Hémangiome du nourrisson
Fiche maladie Images Ordonnances
L’hémangiome du nourrisson est une de ces affections dermatologiques que l’on retrouve chez les bébés et qui fait peur au parent. Il est responsable de lésions inesthétiques et peuvent cacher de graves complications. Qu’est-ce que c’est ? Quels sont les éléments utiles au diagnostic d’un hémangiome du nourrisson ? Comment traiter un hémangiome du nourrisson ? Les réponses dans cet article.
Il s’agit de lésions vasculaires retrouvées chez les nourrissons à la naissance ou quelques jours voire quelques mois après.
On les appelle également hémangiome immature ou hémangiome tubéreux.
L’hémangiome du nourrisson fait partie des tumeurs vasculaires les plus fréquentes de l’enfant. Il provoque une prolifération bénigne de néo-vaisseaux (nouveaux vaisseaux) qui évolue au niveau cutané, voire sous-cutané.
L’origine de cette affection est inconnue à ce jour. Toutefois, on n’a pas non plus retrouvé de caractère héréditaire.
L’hémangiome montre une prédominance chez le genre féminin. On note qu’il touche 5 fois plus de filles que de garçons.
Parmi les sujets présentant un hémangiome, le nombre de nourrissons atteint est de 10 % et 30 % sont des prématurés.
L’hémangiome est généralement absent à la naissance de l’enfant. C’est dans les premiers jours de vie du bébé que la lésion apparaît. Parfois, celle-ci peut être précédée d’une macule pâle (lésion visible et sans relief pâle) ou un pseudo angiome plan (comme une espèce de nævus).
Après que l’hémangiome du nourrisson s’est totalement formé, on retrouve une lésion inesthétique rouge sur la zone de l’infection.
Lors du diagnostic de l’hémangiome du nourrisson, le médecin réalise un examen clinique pour déterminer les caractéristiques des lésions. En effet, ces dernières peuvent avoir différents aspects : tubéreux, sous-cutané, ou mixte.
Les caractéristiques de l’hémangiome tubéreux
La tumeur est nodulaire et prend la forme d’une plaque rouge vif. On parle d’hémangiome fraise. La surface de la lésion est tenue ou grenue. Leurs contours sont nets. Quant à leur nombre et leur taille, ils peuvent varier.
Ce type d’hémangiome est dépressible. Quand on pratique une vitropression, la lésion pâlit. Toutefois, il n’y a ni vidange ni disparition complète.
Les caractéristiques de l’hémangiome sous-cutané pur ou dermique
Cette fois, la tumeur est en relief. La peau de l’enfant peut être normale, bleutée, ou encore télangiectasique. L’hémangiome constitue une plaque unique, mais la taille reste variable.
Les caractéristiques de l’hémangiome mixte
La tumeur est à la fois tubéreuse et sous-cutanée. Elle peut être localisée partout sur la peau. Le plus souvent, on le retrouve sur la face ou le cou.
L’hémangiome mixte est indolore. Sa consistance peut être ferme ou élastique. Si on palpe la lésion, on ne note ni battements ni frémissements. Néanmoins, la lésion est chaude. Quant à l’auscultation, aucun souffle n’est audible.
L'hémangiome du nourrisson peut prendre une forme compliquée dans 10 % des cas.
Devant une localisation sur le nez, un hémangiome peut porter un préjudice esthétique au nourrisson. On appelle ce type de lésion un hémangiome « Cyrano ».
En cas d’atteinte laryngée, on observe souvent un hémangiome en barbe. On parle d’hémangiome sous-glottique.
L’hémangiome peut également saigner, voire devenir ulcéreux (avec une perte de substances). Ces ulcérations peuvent donner des cicatrices. Les localisations les plus fréquentes sont :
la lèvre supérieure ;
la lèvre inférieure ;
le cou ;
le siège.
En cas de localisation sur l’œil, un hémangiome peut entrainer un préjudice fonctionnel à ce niveau. L’enfant peut présenter une diplopie ou une vision double. Il peut également souffrir d’une amblyopie (c’est la baisse de l’acuité visuelle sans qu’il n’y ait de lésion organique au niveau de l’œil). Dans ce cas, il s’agit d’un hémangiome orbitaire. Un examen d’IRM (Imagerie à Résonnance Magnétique) doit alors être demandé par le médecin.
