Insuffisance cardiaque aigüe
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L’insuffisance cardiaque désigne l’incapacité du cœur à assurer pleinement sa fonction de pompe si bien que le débit sanguin dans les organes est insuffisant. Une insuffisance cardiaque est dite aigüe lorsque qu'elle provoque une crise. Il s’agit d’un trouble potentiellement mortel en absence de prise en charge. Découvrez dans cet article tout ce que vous devez savoir sur l’insuffisance cardiaque aigüe avec dyspnée.
L’insuffisance cardiaque est l’incapacité du cœur à assurer un débit sanguin suffisant et adapté pour le fonctionnement normal de l’organisme. Contrairement à la forme chronique, la forme aigüe évolue par crise de manière brutale. L’insuffisance cardiaque aigüe peut faire suite à une décompensation de l’insuffisance cardiaque chronique.
L’insuffisance cardiaque est généralement une complication de certaines maladies respiratoires et cardiovasculaires. Ces dernières sont responsables d’un mauvais fonctionnement de la pompe cardiaque ce qui entraîne une accumulation de sang en amont.
Si le dysfonctionnement intéresse le ventricule gauche du cœur, le sang est bloqué au niveau des poumons. La perfusion des autres organes se trouve alors diminuée.
En revanche, si le dysfonctionnement se trouve au niveau du ventricule droit, le sang s’accumule dans les veines. Une partie seulement arrive au cœur et dans les poumons pour les faire fonctionner.
Face à cette situation, le cœur fait plus d’effort afin d’assurer un débit de perfusion optimal. Avec le temps, il se fatigue : sa paroi s’épaissit et les cavités cardiaques s’obstruent.
Avec le faible débit rénal, les reins tentent de corriger le problème en stimulant la rétention d’eau. Cela augmente la volémie ou volume de sang circulant. Le cœur devra donc fournir encore plus d’effort pour le pomper. Le cercle vicieux se répète jusqu’à la décompensation cardiaque. À ce stade, le cœur est épuisé et n’arrive plus à assurer pleinement ses fonctions de pompes.
L’insuffisance cardiaque aigüe arrive généralement aux personnes âgées. En effet, l’âge moyen des patients est de 70 ans.
L’insuffisance cardiaque aigüe se reconnaît par une dyspnée qui s’installe très rapidement. Elle est accentuée pendant la nuit et quand le patient se met en position allongée.
Les signes généraux
La fréquence respiratoire du malade est augmentée tout comme son poids à cause de la surcharge en eau. La saturation en oxygène est basse ce qui peut altérer le niveau de conscience.
Les signes cardiaques gauches
Les signes sont très difficiles à apprécier donc inutile de s'attarder sur cette section.
À la palpation, le choc de pointe cardiaque est dévié à gauche. L’auscultation cardiaque révèle :
Un dédoublement du deuxième bruit cardiaque (B2) ;
Un troisième bruit pathologique (B3) : bruit de galop protodiastolique (indique une pression élevée) ;
Un quatrième bruit pathologique (B4) : bruit de galop présystolique (trouble de la compliance et de la relaxation du cœur) ;
Un souffle cardiaque parfois.
Les signes cliniques présents lors d’une insuffisance cardiaque aigüe « droite »
À l’inspection, on verra surtout un œdème des jambes. Il est mou, indolore, blanc, déclive, symétrique et prenant le godet (la peau revient lentement à la normale quand on appuie dessus). On peut aussi voir une dilatation des veines jugulaires. Lorsqu’on appuie sur le foie, on observe un reflux de sang vers les veines jugulaires.
L’auscultation du cœur peut révéler des anomalie, mais difficiles à apprécier là aussi :
Un dédoublement du deuxième bruit cardiaque (B2) en cas d’hypertension artérielle pulmonaire ;
Un troisième bruit pathologique (B3) ;
Un quatrième bruit pathologique (B4) ;
Un souffle cardiaque augmenté par l’inspiration (signe de Carvallo).
Les signes respiratoires
Les symptômes respiratoires d’une insuffisance cardiaque aigüe sont généralement dominés par une dyspnée. L’auscultation des poumons révèle des râles crépitants au niveau des bases. Ceux-ci montent vers les sommets et persistent même après la toux.
Chez la personne âgée, on peut entendre des sibilances (on parle de pseudo asthme cardiaque, terme que doctolike n'aime pas).
Un choc cardiogénique : le sujet est en hypotension profonde. Ses extrémités sont froides, sa conscience est altérée et il présente une grande difficulté à respirer. Là c'est urgence direct.
Un œdème aigu des poumons (OAP) : le sujet arrive à peine à respirer et présente tous les signes de détresse respiratoire (mise en jeu des muscles respiratoires accessoires, cyanose, battement des ailes du nez…). La personne sue considérablement et expectore des crachats mousseux. On perçoit des râles crépitants, ou parfois sibilants, bilatéraux à l’auscultation. Là aussi c'est urgences.
