lumière rouge plusieurs heures après. Ce traitement est inconstamment efficace.
Diclofénac à 3 % : c’est un antiinflammatoire de forte concentration.
Fluorouracile crème 5 % : il a une action cytotoxique (empêche la croissance des cellules cancéreuses).
Le choix du traitement dépend de la gravité des lésions.
Lésion non épaissie : aucun traitement.
Lésions peu nombreuses et peu épaissies : cryothérapie.
Lésions peu nombreuses et épaissies : cryothérapie ou curetage associé ou non à une électrocoagulation.
Lésions nombreuses et rapprochées : cryothérapie ou photothérapie dynamique.
Lésions multiples et diffuses : cryothérapie ou diclofénac ou fluorouracile.
Par contre, l’usage du mébutate d’ingénol PICATO augmente le risque d’avoir le cancer de la peau. Il faudra écarter ce médicament.
L’évolution de la kératose actinique est très variable. Il faut toutefois garder un œil constant sur les lésions et se protéger des ultraviolets autant que possible pour éviter toute sorte d’aggravation.
Le principal conseil de prévention de la kératose solaire est de limiter l’exposition aux rayons UV, surtout pendant l’enfance. Mettre un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements couvrants. Aussi, appliquer un écran solaire de protection élevée sur les zones découvertes, surtout pour les personnes à peau claire, aux yeux bleus et chauves.
Il faut éviter ces facteurs de risque :
Puvathérapie : Un traitement de maladie de la peau.
Exposition à l’arsenic et dérivés, au goudron et aux hydrocarbures par l’eau de boissons contaminée ou les fruits de mer.
Hydrochlorothiazide, tétracyclines (photosensibilisants).
Micro traumatismes répétés.
Inflammation chronique.
Traumatismes thermiques de la peau.
Papillomavirus.
Radiothérapie.
Tabagisme.
Xeroderma pigmentosum : hypersensibilité aux UV.
Verrues dans l’enfance : épidermodysplasie verruciforme (affection cutanée d’origine génétique).
Tumeurs : hamartomes (malformation des tissus).
Il faudra faire un dépistage dermatologique précoce pour détecter et détruire les lésions précancéreuses.
Notez que le risque de cancérisation d’une kératose actinique est de 0,5 % par an.