Si l’hémangiome est très étendu, il faudra une prise en charge spécialisée.
On peut également voir un hémangiome de quelques millimètres qui va toucher l’ensemble des téguments. L’hémangiome est alors dit miliaire. Il nécessite une prise en charge spécialisée.
La tumeur vasculaire peut être aussi particulièrement volumineuse. Dans ce cas, elle est ecchymotique ou violacée. Elle est chaude au toucher et de type inflammatoire. On parle de syndrome de Kasabach-Meritt.
Enfin, un retentissement psychologique est presque toujours présent chez les personnes atteintes d’hémangiome.
Le médecin doit suspecter une tumeur maligne en cas de :
tumeur congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance ;
lésion unique ;
lésion localisée au niveau du visage ;
lésion concernant un segment de membre ;
tumeur indurée, qui déforme les reliefs superficiels de la peau.
Ils sont demandés uniquement en cas de doute ou de complication.
Cet examen permet de faire la différence avec une malformation de vaisseaux sanguins.
Elle est souvent prescrite en cas d’une extension profonde de la tumeur.
On demande rarement une biopsie. Cette dernière permet de savoir si la tumeur est maligne. Autrement dit, elle fait la différence avec un cancer.
Un médecin généraliste est utile pour apporter des conseils sur la prise en charge de l'affection. Il va orienter le nourrisson vers un spécialiste au moindre doute.
Le spécialiste peut être :
un dermato-pédiatre : spécialisé sur l’enfance et des maladies cutanées qui y sont liées ;
un médecin vasculaire ou chirurgien vasculaire : spécialisé sur les vaisseaux ;
un chirurgien plasticien : spécialisé dans les opérations à risques esthétiques.
Le traitement n'est indiqué qu'en cas de préjudice esthétique ou fonctionnel. Le médicament de première intention est le propanolol. La dose recommandée est de 3 mg par kilo en sirop. Elle est à administrer jusqu’à la fin de la croissance de la lésion. Ce traitement peut durer plusieurs mois. On observera une régression de l’hémangiome chez 50 % des nourrissons.
Si le premier traitement échoue, on a recours à la corticothérapie de deuxième intention. Il s’agit d’un traitement général de corticoïdes à forte dose. Cette dernière varie entre 2 à 3 mg/kg/jour. Le principe reste le même : continuer le traitement jusqu’à la fin de la croissance de l’hémangiome.
Si le traitement n’est toujours pas efficace, il est plus approprié de demander l’avis d’un spécialiste pour un traitement alternatif voire une intervention chirurgicale.
Certains spécialistes ont recours à la photothérapie et au laser. Toutefois, leurs bénéfices sont incertains. Il y a peu de documentations à ce sujet. Le mieux est de s'en remettre à l'avis spécialisé. Il en est de même pour la vincristine (interféron a2a). On peut avoir un résultat positif à 90 %. Toutefois, le risque encouru est une paraplégie spastique (paralysie complète des membres supérieurs ou des membres inférieurs, avec un caractère hypertonique). Le jeu n'en vaut peut être pas la chandelle.
En présence d’une souffrance psychologique, il est conseillé de proposer un accompagnement psychologique au patient et à ses parents.
Un hémangiome croît pendant les 6 à 10 premiers mois de la vie de l’enfant. Puis, il y a une phase d’involution vers l’âge de 18 à 20 mois. On observe un blanchiment central en surface. Ensuite, la tumeur diminue jusqu’à disparaître complètement.
Dans la majorité des cas, l’hémangiome régresse avant l’âge de 7 ans. On estime cette régression à 80 %. Au plus tard, l’enfant est guéri à 12 ans.
Le plus souvent, l’enfant ne garde aucune cicatrice d’un hémangiome. Dans certains cas, on aperçoit des cicatrices blanchâtres atrophiques (où la peau est amincie). Il peut également y avoir des zones de peau flasque qui recouvrent un tissu adipeux résiduel.
Si l’enfant prend du propanolol ou un corticoïde à long terme, on doit surveiller les effets indésirables de ces médicaments.