Herpès labial
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Également connu sous le nom de bouton de fièvre, l’herpès labial est une infection virale cutanée très fréquente. Il est le résultat d’une réactivation du virus de l’herpès généralement contracté au cours de l’enfance. Très contagieux, le bouton de fièvre se manifeste notamment par des vésicules brûlantes sur les lèvres pendant les périodes de poussées. Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur l’herpès labial récurrent dans cet article.
L’herpès labial ou bouton de fièvre est une infection au virus de l’herpès sur les lèvres ou aux alentours. Il est caractérisé par des lésions vésiculeuses douloureuses sur la bouche qui peuvent revenir assez souvent d’où le nom bouton de fièvre récurrent.
L’infection par le virus Herpès à lieu dans l’enfance notamment avant l’âge de 5 ans. Elle se fait par contact direct avec une personne contaminée. C’est la première infection herpétique. Elle peut être symptomatique ou non.
Le virus persiste sous forme inactive dans les neurones des ganglions sensoriels. Sa réactivation entraîne la formation de bouton de fièvre ou herpès labial.
La personne peut transmettre le virus au moment de l’éruption jusqu’à l’apparition des croûtes.
Près de 80 % des Français hébergent le virus de l’herpès. 20 % d’entre eux connaissent des poussées de bouton de fièvre. Les poussées peuvent survenir 1 à 2 fois par an, mais dans certains cas, elles peuvent être plus fréquentes et apparaître une fois par mois.
Les signes annonciateurs
Avant l’apparition des lésions herpétiques, la personne ressent d’abord une brûlure ou des fourmillements aux alentours de sa bouche ou sur les lèvres. Ces signes sont de faible intensité, de début progressif et peuvent être présents toutes les heures de la journée. Ils durent assez longtemps et peuvent même persister.
Les lésions au cours de l’herpès labial
Les lésions herpétiques débutent par une macule rouge localisée aux alentours de la bouche : sur la limite entre la peau et les lèvres. 6 h à 2 jours après, les lésions évoluent en vésicule en bouquet à fond érythémateux. Au bout de quelques jours, les vésicules se rompent, s’ulcèrent et suent formant une croûte jaunâtre.
Une personne qui a un bouton de fièvre ne présente généralement pas fièvre ou alors elle est peu élevée (38 à 39 °C).
Selon le stade de la maladie, on peut observer une des vésicules sur fond érythémateux en bouquet sur la zone péribuccale ou des érosions recouvertes d’enduits blanc jaunâtre en plaque confluante et polycyclique.
On peut rarement diagnostiquer un faux panaris herpétique. Il s’agit d’une vésicule localisée aux alentours des ongles.
La palpation des aires ganglionnaires permet d’apprécier la présence d’adénopathies cervicales douloureuses qui signent l'infection.
L’herpès labial peut devenir grave chez certains profils de patients :
Chez le nourrisson,
Chez la femme enceinte : risque sur le fœtus,
Chez une personne immunodéprimée : poussée sévère extensive, nécrotique, hémorragique ou surinfectée.
Chez une personne contaminée pour la première fois (primo-infection herpétique) : car elle cause des douleurs importantes au niveau de la bouche, difficulté à manger et à boire, présence de vésicules dans la bouche…
Il existe également des formes plus sévères de l’herpès devant conduire à un avis spécialisé :
Herpès ophtalmologique,
Érythème polymorphe,
Herpès génital,
Kaposi Juliusberg,
Encéphalite herpétique.
Attention, ne confondez pas l’herpès labial avec
L’impétigo : croûte jaunâtre sur la peau en dehors des muqueuses (sauf en cas de surinfection herpétique) ;
L’acné : présence de point (comédon) noir et blanc ;
L’eczéma : plaque rouge desquamant ;
La perlèche : fissure sur le coin de la bouche.
Les examens paracliniques ne sont nécessaires qu’en cas de doute sur le diagnostic ou en cas de complications. En médecine de ville c'est rare.
