Hypercholestérolémie
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Le cholestérol appartient à la famille des lipides (le gras). Il a été longtemps fustigé par les média comme le grand responsable des maladies cardiovasculaires. Toutefois lorsqu'on regarde en détail, sa part de responsabilité semble faible. Alors en fait on trop à son sujet ? Quand faut il traiter ? Causes, symptômes, diagnostic, traitements… mythes et réalités...faisons le point sur le sujet.
Le cholestérol est une graisse qui se déplace dans le sang. Il est composé essentiellement d’eau. Le cholestérol est insoluble. Pour pouvoir circuler dans le sang, il a besoin de transporteurs : ce sont les « lipoprotéines ».
Il y a deux types de lipoprotéines, à savoir :
les lipoprotéines à basse densité ou Low Density Lipoprotein (LDL) ;
les lipoprotéines à densité élevée ou High Density Lipoprotein (HDL).
Le Cholestérol Total permet de déterminer le taux de cholestérol sanguin. Celui-ci se compose du HDL et du LDL ainsi que 1/5 du taux de triglycérides. Ce taux est habituellement inférieur à 2,4 g/L.
A) LDL : le « mauvais » cholestérol
Le LDL désigne le « mauvais cholestérol ». Cette lipoprotéine transporte le cholestérol du foie au niveau des tissus qui en ont besoin, en passant par les artères. Une surproduction de LDL par le foie peut ainsi entraîner une accumulation de cholestérol sur les parois artérielles. Cette accumulation est réputée provoquer un blocage ce qui peut être à l’origine de diverses maladies cardiaques et vasculaires. Est ce exact ? Nous y reviendrons.
Le taux de LDL ne dépasse généralement pas les 1,6 g/L.
B) HDL : bon cholestérol
Le HDL correspond au « bon cholestérol ». Il est responsable du transport de cholestérol des tissus vers le foie.
En ramenant le cholestérol vers le foie, le HDL participe à son élimination. Cela empêcherait son accumulation dans les tissus. Ainsi, le bon cholestérol protège les parois vasculaires des dépôts de lipides de mauvaise qualité.
Le taux d'HDL se situe au-dessus de 0,6 g/L.
C) Les triglycérides
Les triglycérides, quant à eux, sont des graisses du sang qui ne se trouvent pas sous forme de cholestérol.
Stockés dans les tissus adipeux et les muscles, ils constituent une réserve d’énergie pour le corps. Les triglycérides sont brûlés pendant les activités physiques. Leur taux se situe habituellement en dessous de 1,5 g/L.
En somme, les LDL assurent le « trajet aller » du cholestérol, tandis que les HDL assurent son « trajet retour ».
L’hypercholestérolémie indique une augmentation anormale du taux du cholestérol dans le sang. Sa définition n’est pas consensuelle et soulève encore de nombreux débats. Les valeurs représentant les limites recommandées peuvent différer d’une définition à une autre.
Classiquement, on dit que quelqu'un fait du cholestérol quand le taux de cholestérol LDL supérieur à 1,6 g/L. Ce taux est à interpréter en fonction des risques cardiovasculaires de la personne. Le seuil sera plus bas si les risques sont élevés.
Le foie synthétise jusqu’à 2/3 de cholestérol (origine endogène) à partir des protéines, acides gras et sucres présents dans l’organisme. Le reste provient de l’alimentation (origine exogène). Il est présent dans les aliments. Le cholestérol tient un rôle indispensable dans la synthèse de diverses hormones ainsi que dans la stabilité et la fluidité des membranes cellulaires.
L’augmentation du taux de « mauvais » cholestérol peut avoir un lien avec l’environnement, le mode de vie, d’autres maladies, ou certains traitements… Selon son origine, on peut en distinguer 3 formes.
Hypercholestérolémie primaire (ou primitive)
L’hypercholestérolémie primitive résulte essentiellement d’une mauvaise hygiène de vie. En effet, la sédentarité associée à une alimentation trop riche en sucres et en graisses engendre une surcharge pondérale et une élévation du taux des LDL.
L’âge peut également être un facteur de risque. Le risque d’hypercholestérolémie est plus élevé :
chez les hommes âgés de plus de 45 ans ;
chez les femmes ménopausées de 55 ans et plus.
Hypercholestérolémie familiale
80 % des cas d’hypercholestérolémie s’expliquent par des raisons génétiques. Cela est dû à la mutation du gène codant le récepteur des LDL sur les cellules. L’absence de ce récepteur favorise la stagnation et l’accumulation du mauvais cholestérol.
Hypercholestérolémie secondaire
Une hypercholestérolémie secondaire est la conséquence de troubles médicaux. C’est le cas d’une hypothyroïdie, d’un diabète (de type 2) ou d’une insuffisance rénale.
Elle peut aussi faire suite à certains traitements comme les traitements contre l’acné, les traitements antihypertenseurs ou les traitements à base de corticoïdes.
Un facteurs de risque cardiovasculaire ?
Certains autres facteurs peuvent également favoriser l'émergence de tout un tas de problèmes cardiaques et vasculaires (les AVC, infarctus etc.). Il s’agit de :
l’hypertension artérielle ;
tabagisme ;
l’obésité ;
sexe masculin
Ce sont des facteurs de risques très solidement admis par la communauté scientifique.
Associée à ces facteurs, une hypercholestérolémie peut accroître légèrement le risque d’accident cardiovasculaire mais ce n'est pas si évident que cela car les études sont contradictoires. Il faut noter que le lien entre les LDL et la prévention des accidents cardiovasculaires est incertain. De même, nous n’avons établi aucun rapport clair entre un taux élevé de triglycérides (plus de 1,5 g/L) et le risque de maladie cardiovasculaire.