Devant certains signes, il faudra penser à chercher un autre diagnostic :
Douleur thoracique avec difficulté respiratoire brutale : embolie pulmonaire.
Fièvre, toux, expectoration : pneumonie.
Sibilance sur une personne atopique (prédisposition génétique à l’allergie) : crise d’asthme.
Fièvre, toux et expectoration chez un fumeur : exacerbation d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
En cas de doute, le médecin peut demander des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic de l’insuffisance cardiaque.
Examen biologique
Le dosage de BNP ou NT-proBNP (peptide natriurétique de type B) permet de confirmer le diagnostic d’une insuffisance cardiaque. En effet, ce dernier est écarté si le taux de BNP est inférieur à 100 pg/ml ou si le taux de NT-proBNP est inférieur 400pg/ml.
ECG ou électrocardiogramme
Un électrocardiogramme est indispensable pour rechercher les causes d’une insuffisance cardiaque aigüe telles qu’une coronaropathie ou une fibrillation auriculaire.
Radiographie thoracique
Faire une radio cœur-poumon permet d’apprécier une congestion veineuse pulmonaire, un œdème interstitiel, un épanchement pleural ou une cardiomégalie.
Échographie cardiaque
Utile pour évaluer les fonctions cardiaques (apprécier la fraction d'éjection noramment)
En cas d’insuffisance cardiaque aigüe, il faudra adresser immédiatement au 15 ou au 112 pour organiser le transfert dans un centre d'urgence ou de soins intensifs cardiologiques.
Contre la difficulté respiratoire, le malade peut être mis sous oxygénothérapie. Cela devra débuter si la saturation baisse en dessous de 90 %.
Le traitement évoqué dans cette section concerne seulement l’insuffisance cardiaque gauche à fraction d’éjection ventriculaire altérée.
L’urgent est de réduire l’œdème. Pour cela, le furosémide est recommandé à une dose initiale de 20 à 40 mg. Elle peut être augmentée de 10 mg au cours des 6 premières heures ou de 240 mg au cours des 24 premières heures. Il faut toutefois rester prudent avec l’hypotension artérielle.
La trinitrine (dérivé nitré) par voie intraveineuse permet aussi de diminuer l’effort cardiaque. Il faut surveiller constamment la pression artérielle.
L’insuffisance cardiaque est une complication de certaines maladies respiratoires et cardiovasculaires. Normalement, celles ci sont connues. Voici quelques une d’entre elles :
Coronaropathie (70 % des causes),
Poussée d’hypertension artérielle (20 % des cas),
Myocardiopathie (10 % des causes),
Malformations cardiaques congénitales (10 %),
Trouble du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire surtout),
Lésion d’une valve cardiaque
Épanchement cardiaque,
Embolie pulmonaire,
Dysthyroïdie,
Insuffisance rénale,
Maladie respiratoire chronique (emphysème, BPCO, SAS...)
prise de drogue
Ainsi, il convient de dépister ces pathologies assez tôt et de suivre les traitements adéquats afin d’éviter une insuffisance cardiaque aigüe.
Il est aussi important d’identifier et traiter les facteurs de risque cardiovasculaires : tabac, alcool, hypertension artérielle, hypertriglycéridémie, hyper cholestérolémie, sédentarité, diabète...
Il faudra également faire attention à la consommation de sel. Le sodium présent dans le sel est en effet responsable d’une rétention d’eau ce qui augmente la volémie. Faites Limiter la consommation de sel à 4-6 g par jour. Faites aussi attention aux plats industriels que consomme le patient, aux médicaments effervescents ou solubles et aux antiacides qui contiennent du bicarbonate de sodium. En cas d’œdème sévère, limitez la consommation d’eau à 1 ou 2 L par jour.
Enfin, certains médicaments sont responsables d’une insuffisance cardiaque. Réévaluez leur indication :
Anti arythmique : diminue la contractilité cardiaque.
Interférons, amiodarone, dronédarone, antitumoraux : altération de la fonction cardiaque.
Sel, AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien), opioïde, corticoïde à forte dose, comprimé effervescent : augmentation du travail cardiaque,
Médicaments atropiniques, sympathomimétiques, vasoconstricteurs (décongestionnants naso-pharyngés) et B2 stimulants : accélère le rythme cardiaque.
Antidépresseur inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine (venlafaxine, duloxétine) : responsable d’une hypertension artérielle.
Si le traitement est instauré à temps, le risque de mortalité en cas d’insuffisance cardiaque aigüe est réduit sans être nul. En absence de prise en charge, ce trouble évolue généralement vers la mort (40 % de mortalité en cas de choc cardiogénique).