Ainsi, il est possible de faire des prélèvements de bouton pour une analyse au cytodiagnostic de Tzanck ou pour un examen PCR.
Le patient peut aussi faire une prise de sang afin de réaliser un test sérologique à l’herpès. Encore une fois, les indications sont réservées aux formes graves.
Afin de prévenir les complications sur le foie, on pourra évaluer la concentration des transaminases hépatiques (ASAT-ALAT).
Si la maladie est déjà connue et qu’il n’y a pas de complications, le patient peut s’occuper lui-même du traitement. Par contre, il est recommandé de consulter un médecin généraliste pour faire le diagnostic et instaurer le traitement si c’est nécessaire. En cas de complication, adressez vers un dermatologue ou un autre spécialiste d'organe.
Pour calmer les douleurs causées par un bouton de fièvre, préférez un antidouleur classique comme le paracétamol.
Certains médicaments comme les anesthésiques locaux, la vaseline ou les films à base de dérives cellulosiques n’ont pas beaucoup d’intérêts.
En revanche, il faudra pas prescrire :
les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS),
la cortisone pommade, même en association avec un antiviral,
les maquillages : risque d’infection.
Le traitement de l’herpès labial est surtout composé d’une bonne hygiène et d’un antiviral. Dans ce cas, il est important de laver les lésions à l’eau et au savon puis de sécher avec un sèche-cheveux ou une feuille de papier absorbant.
Pour les médicaments antiviraux, vous pouvez opter au choix pour :
Aciclovir : antiviral cutané efficace si appliqué dans les 12 heures qui suivent la poussée. Au-delà de ce délai, son efficacité est très modeste. Appliqué 5 fois par jour, il permet une réduction des poussées de 1 à 2 jours. Ce médicament n’a pas d’action sur la douleur.
Aciclovir muco-adhésif : appliquer sur la gencive supérieure au-dessus des incisives dans les heures qui suivent les premiers symptômes. Il a la même efficacité que l'aciclovir en crème. Il faut prendre un seul médicament par poussée.
Le Chlorhexidine peut s’avérer utile en cas de surinfection. Il s’agit d’un désinfectant.
Par contre, évitez l’hydrocortisone pommade même en association avec un antiviral pour ne pas risquer une aggravation de l’infection.
Pour les femmes enceintes, il faudra limiter l’utilisation de l’antiviral. Sinon, préférez l’Aciclovir. Il n’existe pas de précautions particulières chez la femme allaitante.
L’herpès labial ou bouton de fièvre guérit tout seul dans un délai de 8 à 10 jours. Il ne laisse pas de cicatrice.
La prévention de l’herpès labial consiste notamment à éviter que le patient infecte une autre personne. Il faut l'inviter à respecter les mesures d’hygiène :
Ne pas toucher les lésions surtout chez les jeunes enfants,
Se laver les mains à l’eau et au savon surtout après les soins,
Ne pas partager les mêmes serviettes ou autres affaires intimes…
Pour une personne infectée, il faudra éviter le contact avec un individu sain, éviter de se frotter les yeux, ne pas partager le linge et proscrire les pratiques sexuelles orogénitales.
Si le bouton de fièvre devient récurrent (au moins 6 fois par an), il est conseillé de prendre un antiviral pendant 6 à 12 mois. :
Aciclovir 200 mg 2 fois par jour (4 fois par jour si immunodéprimé) ;
ou Valaciclovir 500 mg une fois par jour (2 fois par jour si immunodéprimé).
Si le patient prend des médicaments qui font baisser le système immunitaire (corticoïdes, chimiothérapie…), réévaluez l’intérêt de ses traitements.
Il faudra le faire couvrir sa bouche avec un produit à haut degré de protection lorsqu'il s'expose au soleil ou aux rayons ultraviolets.
Enfin, si possible, traitez les facteurs de risque de l’herpès labial comme :
l’extraction dentaire,
la fièvre,
les règles,
le stress,
la fatigue…