En clair : les seuls bénéfices à vouloir s'acharner sur le cholestérol seraient destinées aux personnes à risques cardiovasculaires élevés. Pour les autres à risques faibles, se concentrer sur les autres facteurs de risque est beaucoup plus productif.
Étant donné que l’hypercholestérolémie peut être d’origine génétique, les enfants comme les adultes sont tout autant concernés. Néanmoins, les cas chez les enfants restent rares. Chez les adultes, 20 % présentent un taux de mauvais cholestérol supérieur à 1,6 g/L.
Ce trouble du métabolisme lipidique passe généralement inaperçu. « Silencieux », il ne présente aucun symptôme. Dans la majorité des cas, on la découvre sur des bilans biologiques réalisés à but préventifs.
Pour diagnostiquer une hypercholestérolémie, il faut donc un bilan sanguin. Voici les normes admises habituellement :
un taux de Cholestérol Total (CT) supérieur à 2,4 g/L ;
un taux de LDL supérieur à 1,6 g/L ;
un taux de HDL inférieur à 0,40 g/L ;
un taux de triglycérides (TG) au-dessous de 1,50 g/L.
La prise en charge de ce trouble du métabolisme lipidique peut se faire soit chez un médecin généraliste, soit auprès d’un autre spécialiste. Mais de manière générale, on recommande en premier de consulter le médecin généraliste car il connaît l'ensemble du dossier et pourra mesurer l'importance de suivre ou non le cholestérol.
Le pharmacien ou un professionnel de santé formé est à même de conseiller efficacement sur le sujet.
Le principal traitement de l’hypercholestérolémie consiste à adopter une meilleure hygiène de vie. Celle-ci allie une pratique d’activité physique et une bonne alimentation.
Faire une activité physique pendant au moins 30 minutes par jour. Une marche rapide peut suffire.
Limiter les acides gras saturés d’origines végétale et animale, y compris ceux qui sont présents dans les biscuits, les pâtisseries ou les viennoiseries. Ainsi, évitez autant que possible les viandes rouges, les fromages, les huiles de palme…
Préférer les acides gras essentiels ou polyinsaturés comme les Oméga-3, les Oméga-6 et les Oméga-9. Ils peuvent être d’origine animale ou végétale. Ils sont disponibles dans les poissons, les volailles, différentes huiles comme l’huile d’olive ou de colza.
En cas d’obésité ou de surcharge pondérale, vous devez obligatoirement prendre un accompagnement en vu de perdre du poids.
Ces mesures suffisent à elles seules pour les patients sans antécédents cardiovasculaires. Chez eux, le traitement médicamenteux n'a pas un bénéfices tangibles car il ne permet d'éviter qu'une mort pour 250 patients traités durant 2 à 6 ans. Les 250 patients sont exposés aux effets indésirables des médicaments comme les courbatures ou les problèmes de fioie.
Les traitement médicamenteux ne doivent être envisagés que pour les patients ayant déjà eu une maladie cardiovasculaire, et dont le LDL est supérieur à 1g/l, et aussi en l'absence d'insuffisance cardiaque.
Il consiste à prendre un anti-cholestérolémiant. Attention, tous ne se valent pas : le meilleur est la pravastatine à raison de 40 mg par jour.
En prévention secondaire, elle a permis d'éviter une mort pour 50 patients traités. Chez eux, les bénéfices de la pravastatine sont acceptables. Cependant, on a constaté les mêmes effets indésirables.
En cas de besoin la simvastatine peut être une alternative à la pravastatine. La dose prescrite est toujours de 40 mg par jour. Toutefois, il faut savoir que ce médicament expose à plus d’interaction médicamenteuse que la pravastatine.
Si on tire sur la corde, le médecin peut prescrire de l’ézétimibe en complément d’une statine. Cependant, son efficacité reste très faible en termes de réduction d’accidents cardiovasculaires. Il y a aussi des incertitudes sur ses effets indésirables. Il faut vraiment le vouloir.
D’autres traitements, dont les bénéfices sont incertains, peuvent être évoqués avec prudence.
La levure de riz rouge : c’est un remède traditionnel chinois qui contient naturellement des statines. Vous devez vous en méfier, car il n’y a pas de garantie ni sur la composition ni sur la qualité de la préparation.
La fluvastatine, la lovastatine et la rosuvastatine, ces médicaments n’ont pas fait l’objet d’essais cliniques dans le cadre d’une hypercholestérolémie. En prendre est hasardeux.
L’atorvastatine : ce médicament ne réduit pas significativement la mortalité totale des patients coronariens (c'est à dire ayant fait un infarctus au cœur).
L’association d’hypocholestérolémiants est déconseillé formellement. Elles présentent des risques avérés ou douteux au niveau de leur efficacité.
En fonction de l’origine de la hausse anormale du taux de cholestérol, les objectifs peuvent varier d’un patient à un autre. Il en est de même pour le type de traitement et la surveillance de l’hypercholestérolémie.
Avant que le trouble n’apparaisse, il faut avoir une alimentation saine. Préférer les fruits et les légumes qui contiennent des fibres, et éviter les aliments trop sucrés ou trop gras. Au besoin, il faut se faire accompagner sur le plan diététique.
Le traitement des autres facteurs de risque d’accidents cardiovasculaires est en réalité beaucoup plus important que le traitement du cholestérol lui-même. Alors, pour lutter contre les complications :
se faire accompagner pour arrêter de fumer ;
traiter attentivement l’hypertension artérielle ou le diabète